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	<title>Human Village</title>
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		<title>Mahmoud Ali Youssouf, un changement d'&#233;chelle</title>
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		<dc:date>2026-10-17T19:26:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mahdi A.</dc:creator>


		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le budget de l'institution que pr&#233;side l'ancien ministre est &#233;quivalent &#224; celui de Djibouti.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_10-mahmoudaliyoussouf-bb8d9.jpg?1792265400' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4870 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH300/56-may-ua-27990.jpg?1792269300' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a encore peu de temps, Mahmoud Ali Youssouf dirigeait la diplomatie d'un &#201;tat dont le budget annuel atteint un peu plus de 172 milliards de francs djiboutiens en 2026. Il est maintenant &#224; la t&#234;te de la Commission de l'Union africaine, dont le budget pour 2027 vient d'&#234;tre arr&#234;t&#233; &#224; 800 millions de dollars soit environ 142,7 milliards de francs djiboutiens. &#192; quelques dizaines de milliards de FDJ pr&#232;s, l'ancien ministre des Affaires &#233;trang&#232;res dirige aujourd'hui une organisation dont l'enveloppe annuelle approche celle de l'&#201;tat djiboutien tout entier. Le rapprochement est saisissant : Mahmoud Ali Youssouf n'a donc pas simplement chang&#233; de bureau : il a chang&#233; d'&#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'information rapport&#233;e le 17 octobre par Ashenafi Endale dans &lt;i&gt;The Reporter Ethiopia&lt;/i&gt; va cependant bien au-del&#224; de cette comparaison qui, vue de Djibouti, donne presque le vertige&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ashenafi Endale, &#171; AU Overhauls Member Contribution Formula, Approves (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le Conseil ex&#233;cutif de l'Union africaine a adopt&#233; un nouveau bar&#232;me de contributions pour la p&#233;riode 2027-2029, parall&#232;lement &#224; ce budget global de 800 millions de dollars. Le nouveau syst&#232;me r&#233;partit les &#201;tats membres en trois cat&#233;gories selon leur poids dans le revenu national brut continental. Le premier niveau regroupe d&#233;sormais huit grandes &#233;conomies appel&#233;es &#224; supporter la part la plus importante des contributions. L'&#201;thiopie et le Kenya y rejoignent l'Alg&#233;rie, l'&#201;gypte, le Nigeria, l'Afrique du Sud, le Maroc et l'Angola. Selon &lt;i&gt;The Reporter&lt;/i&gt;, ce repositionnement permettra d'augmenter de 9,286 millions de dollars le plafond des contributions attendues sans reporter cette charge suppl&#233;mentaire sur les autres &#201;tats membres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette r&#233;forme a une saveur particuli&#232;re pour &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, car elle renvoie au diagnostic que Mahmoud Ali Youssouf formulait en f&#233;vrier 2025, quelques jours avant son &#233;lection &#224; la pr&#233;sidence de la Commission. Interrog&#233; sur les lourdeurs de l'institution et les moyens dont elle disposait pour accomplir des missions toujours plus nombreuses, sa r&#233;ponse &#233;tait sans d&#233;tour : &#171; &lt;i&gt;Il faut r&#233;former la Commission. Il faut continuer &#224; mettre en &#339;uvre ce qu'on appelle les r&#232;gles d'or. [&#8230;] Il y a des doublons, il y a un probl&#232;me de promotion, de recrutement, de parit&#233; au niveau de la Commission : il faut s'attaquer &#224; ces d&#233;fis d&#232;s l'arriv&#233;e. Ensuite, il y a des soucis de coordination : les directions et les commissions travaillent en silo. Il faut &#234;tre capable de cr&#233;er des &#233;nergies pour que ces commissions et directions travaillent ensemble. Il est tr&#232;s important de mettre de l'ordre dans la Commission. &lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mahdi A., &#171; &#8220;La place de l'Afrique se trouve dans le Sud global&#8221;, dixit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est surtout concernant les finances que le candidat avait pos&#233; un diagnostic qui prend aujourd'hui une r&#233;sonance particuli&#232;re : &#171; &lt;i&gt;La Commission g&#232;re les ressources que les &#201;tats veulent bien mettre &#224; sa disposition. Et ces contributions ne sont pas suffisantes. Il faut &#234;tre capable de pouvoir g&#233;n&#233;rer de nouvelles ressources, diversifier ses sources de recettes et aller de l'avant dans la mobilisation de celles-ci avec ing&#233;niosit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Dix-huit mois plus tard, c'est pr&#233;cis&#233;ment la fa&#231;on dont les &#201;tats financent l'Union africaine qui se retrouve au centre des discussions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le candidat avait m&#234;me pris soin de sortir les chiffres. &#171; &lt;i&gt;Il y a 600 millions de dollars qui ont &#233;t&#233; vot&#233;s [&#8230;] pour le budget annuel de l'Union africaine. 200 millions de dollars sont r&#233;unis par les &#201;tats membres comme contribution statutaire &#187;, expliquait-il. Il s'&#233;tonnait alors de voir une poign&#233;e de grandes &#233;conomies porter une part disproportionn&#233;e de l'effort : &#171; Le poids du financement de l'Union africaine repose pour la moiti&#233; sur ces pays-l&#224;. C'est un fardeau qu'il faudra, &#224; un moment donn&#233;, r&#233;fl&#233;chir &#224; partager.&lt;/i&gt; &#187; C'est &#224; cette lumi&#232;re que le passage de l'&#201;thiopie et du Kenya dans la cat&#233;gorie sup&#233;rieure prend tout son sens. &lt;i&gt;The Reporter&lt;/i&gt; indiquait d&#232;s le mois d'ao&#251;t&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ashenafi Endale, &#171; Ethiopia Doubles AU Budget Contribution as Bloc's (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;que la contribution annuelle de l'&#201;thiopie, proche de huit millions de dollars en 2025, devait atteindre environ 15 millions de dollars &#224; compter de 2027. Le Kenya suit &#233;galement ce mouvement. Peu importe, au fond, de savoir si Addis-Abeba et Nairobi ont soudainement d&#233;couvert les vertus du sacrifice panafricain ou si cette hausse r&#233;sulte simplement d'un r&#233;&#233;quilibrage devenu n&#233;cessaire de la facture : le probl&#232;me que Mahmoud Ali Youssouf soulevait lorsqu'il &#233;tait candidat est d&#233;sormais celui auquel le pr&#233;sident de la Commission doit apporter des r&#233;ponses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il serait naturellement excessif d'en faire seulement une r&#233;ussite personnelle de Mahmoud Ali Youssouf. Les bar&#232;mes sont n&#233;goci&#233;s collectivement par les &#201;tats et d&#233;cid&#233;s par les organes politiques de l'Union. Mais la continuit&#233; entre le diagnostic du candidat et le chantier ouvert sous sa pr&#233;sidence semble forte. Elle l'est d'autant plus que Mahmoud Ali Youssouf pla&#231;ait d&#233;j&#224; au c&#339;ur de son projet l'ancien pr&#233;l&#232;vement de 0,2 % sur les importations &#233;ligibles, adopt&#233; afin de donner &#224; l'Union africaine des ressources propres plus r&#233;guli&#232;res : &#171; &lt;i&gt;Seuls 17 pays sur 55 l'appliquent, &#231;a veut dire que si on arrivait &#224; 55, on couvrirait tous les besoins de l'Union africaine voire plus. Donc, d&#233;j&#224;, il y a un souci de faire accepter cette r&#233;forme par les &#201;tats membres qui l'ont eux-m&#234;mes vot&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mahdi A., &#171; La place de l'Afrique&#8230; &#187;, art. cit.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le probl&#232;me n'est d'ailleurs pas seulement de d&#233;terminer combien les &#201;tats doivent payer, mais de parvenir &#224; faire rentrer l'argent. Selon les donn&#233;es rapport&#233;es par &lt;i&gt;The Reporter&lt;/i&gt;, plus de 40 % des &#201;tats membres ne verseraient pas r&#233;guli&#232;rement leurs contributions. Le Soudan cumulerait &#224; lui seul 74 millions de dollars d'arri&#233;r&#233;s, tandis que plusieurs autres pays, dont la Libye, le Soudan du Sud, le Burkina Faso, le Mali, la Guin&#233;e et le Niger, totaliseraient ensemble plus de 30 millions. Le Conseil ex&#233;cutif vient d'ailleurs d'appliquer diff&#233;rents niveaux de sanctions &#224; treize &#201;tats en retard de paiement : mesures de mise en garde pour certains, sanctions interm&#233;diaires pour S&#227;o Tom&#233;-et-Pr&#237;ncipe, sanctions plus lourdes pour le Burkina Faso, le Mali et le Niger. La solidarit&#233; panafricaine reste une grande id&#233;e ; &#224; Addis-Abeba, elle s'accompagne d&#233;sormais aussi d'un &#233;ch&#233;ancier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ashenafi Endale, &#171; Ethiopia Doubles AU Budget Contribution&#8230; &#187;, art. cit.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5062 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH225/58-oua-1-26c57.jpg?1792265400' width='400' height='225' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le si&#232;ge de l'UA &#224; Addis Abeba
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;800 millions de dollars, mais une autonomie encore relative&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le chiffre de 800 millions de dollars impressionne vu de Djibouti, mais il ne doit pas masquer une autre r&#233;alit&#233; que Mahmoud Ali Youssouf connaissait parfaitement avant son arriv&#233;e &#224; la t&#234;te de la Commission : une partie consid&#233;rable des programmes de l'Union africaine sont financ&#233;s de l'ext&#233;rieur. Dans son entretien avec &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt; il le reconnaissait sans d&#233;tour : &#171; &lt;i&gt;Les programmes de d&#233;veloppement de l'Union africaine sont financ&#233;s par les partenaires. Quand on dit partenaire, il y a l'Union europ&#233;enne qui est le partenaire principal, mais &#233;galement les &#201;tats-Unis, la Chine, le Japon et bien d'autres. Et donc ces partenaires financent presque &#224; hauteur de 50 &#224; 60 % les programmes de d&#233;veloppement de l'Union africaine.&lt;/i&gt; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;The Reporter&lt;/i&gt; donne une mesure concr&#232;te de cette d&#233;pendance. En 2024, l'Union africaine, qui attendait 404 millions de dollars de ses partenaires au d&#233;veloppement, n'en aurait finalement re&#231;u que 288,6 millions. Le pr&#233;l&#232;vement de 0,2 % sur les importations avait pourtant &#233;t&#233; con&#231;u pour financer 100 % du budget op&#233;rationnel de l'UA, 75 % de son budget-programme et 25 % du Fonds pour la paix. Il n'a jamais atteint ces objectifs. Une vingtaine de pays seulement ont pris des dispositions pour le mettre en &#339;uvre et dix-sept l'auraient pleinement adopt&#233; ou utilis&#233; pour verser leurs contributions. Certaines des plus grandes &#233;conomies du continent ont choisi d'autres m&#233;canismes et r&#232;glent directement leurs obligations depuis leurs budgets nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces 800 millions de dollars ne constituent &#233;videmment pas une cagnotte &#224; la disposition du nouveau pr&#233;sident de la Commission. Ils couvrent l'ensemble du fonctionnement et des programmes de l'Union. Le budget ordinaire repr&#233;sente 707,79 millions de dollars, auxquels s'ajoutent 66,75 millions de fonds de transit et 25,53 millions d'assistance technique. Les op&#233;rations de soutien &#224; la paix mobilisent &#224; elles seules 207,89 millions de dollars. Le Conseil ex&#233;cutif a &#233;galement autoris&#233; le recrutement de 74 nouveaux agents, correspondant &#224; 40 % des besoins prioritaires rationalis&#233;s de l'organisation. L&#224; encore, il serait pr&#233;matur&#233; d'y voir l'accomplissement du programme de Mahmoud Ali Youssouf, mais la d&#233;cision fait directement &#233;cho aux critiques qu'il formulait dans &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt; sur les probl&#232;mes de recrutement, les doublons et le fonctionnement en silo de la Commission.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Somalie illustre &#224; elle seule la difficult&#233; de transformer les grandes ambitions africaines en financements pr&#233;visibles. L'AUSSOM doit maintenir plus de 11 000 personnels en uniforme dans un pays o&#249; les besoins s&#233;curitaires restent consid&#233;rables. Le Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations unies a bien prolong&#233; le mandat de la mission jusqu'au 31 d&#233;cembre 2026 et maintenu le soutien logistique fourni par l'UNSOS, avec le soutien des &#201;tats-Unis. Mais cela ne signifie pas que le m&#233;canisme beaucoup plus structurel pr&#233;vu par la r&#233;solution 2719 soit appliqu&#233; &#224; l'AUSSOM. Il permet, sous certaines conditions, de financer jusqu'&#224; 75 % de certaines op&#233;rations africaines autoris&#233;es par l'ONU &#224; partir des contributions obligatoires des Nations unies, l'Union africaine devant trouver les 25 % restants. La mission somalienne continue donc d'&#234;tre soutenue, mais la question du financement durable et pr&#233;visible des op&#233;rations africaines de paix reste pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que les 800 millions de dollars changent de signification. Vus de Djibouti, 142,7 milliards de FDJ ressemblent presque &#224; un budget national. Vus d'Addis-Abeba, ils doivent r&#233;pondre aux besoins d'une organisation de cinquante-cinq &#201;tats, financer une partie des op&#233;rations de paix, accompagner la ZLECAf, d&#233;velopper l'int&#233;gration continentale, soutenir les infrastructures et r&#233;pondre simultan&#233;ment &#224; des crises allant de la Corne au Sahel. Sur ce point encore, Mahmoud Ali Youssouf avait clairement affich&#233; ses priorit&#233;s avant son &#233;lection : constatant que le commerce intra-africain ne repr&#233;sentait qu'environ 18 % des &#233;changes, il estimait qu'il fallait &#171; &lt;i&gt;d&#233;multiplier les infrastructures, les corridors&lt;/i&gt; &#187; afin de corriger cette anomalie. Il citait notamment les corridors Angola-Zambie-RDC, Afrique du Sud-Zimbabwe, Djibouti-&#201;thiopie et LAPSSET comme exemples d'interp&#233;n&#233;tration &#233;conomique &#224; renforcer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce constat rejoint exactement celui qu'il dressait dans les colonnes de &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt; lorsqu'il rappelait que le premier plan d&#233;cennal de l'Agenda 2063 n'avait atteint qu'environ 37 % de ses objectifs. Il invoquait alors le manque de ressources, les faiblesses de coordination et parfois l'insuffisance de l'engagement politique des &#201;tats membres. Mais il mettait aussi en garde contre l'id&#233;e qu'un simple changement de pr&#233;sident puisse r&#233;soudre des probl&#232;mes aussi anciens : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas le pr&#233;sident de la Commission tout seul qui a la science infuse ou une baguette magique pour pouvoir aller de l'avant. C'est un travail collectif [&#8230;] Il est tr&#232;s important pour la Commission d'&#234;tre capable de coordonner de mani&#232;re efficace l'action et vraiment d'introduire une synergie qui permette d'avoir ce qu'on appelle des livrables, des r&#233;sultats. Et c'est l&#224; que le d&#233;fi principal de la nouvelle Commission va se situer.&lt;/i&gt; &#187; Vingt mois plus tard, la phrase ressemble presque &#224; une feuille de route.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5063 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.human-village.org/IMG/jpg/58-oua-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L500xH359/58-oua-2-21141.jpg?1792265400' width='500' height='359' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Tadjourah, un contribuable tr&#232;s th&#233;orique&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le changement d'&#233;chelle ne concerne d'ailleurs pas seulement le budget de l'institution. &lt;i&gt;The Reporter&lt;/i&gt; rel&#232;ve que les comptes 2024 de l'Union africaine faisaient appara&#238;tre une r&#233;mun&#233;ration annuelle de 361 000 dollars pour la fonction de pr&#233;sident de la Commission, &#224; laquelle s'ajoutent les avantages, indemnit&#233;s et facilit&#233;s attach&#233;s &#224; cette fonction, soit environ 64 millions de francs djiboutiens par an, un peu plus de 5,3 millions de francs par mois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ashenafi Endale, &#171; Ethiopia Doubles AU Budget Contribution&#8230; &#187;, art. cit.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il convient &#233;videmment de manier ce chiffre avec prudence : il correspond &#224; la r&#233;mun&#233;ration attach&#233;e au poste dans les comptes 2024, lorsque Moussa Faki Mahamat occupait encore la pr&#233;sidence, et ne permet pas &#224; lui seul d'&#233;tablir le montant net effectivement per&#231;u aujourd'hui par Mahmoud Ali Youssouf.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais &#224; Tadjourah, o&#249; l'ancien ministre est bien connu, le chiffre ne manquera probablement pas de faire sourire. &#192; ce niveau de revenu, il pourrait th&#233;oriquement revendiquer le titre tr&#232;s convoit&#233; de premier contribuable &#224; l'imp&#244;t sur le revenu de Tadjourah-ville. Encore faudrait-il que son traitement soit effectivement soumis &#224; l'imp&#244;t djiboutien, ce que les informations dont nous disposons ne permettent pas d'affirmer. Les privil&#232;ges et immunit&#233;s attach&#233;s &#224; ce type de fonctions internationales imposent ici un peu de prudence. Disons simplement que, s'il existait un classement des revenus dans les chefs-lieux de r&#233;gion, le percepteur de Tadjourah aurait probablement int&#233;r&#234;t &#224; conserver son num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'anecdote ne doit cependant pas d&#233;tourner du v&#233;ritable enjeu. Mahmoud Ali Youssouf a &#233;t&#233; &#233;lu en promettant une Commission plus efficace, mieux coordonn&#233;e et surtout une Union africaine capable de financer davantage elle-m&#234;me ses ambitions. Avant son &#233;lection, il avait identifi&#233; les principaux n&#339;uds du probl&#232;me : une base de contributeurs trop &#233;troite, des &#201;tats qui ne paient pas toujours leurs cotisations, un pr&#233;l&#232;vement continental imparfaitement appliqu&#233;, une forte d&#233;pendance aux partenaires &#233;trangers et une administration qui peine parfois &#224; transformer de grandes ambitions politiques en r&#233;sultats. Les d&#233;cisions prises aujourd'hui montrent que ces questions sont effectivement arriv&#233;es sur son bureau. Elles montrent aussi l'ampleur de la t&#226;che : certains &#201;tats restent mauvais payeurs, les recettes propres sont insuffisantes, les partenaires &#233;trangers demeurent indispensables et les op&#233;rations de paix peuvent absorber en quelques mois des centaines de millions de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parall&#232;le avec Djibouti donne malgr&#233; tout &#224; cette histoire un relief particulier. Celui qui, pendant pr&#232;s de vingt ans, fut le meilleur &#233;l&#232;ve de la classe d'Isma&#239;l Omar Guelleh, charg&#233; de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts diplomatiques de Djibouti avec les moyens d'un petit &#201;tat de la Corne, se retrouve aujourd'hui &#224; la t&#234;te d'une Commission dont le budget annuel approche celui de son pays tout entier. Il a chang&#233; de salle de classe, mais surtout de niveau. En f&#233;vrier 2025, le candidat avait pos&#233; le diagnostic. Aujourd'hui, le pr&#233;sident dispose du bureau, du mandat et d'une enveloppe de 800 millions de dollars pour tenter d'y r&#233;pondre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le changement de fauteuil est d&#233;j&#224; fait. Reste maintenant &#224; r&#233;ussir le changement de mod&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Mahdi A.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;aller_plus_loin&#034;&gt;&lt;a href='https://www.human-village.org/spip.php?article1770' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Voir aussi : &#171; La place de l'Afrique se trouve dans le Sud global &#187;, dixit Mahmoud Ali Youssouf&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;aller_plus_loin&#034;&gt;&lt;a href='https://www.human-village.org/spip.php?article109' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Voir aussi : &#171; En apart&#233; avec... Antonio Guterres &#187;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ashenafi Endale, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.thereporterethiopia.com/53505/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;AU Overhauls Member Contribution Formula, Approves USD800Mln Budget&lt;/a&gt;, &#187; &lt;i&gt;Reporter Ethiopia&lt;/i&gt;, 17 octobre 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mahdi A., &#171; &lt;a href='https://www.human-village.org/spip.php?article1770' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#8220;La place de l'Afrique se trouve dans le Sud global&#8221;, dixit Mahmoud Ali Youssouf&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, 8 f&#233;vrier 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ashenafi Endale, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.thereporterethiopia.com/52562/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ethiopia Doubles AU Budget Contribution as Bloc's Financial Struggles Continue&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Reporter Ethiopia&lt;/i&gt;, 29 ao&#251;t 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mahdi A., &#171; La place de l'Afrique&#8230; &#187;, art. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ashenafi Endale, &#171; Ethiopia Doubles AU Budget Contribution&#8230; &#187;, art. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ashenafi Endale, &#171; Ethiopia Doubles AU Budget Contribution&#8230; &#187;, art. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bab el-Mandeb, talon d'Achille du hub djiboutien ?</title>
		<link>https://www.human-village.org/spip.php?article2083</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.human-village.org/spip.php?article2083</guid>
		<dc:date>2026-10-16T14:11:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mahdi A.</dc:creator>


		<dc:subject>Transports</dc:subject>
		<dc:subject>Doraleh</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La strat&#233;gie du hub djiboutien reste judicieuse, mais elle est pr&#233;caris&#233;e par la fragilit&#233; de Bab el-Mandeb.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Transports&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?mot85" rel="tag"&gt;Doraleh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_10-bab-cma-2cfd0.jpg?1792160100' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5057 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH338/58-bab-aspides-0ec06.jpg?1792160100' width='400' height='338' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 25 ao&#251;t dernier, le terminal &#224; conteneurs de Doraleh accueillait le &lt;i&gt;CMA CGM Benjamin Franklin&lt;/i&gt;. Avec ses 399 m&#232;tres de long, ses 17 m&#232;tres de tirant d'eau et une capacit&#233; proche de 18 000 EVP, le g&#233;ant de CMA CGM devenait le plus grand navire jamais re&#231;u dans un port djiboutien. Quatre remorqueurs de derni&#232;re g&#233;n&#233;ration (&lt;i&gt;Omar Dankali&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Barkat Hamadou&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Farah Hassan&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Saad Warsama&lt;/i&gt;) d&#233;veloppant chacun 65 tonnes de traction, avaient &#233;t&#233; mobilis&#233;s sous la conduite d'un pilote djiboutien. Au-del&#224; du record, l'escale consacrait une ambition d&#233;sormais clairement assum&#233;e : faire de Djibouti non plus seulement le principal d&#233;bouch&#233; maritime de l'&#201;thiopie, mais un hub r&#233;gional de transbordement, capable de redistribuer les marchandises vers la mer Rouge, le golfe d'Aden et l'Afrique de l'Est. Quelques semaines plus tard, cette ambition prenait encore davantage de consistance avec le &lt;i&gt;M/V Bahia&lt;/i&gt; de CMA CGM et ses pr&#232;s de 11 000 mouvements de conteneurs au SGTD, principalement en transbordement vers les ports de la r&#233;gion. Selon les autorit&#233;s portuaires, il s'agit de la plus importante op&#233;ration de ce type jamais r&#233;alis&#233;e &#224; Djibouti.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Julien Bouissou et Jonathan Parient&#233;, &#171; Un drone mena&#231;ant un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
La question n'est donc plus seulement de savoir si Djibouti dispose des infrastructures permettant d'accueillir les plus grands porte-conteneurs. Il les poss&#232;de. La vraie question est d&#233;sormais : que vaut un &lt;i&gt;hub&lt;/i&gt; de transbordement si les grandes lignes maritimes cessent durablement de passer par Bab el-Mandeb ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CMA CGM, CEVA et la construction d'un nouvel &#233;cosyst&#232;me&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rapprochement avec CMA CGM va bien au-del&#224; des grandes escales. Le groupe affr&#232;te d&#233;j&#224; le &lt;i&gt;M/V Africa Sun&lt;/i&gt;, navire de 1 118 EVP appartenant &#224; la Compagnie maritime de Djibouti, pour assurer des dessertes r&#233;gionales. Des discussions sont &#233;galement engag&#233;es autour du &lt;i&gt;M/V Africa Liberty&lt;/i&gt;. L'avitaillement des navires de CMA CGM par la Red Sea Bunkering Company fait aussi partie des projets &#233;voqu&#233;s avec les autorit&#233;s. Le sch&#233;ma se dessine assez clairement : faire venir &#224; Doraleh de grands navires-m&#232;res, y d&#233;barquer des volumes importants, puis redistribuer les marchandises &#224; bord de navires plus petits vers les ports secondaires de la mer Rouge, du golfe d'Aden et de l'Afrique orientale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors directeur g&#233;n&#233;ral de CEVA, filiale de CMA CGM, Mathieu Friedberg a &#233;galement &#233;voqu&#233; lors d'une rencontre avec le pr&#233;sident de la DPFZA, la possibilit&#233; de d&#233;velopper &#224; Djibouti une plateforme logistique r&#233;gionale pour l'Afrique de l'Est. CEVA, d&#233;j&#224; fortement implant&#233;e en Afrique de l'Ouest, cherche en effet &#224; &#233;tendre sa pr&#233;sence dans la partie orientale du continent. La soci&#233;t&#233; s'est &#233;galement montr&#233;e int&#233;ress&#233;e par le d&#233;veloppement d'une cha&#238;ne du froid pour les fruits, les fleurs et d'autres produits p&#233;rissables. Une &#233;tude de faisabilit&#233; pour un terminal d'exportation sous cha&#238;ne du froid avait auparavant &#233;t&#233; conduite avec la soci&#233;t&#233; n&#233;erlandaise Flyswan, avec l'appui de la banque n&#233;erlandaise de d&#233;veloppement (FMO).&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Direction des ports et des zones franches de Djibouti (DPFZA), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5056 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH499/58-bab-port1-57112.jpg?1792160100' width='400' height='499' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La logique commence donc &#224; appara&#238;tre : grands porte-conteneurs, transbordement, &lt;i&gt;feeders&lt;/i&gt; r&#233;gionaux, &lt;i&gt;bunkering&lt;/i&gt;, entreposage, logistique terrestre et demain peut-&#234;tre cha&#238;ne du froid. Djibouti ne cherche plus seulement &#224; vendre ses quais, mais progressivement un &#233;cosyst&#232;me logistique. Cette orientation est d&#233;j&#224; perceptible au SGTD. Dans un entretien publi&#233; en juin 2026 par &lt;i&gt;The EastAfrican&lt;/i&gt;,&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pauline Kairu, &#171; Djibouti's strategic Sea-Air solution enhances supply chain (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; consacr&#233; &#224; la logistique, Abdillahi Adaweh Sigad, directeur g&#233;n&#233;ral du terminal, expliquait que les volumes de transbordement du SGTD avaient progress&#233; de plus de 200 % en 2024, voyant dans cette &#233;volution le passage progressif de Djibouti d'une simple porte d'entr&#233;e import-export &#224; un n&#339;ud de redistribution r&#233;gional. Surtout, le terminal cherche d&#233;j&#224; &#224; combiner plusieurs modes de transport. Sigad d&#233;crit un mod&#232;le Sea-Air dans lequel les marchandises arriv&#233;es par bateau &#224; Doraleh sont trait&#233;es au terminal puis transf&#233;r&#233;es vers l'a&#233;roport international de Djibouti-Ambouli pour &#234;tre exp&#233;di&#233;es rapidement vers des march&#233;s africains enclav&#233;s. &#201;lectronique, produits pharmaceutiques, pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es, cosm&#233;tiques, bijoux, commerce &#233;lectronique ou certaines denr&#233;es p&#233;rissables pourraient ainsi emprunter cette cha&#238;ne. Et le directeur du SGTD insiste : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas un mod&#232;le th&#233;orique. Il est d&#233;j&#224; op&#233;rationnel.&lt;/i&gt; &#187; La diversification hors du simple transbordement maritime n'est donc d&#233;j&#224; plus seulement un projet. Elle a commenc&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais cet objectif repose sur un &#233;l&#233;ment que Djibouti ne ma&#238;trise pas : que les grandes routes maritimes continuent &#224; passer par Bab el-Mandeb. Le rappel &#224; la r&#233;alit&#233; est arriv&#233; dans la nuit du 1er au 2 octobre. Le &lt;i&gt;CMA CGM Champs Elys&#233;es&lt;/i&gt;, porte-conteneurs de 23 000 EVP, traversait le d&#233;troit lorsqu'un drone s'est dirig&#233; vers lui. La fr&#233;gate fran&#231;aise &lt;i&gt;Languedoc&lt;/i&gt;, qui assurait son escorte, a ouvert le feu et d&#233;truit l'engin. Le navire marchand a d&#251; modifier son cap et sa vitesse. Cette fois, difficile de consid&#233;rer la menace Houthie comme un probl&#232;me lointain : elle touche directement l'un des groupes sur lesquels Djibouti mise aujourd'hui pour d&#233;velopper son transbordement r&#233;gional. Et le probl&#232;me ne se mesure pas uniquement au nombre de drones ou de missiles tir&#233;s. Selon la CFDT, les refus de passage parmi les marins de CMA CGM ont augment&#233; apr&#232;s l'incident du &lt;i&gt;Champs Elys&#233;es&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Julien Bouissou et Jonathan Parient&#233;, &#171; Un drone mena&#231;ant un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La mer Rouge et le golfe d'Aden sont class&#233;s &#171; zone de guerre &#187; depuis mars 2024, ce qui donne notamment aux &#233;quipages le droit de refuser d'embarquer. M&#234;me si Bab el-Mandeb reste techniquement ouvert, que se passe-t-il si les &#233;quipages ne veulent plus y passer ? Si les assureurs rench&#233;rissent leurs garanties ? Si les armateurs consid&#232;rent finalement qu'un d&#233;tour de plusieurs milliers de kilom&#232;tres vaut mieux qu'un risque militaire ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5058 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH336/58-bab-port2-eb3da.jpg?1792160100' width='400' height='336' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Tout &#224; coup, cette certitude s'est effondr&#233;e &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Jean-No&#235;l Barrot, ministre fran&#231;ais de l'Europe et des Affaires &#233;trang&#232;res, a r&#233;cemment r&#233;sum&#233; ce bouleversement devant la commission des affaires &#233;trang&#232;res de l'Assembl&#233;e nationale : &#171; &lt;i&gt;On a longtemps consid&#233;r&#233; comme acquis qu'un d&#233;troit &#233;tait libre de passage, comme les eaux internationales, et qu'il ne pouvait pas faire l'objet d'un chantage, d'un blocage ou d'un p&#233;age. Tout &#224; coup, cette certitude s'est effondr&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Concernant directement Bab el-Mandeb, il poursuit : &#171; &lt;i&gt;Il y a par ailleurs de la circulation dans le d&#233;troit de Bab el-Mandeb. Une mission europ&#233;enne, Aspides, assure depuis deux ans la s&#233;curit&#233; du passage : plusieurs centaines de navires battant pavillon fran&#231;ais y ont &#233;t&#233; escort&#233;s sans qu'aucun ne subisse de frappe de drone ou de missile.&lt;/i&gt; &#187; Mais le constat rassurant est imm&#233;diatement temp&#233;r&#233; : &#171; &lt;i&gt;N&#233;anmoins, un conflit oppose les Houthis au gouvernement du Y&#233;men et &#224; l'Arabie saoudite, avec un niveau de tensions qui compromet les voies de contournement du d&#233;troit d'Ormuz par la mer Rouge.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Assembl&#233;e nationale fran&#231;aise, commission des affaires &#233;trang&#232;res, Audition (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Autrement dit, la voie maritime dont Djibouti veut faire le socle de son d&#233;veloppement logistique est devenue une route qu'il faut prot&#233;ger militairement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette fragilit&#233; n'est pourtant pas une d&#233;couverte. Dans une pr&#233;c&#233;dente analyse nous reprenions d&#233;j&#224; l'avertissement de l'amiral Pierre Vandier sur les principaux goulets d'&#233;tranglement du commerce maritime : &#171; &lt;i&gt;La route qui nous s&#233;pare des gisements de gaz du Golfe n'est pas simple. Les navires doivent franchir trois points resserr&#233;s, dont la ma&#238;trise &#224; moyen terme n'est pas garantie : le d&#233;troit d'Ormuz [&#8230;] ; le d&#233;troit de Bab-el-Mandeb, sur lequel donne Djibouti [&#8230;] ; le canal de Suez [&#8230;]. Il suffit d'une mont&#233;e en tension pour que les choses se compliquent et que ces flux soient rapidement menac&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mahdi A., &#171; Catherine Colonna et S&#233;bastien Lecornu &#224; Djibouti, quels enjeux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous y sommes. Entre 2023 et 2024, le nombre de porte-conteneurs empruntant le canal de Suez a chut&#233; de pr&#232;s de 90 %, tandis que le trafic maritime global y a &#233;t&#233; r&#233;duit de moiti&#233;. Plus de 10 % des marchandises mondiales transitaient normalement par cette voie. Les armateurs ont report&#233; une grande partie de leurs rotations vers le cap de Bonne-Esp&#233;rance, malgr&#233; un d&#233;tour d'environ onze jours entre l'Asie et l'Europe. Voil&#224; la premi&#232;re le&#231;on pour Djibouti : une route maritime majeure peut perdre en quelques mois une part consid&#233;rable de son trafic. La seconde est peut-&#234;tre encore plus pr&#233;occupante : une fois les flux d&#233;plac&#233;s, leur retour n'est pas automatique. J&#233;r&#244;me de Ricql&#232;s, expert maritime cit&#233; par &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, formule un constat assez &#233;tonnant : &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s des ann&#233;es de crise, les chargeurs se retrouvent dans une bulle de relatif confort. Il y a eu un recalage des &lt;i&gt;supply chains&lt;/i&gt; via le cap de Bonne-Esp&#233;rance. Certes, les approvisionnements sont rallong&#233;s, mais les prix demeurent raisonnables et les cha&#238;nes logistiques tournent bien. Le statu quo leur va bien, finalement&lt;/i&gt;. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jonathan Parient&#233;, &#171; Pourquoi les compagnies maritimes ne sont pas press&#233;es (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;tour impos&#233; par une crise peut donc devenir une nouvelle habitude. Les horaires sont recalcul&#233;s, les navires repositionn&#233;s, les escales modifi&#233;es, de nouveaux ports int&#233;gr&#233;s aux rotations ; les chargeurs adaptent leurs stocks et les logisticiens leurs r&#233;seaux. Et lorsque le nouveau syst&#232;me fonctionne, pourquoi revenir imm&#233;diatement &#224; l'ancien ? Le contournement de l'Afrique pr&#233;sente m&#234;me un avantage paradoxal pour les armateurs. Selon les donn&#233;es rapport&#233;es par &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, alors que le volume des marchandises transport&#233;es avait augment&#233; de 2,2 % en 2024, la distance parcourue avait progress&#233; de 5,9%. Entre 5 et 6 % de la capacit&#233; mondiale des porte-conteneurs aurait ainsi &#233;t&#233; absorb&#233; par le seul contournement de Suez. Davantage de kilom&#232;tres signifie davantage de navires n&#233;cessaires pour transporter le m&#234;me volume de marchandises, ce qui permet de r&#233;sorber une partie de la surcapacit&#233; et contribue &#224; soutenir les taux de fret. Les armateurs ne raisonnent donc pas seulement en fonction du prix du carburant ou de la longueur de la route ; ils regardent &#233;galement les taux de fret, l'utilisation de leurs navires et la rentabilit&#233; globale de leurs r&#233;seaux.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jonathan Parient&#233;, &#171; Pourquoi les compagnies maritimes &#8230; &#187;, art. cit..&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut cependant apporter une nuance importante : le retour vers la mer Rouge a bien commenc&#233;. Vincent Clerc, directeur g&#233;n&#233;ral de Maersk, indiquait en ao&#251;t au &lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt; qu'environ un tiers du trafic du groupe empruntait de nouveau la mer Rouge et le canal de Suez, apr&#232;s plusieurs ann&#233;es de contournement par le sud de l'Afrique en raison des attaques houthies. Il disait m&#234;me s'attendre &#224; une poursuite de ce mouvement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Richard Milne et Alice Hancock, &#171; Maersk chief calls for investment push to (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour Djibouti, cette &#233;volution est &#233;videmment favorable : elle redonne de la valeur &#224; sa proximit&#233; imm&#233;diate avec Bab el-Mandeb et explique pourquoi le pari du transbordement retrouve aujourd'hui de la vigueur. Mais elle r&#233;v&#232;le &#233;galement la nature de cette activit&#233; : les flux peuvent revenir, comme ils peuvent repartir. CMA CGM lui-m&#234;me fonctionne d&#233;j&#224; avec cette souplesse. Environ 300 de ses navires auraient emprunt&#233; Suez depuis d&#233;cembre 2023, notamment sous la protection d'Aspides, mais au d&#233;but de 2026 la majorit&#233; des b&#226;timents de la compagnie continuait encore de contourner l'Afrique. Le choix n'est donc pas n&#233;cessairement entre Bab el-Mandeb ouvert ou Bab el-Mandeb ferm&#233; : un grand armateur peut maintenir certaines lignes par Suez, envoyer d'autres navires par Le Cap, d&#233;placer ses ports de transbordement et modifier ses fr&#233;quences au gr&#233; du risque, du co&#251;t et de la disponibilit&#233; de ses navires. Cette flexibilit&#233; fait la force des compagnies. Elle constitue aussi la fragilit&#233; des ports qui veulent vivre du transbordement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5059 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH335/58-bab-remorqueurs-88a45.jpg?1792160100' width='400' height='335' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les flux peuvent changer de route et de port&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti dispose n&#233;anmoins d'un avantage consid&#233;rable : l'&#201;thiopie. Le commerce ext&#233;rieur &#233;thiopien doit disposer d'un d&#233;bouch&#233; maritime et Djibouti b&#233;n&#233;ficie pour le capter d'atouts majeurs : proximit&#233;, corridor routier, chemin de fer et capacit&#233;s portuaires. Ce trafic reste relativement captif. Le transbordement r&#233;pond &#224; une autre logique. Un conteneur destin&#233; &#224; Addis-Abeba doit rejoindre l'&lt;i&gt;hinterland&lt;/i&gt; &#233;thiopien ; mais un conteneur destin&#233; &#224; &#234;tre redistribu&#233; vers Port-Soudan, Djeddah, Mogadiscio, Mombasa ou ailleurs peut &#234;tre transbord&#233; &#224; Djibouti&#8230; ou ailleurs. L'armateur choisira le port qui lui offre la meilleure combinaison entre co&#251;t, productivit&#233;, fr&#233;quence, s&#233;curit&#233; et organisation g&#233;n&#233;rale de son r&#233;seau. Les 11 000 mouvements du &lt;i&gt;Bahia&lt;/i&gt; sont donc une excellente nouvelle, mais certainement pas un acquis d&#233;finitif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;volution r&#233;cente du march&#233; peut n&#233;anmoins jouer en faveur du mod&#232;le envisag&#233; &#224; Djibouti. En 2025, les armateurs ont command&#233; 600 nouveaux porte-conteneurs, contre 413 l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Les commandes de tr&#232;s grands b&#226;timents de plus de 14 000 EVP ont recul&#233; de 13 %, tandis que celles des navires de capacit&#233; moyenne progressaient de 48 % et celles des petits porte-conteneurs de&#8230; 548 %&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jonathan Parient&#233;, &#171; Pourquoi les compagnies maritimes &#8230; &#187;, art. cit.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette &#233;volution correspond assez bien au syst&#232;me que Djibouti cherche justement &#224; mettre en place : de tr&#232;s grands b&#226;timents touchent Doraleh et de plus petites unit&#233;s, comme le &lt;i&gt;Africa Sun&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SGTD, &#171; Inauguration officielle de l'Africa Sun : Journ&#233;e historique pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, redistribuent ensuite les conteneurs vers des ports secondaires. Un v&#233;ritable r&#233;seau de feeders r&#233;gionaux constituerait incontestablement un atout. Encore faut-il que les navires-m&#232;res choisissent Doraleh comme point d'ancrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce qui se passe aujourd'hui autour du d&#233;troit d'Ormuz devrait particuli&#232;rement retenir l'attention &#224; Djibouti. Lorsque l'acc&#232;s au golfe Persique s'est compliqu&#233;, Maersk n'a pas simplement attendu que la situation se normalise : le groupe danois a r&#233;organis&#233; ses cha&#238;nes logistiques. Selon Vincent Clerc, directeur g&#233;n&#233;ral de Maersk, la compagnie a achemin&#233; 44 000 conteneurs vers les pays du Golfe en combinant transport maritime, ferroviaire et routier. Des cargaisons sont d&#233;barqu&#233;es &#224; Djeddah, sur la mer Rouge, puis transport&#233;es par camion &#224; travers l'Arabie saoudite jusqu'au Kowe&#239;t, au Qatar et &#224; Bahre&#239;n ; d'autres marchandises sont d&#233;charg&#233;es &#224; Salalah, &#224; Oman, puis achemin&#233;es par route vers les &#201;mirats arabes unis. Ces d&#233;tours co&#251;tent &#224; Maersk environ 1 000 dollars suppl&#233;mentaires par conteneur. Cher, mais possible, et surtout cela fonctionne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jenny Gross, &#171; Allowing Strait of Hormuz Fee Is &#8220;Dangerous&#8221;, Maersk C.E.O. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vincent Clerc voit d'ailleurs dans la possibilit&#233; de transformer un d&#233;troit en instrument de pression un &#171; pr&#233;c&#233;dent tr&#232;s dangereux &#187; : &#171; &lt;i&gt;Si n'importe quel point g&#233;ographique peut soudainement &#234;tre transform&#233; en arme et utilis&#233; comme levier pour obtenir de l'argent, puis de nouveau ferm&#233; au gr&#233; d'un gouvernement ou d'autorit&#233;s quelconques, alors, bien s&#251;r, pour nous, c'est une &#233;volution pr&#233;occupante.&lt;/i&gt; &#187; Il ajoute : &#171; &lt;i&gt;Il n'existe aucun moyen moins cher de transporter des marchandises que par la mer. Mais [&#8230;] si les gens commencent &#224; transformer certaines routes en armes, cela va rapidement &#233;roder cet avantage.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jenny Gross, &#171; Allowing Strait of Hormuz Fee Is &#8220;Dangerous&#8221;&#8230; &#187;, art. cit.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le propos concerne Ormuz, mais il est difficile, depuis Djibouti, de ne pas penser aussi &#224; Bab el-Mandeb. Maersk d&#233;montre en tout cas quelque chose d'essentiel : lorsqu'un goulet d'&#233;tranglement devient trop risqu&#233;, les marchandises ne cessent pas n&#233;cessairement de circuler. Elles changent de route. Et parfois de port.&lt;br class='autobr' /&gt;
Djeddah dispose d'un vaste march&#233; int&#233;rieur et de connexions routi&#232;res permettant de desservir une grande partie de la p&#233;ninsule Arabique. Salalah b&#233;n&#233;ficie d'une position particuli&#232;rement favorable &#224; l'entr&#233;e de l'oc&#233;an Indien. Djibouti dessert, lui, l'&#201;thiopie, des infrastructures portuaires modernes, le rail, des zones franches et une position exceptionnelle entre l'Afrique orientale et la mer Rouge. Mais aucune de ces positions n'est d&#233;finitivement acquise dans le transbordement. Une solution con&#231;ue dans l'urgence peut s'installer dans la dur&#233;e : une compagnie qui cr&#233;e de nouvelles dessertes, contractualise des transporteurs, organise des entrep&#244;ts et adapte son r&#233;seau autour d'un nouveau port commence &#224; construire un nouvel &#233;cosyst&#232;me. Et lorsque cet &#233;cosyst&#232;me fonctionne, rien ne garantit que tous les volumes retournent ensuite vers l'ancienne route. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce que Djibouti doit &#233;viter : qu'une crise temporaire produise une nouvelle g&#233;ographie logistique durable.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5060 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH696/58-bab-tweetdpzfa-ac379.jpg?1792160100' width='400' height='696' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Devenir difficile &#224; contourner&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ici que le projet CEVA Logistics, mais aussi les initiatives d&#233;j&#224; engag&#233;es par le SGTD, prennent tout leur sens. La meilleure protection contre la volatilit&#233; du simple transbordement consiste probablement &#224; cr&#233;er davantage de valeur sur place. Vincent Clerc faisait au &lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt; un constat particuli&#232;rement int&#233;ressant : apr&#232;s des ann&#233;es de tr&#232;s forte croissance des flux venus d'Asie, les nouveaux goulets d'&#233;tranglement apparaissent d&#233;sormais &#224; terre, dans les terminaux, le rail, les camions ou les barges n&#233;cessaires pour acheminer les marchandises jusqu'&#224; leur destination finale. Selon lui : &#171; &lt;i&gt;Ce qui stimule r&#233;ellement la croissance aujourd'hui, c'est que [&#8230;] nous voyons appara&#238;tre de plus en plus de goulets d'&#233;tranglement &#224; terre, qu'il s'agisse des terminaux, du rail, des camions ou des barges n&#233;cessaires pour acheminer les conteneurs jusqu'&#224; leur destination finale&lt;/i&gt; &#187;. Le directeur g&#233;n&#233;ral de Maersk estime m&#234;me que le secteur doit d&#233;sormais rattraper pr&#232;s de quinze ann&#233;es de sous-investissement dans les infrastructures&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Richard Milne et Alice Hancock, &#171; Maersk chief calls for investment&#8230; &#187;, art. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour Djibouti, le message est particuli&#232;rement int&#233;ressant : &#234;tre un bon port ne suffit plus, il faut &#233;galement &#234;tre performant derri&#232;re le port.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment ce que le SGTD tente de faire avec son mod&#232;le Sea-Air. Abdillahi Adaweh Sigad explique que plut&#244;t que d'attendre pendant des d&#233;cennies l'ach&#232;vement de tous les r&#233;seaux terrestres de la r&#233;gion, Djibouti peut utiliser l'aviation pour contourner imm&#233;diatement certains d&#233;ficits : &#171; &lt;i&gt;Plut&#244;t que d'attendre pendant des d&#233;cennies l'ach&#232;vement des infrastructures ferroviaires et routi&#232;res, Djibouti s'appuie d&#232;s aujourd'hui sur le transport a&#233;rien pour contourner les d&#233;ficits d'infrastructures.&lt;/i&gt; &#187; L'ambition d&#233;passe d'ailleurs le seul march&#233; &#233;thiopien. Le directeur du SGTD &#233;voque les &#233;conomies enclav&#233;es d'Afrique orientale et centrale &#8211; &#201;thiopie, Ouganda, Rwanda, Burundi, Soudan du Sud ou encore l'est de la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo &#8211;, soit un march&#233; potentiel de plus de 250 millions d'habitants selon les chiffres qu'il avance. Le corridor Djibouti-&#201;thiopie-Soudan du Sud-Ouganda, les liaisons ferroviaires existantes avec l'&#201;thiopie, les projets routiers et les partenariats a&#233;riens avec Ethiopian Airlines ou RwandAir participent de cette m&#234;me logique : transformer le port en plateforme de distribution vers l'int&#233;rieur du continent.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pauline Kairu, &#171; Djibouti's strategic Sea-Air solution enhances supply chain (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sigad r&#233;sume finalement assez bien ce qui pourrait devenir l'un des principaux avantages comp&#233;titifs de Djibouti : &#171; &lt;i&gt;En logistique, la fiabilit&#233; est souvent aussi importante que la rapidit&#233;. Une cha&#238;ne d'approvisionnement pr&#233;visible de trois semaines peut avoir bien plus de valeur qu'une autre, incertaine, qui s'&#233;talerait sur deux mois.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pauline Kairu, &#171; Djibouti's strategic Sea-Air solution&#8230; &#187;, art. cit.&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Voil&#224; peut-&#234;tre l'essentiel. Pourquoi un armateur ou un logisticien ferait-il demain escale &#224; Djibouti plut&#244;t qu'ailleurs ? Parce que l'&#201;thiopie se trouve derri&#232;re, bien s&#251;r, mais &#233;galement parce qu'un r&#233;seau de &lt;i&gt;feeders&lt;/i&gt; y fonctionne, que le &lt;i&gt;bunkering&lt;/i&gt; est disponible, que des entrep&#244;ts y sont implant&#233;s, que CEVA peut y organiser une partie de sa logistique r&#233;gionale, que des marchandises peuvent repartir par rail, route ou avion, qu'une cha&#238;ne du froid permet d'exporter les productions de l'hinterland et que plusieurs march&#233;s peuvent &#234;tre desservis depuis une m&#234;me plateforme. L'enjeu consiste donc &#224; passer d'une logique de simple position g&#233;ographique &#224; une logique d'int&#233;gration &#233;conomique et logistique. Une g&#233;ographie peut &#234;tre contourn&#233;e ; un &#233;cosyst&#232;me performant se remplace beaucoup plus difficilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Benjamin Franklin&lt;/i&gt; montre ce que les infrastructures djiboutiennes sont d&#233;sormais capables d'accueillir, le &lt;i&gt;Bahia&lt;/i&gt; les volumes qu'elles peuvent traiter, l'&lt;i&gt;Africa Sun&lt;/i&gt; ce que pourrait devenir un r&#233;seau de &lt;i&gt;feeders&lt;/i&gt; r&#233;gionaux. CEVA peut ajouter une nouvelle dimension logistique et le Sea-Air commence d&#233;j&#224; &#224; ouvrir une autre voie vers l'Afrique int&#233;rieure. Mais le &lt;i&gt;Champs Elys&#233;es&lt;/i&gt; rappelle que quelques dizaines de kilom&#232;tres plus loin un drone suffit &#224; modifier le calcul d'un armateur. Et l'exp&#233;rience du canal de Suez apporte un enseignement peut-&#234;tre plus profond encore : une route maritime que les compagnies cessent d'utiliser pendant suffisamment longtemps peut finir par ne plus leur para&#238;tre indispensable. Le pari portuaire de Djibouti n'est donc pas mauvais ; il devient simplement plus exigeant. Il ne suffit plus d'&#234;tre bien situ&#233;, il faut &#234;tre fiable, connect&#233; et suffisamment utile pour devenir difficile &#224; remplacer &#8212; &#224; condition, bien entendu, que les Houthis ne viennent pas faire d&#233;railler ces projets en transformant durablement Bab el-Mandeb en zone &#224; &#233;viter. Car les marchandises continueront &#224; circuler. Tout l'enjeu pour Djibouti est qu'elles aient toujours une bonne raison de passer par chez nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Mahdi A.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;aller_plus_loin&#034;&gt;&lt;a href='https://www.human-village.org/spip.php?article2016' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Voir aussi : Catherine Vautrin &#224; Djibouti, poign&#233;e de l'&#233;ventail strat&#233;gique fran&#231;ais&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;aller_plus_loin&#034;&gt;&lt;a href='https://www.human-village.org/spip.php?article1300' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Voir aussi : La CMA-CGM rencontre-t-elle des probl&#232;mes de tr&#233;sorerie ?&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;aller_plus_loin&#034;&gt;Voir aussi &#171; &lt;a href='https://www.human-village.org/spip.php?article1638' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Djibouti dans l'&#171; axe de la r&#233;sistance &#187; ?&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Julien Bouissou et Jonathan Parient&#233;, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/10/15/un-drone-menacant-un-porte-conteneurs-cma-cgm-abattu-par-une-fregate-francaise-a-bab-al-mandab-l-inquietude-gagne-les-equipages_6794445_3234.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un drone mena&#231;ant un porte-conteneurs CMA CGM abattu par une fr&#233;gate fran&#231;aise &#224; Bab Al-Mandab, l'inqui&#233;tude gagne les &#233;quipages&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 15 octobre 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Direction des ports et des zones franches de Djibouti (DPFZA), &lt;a href=&#034;https://x.com/dpfza/status/1922011969508282811&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Communications institutionnelles relatives aux discussions avec CMA CGM et CEVA Logistics, notamment sur la cr&#233;ation &#233;ventuelle d'une plateforme logistique pour l'Afrique de l'Est, le d&#233;veloppement d'une cha&#238;ne du froid, les feeders r&#233;gionaux et les activit&#233;s de bunkering&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pauline Kairu, &lt;a href=&#034;https://www.theeastafrican.co.ke/tea/partner-content/djibouti-sea-air-solution-boosts-east-africa-supply-chains-5508738?utm_source&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Djibouti's strategic Sea-Air solution enhances supply chain efficiency across East Africa and key hinterland markets &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;The EastAfrican&lt;/i&gt;, &#233;dition du 20 au 26 juin 2026&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Julien Bouissou et Jonathan Parient&#233;, &#171; Un drone mena&#231;ant un porte-conteneurs&#8230; &#187;, art. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Assembl&#233;e nationale fran&#231;aise, commission des affaires &#233;trang&#232;res, &lt;a href=&#034;https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/comptes-rendus/cion_afetr/l17cion_afetr2627002_compte-rendu&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Audition de Jean-No&#235;l Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires &#233;trang&#232;res&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Assembl&#233;e nationale&lt;/i&gt;, 12 octobre 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mahdi A., &#171; &lt;a href='https://www.human-village.org/spip.php?article1604' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Catherine Colonna et S&#233;bastien Lecornu &#224; Djibouti, quels enjeux ?&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, n&#176; 49, d&#233;cembre 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jonathan Parient&#233;, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/01/06/transport-maritime-pourquoi-les-grands-armateurs-ne-sont-pas-presses-de-reemprunter-le-canal-de-suez_6660679_3234.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi les compagnies maritimes ne sont pas press&#233;es de r&#233;emprunter le canal de Suez&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 6 janvier 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jonathan Parient&#233;, &#171; Pourquoi les compagnies maritimes &#8230; &#187;, art. cit..&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Richard Milne et Alice Hancock, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.ft.com/content/05e95d34-dcc3-437d-85cc-cc1c12fdaa23?syn-25a6b1a6=1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Maersk chief calls for investment push to ease trade strains&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt;, 13 ao&#251;t 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jonathan Parient&#233;, &#171; Pourquoi les compagnies maritimes &#8230; &#187;, art. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;SGTD, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.sgtd-terminal.com/fr/2020/07/19/journee-historique-pour-djibouti-inauguration-officielle-du-m-v-africa-sun-djibouti-shipping-company/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Inauguration officielle de l'Africa Sun : Journ&#233;e historique pour Djibouti inauguration du M.V Africa Sun&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;SGTD&lt;/i&gt;, 19 juillet 2020 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jenny Gross, &lt;a href=&#034;https://www.nytimes.com/2026/06/17/business/maersk-strait-hormuz-shipping-fees-iran-war.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Allowing Strait of Hormuz Fee Is &#8220;Dangerous&#8221;, Maersk C.E.O. Says &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;The New York Times&lt;/i&gt;, 17 juin 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jenny Gross, &#171; Allowing Strait of Hormuz Fee Is &#8220;Dangerous&#8221;&#8230; &#187;, art. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Richard Milne et Alice Hancock, &#171; Maersk chief calls for investment&#8230; &#187;, art. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pauline Kairu, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.theeastafrican.co.ke/tea/partner-content/djibouti-sea-air-solution-boosts-east-africa-supply-chains-5508738&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Djibouti's strategic Sea-Air solution enhances supply chain efficiency across East Africa and key hinterland markets&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;The EastAfrican&lt;/i&gt;, &#233;dition du 20 au 26 juin 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pauline Kairu, &#171; Djibouti's strategic Sea-Air solution&#8230; &#187;, art. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Si l'&#201;thiopie brisait la d&#233;fense &#233;rythr&#233;enne ?</title>
		<link>https://www.human-village.org/spip.php?article2082</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.human-village.org/spip.php?article2082</guid>
		<dc:date>2026-10-15T19:44:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jawar Mohamad</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;thiopie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;rythr&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quatre sc&#233;narios possibles pour une avanc&#233;e des troupes &#233;thiopiennes en &#201;rythr&#233;e.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Tribunes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;&#201;thiopie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?mot55" rel="tag"&gt;&#201;rythr&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_10-ethiopie-erythree-9dffc.jpg?1792093607' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le risque d'une guerre totale entre l'&#201;thiopie et l'&#201;rythr&#233;e est pass&#233; d'une &#233;ventualit&#233; lointaine &#224; un possible imm&#233;diat. Comme je l'ai soutenu dans des articles pr&#233;c&#233;dents, le soutien &#233;rythr&#233;en au TPLF risquait de devenir lourd de cons&#233;quences une fois que le champ de bataille atteindrait la fronti&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les ENDF&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;thiopian National Defence Forces, l'arm&#233;e nationale &#233;thiopienne.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont rapidement bris&#233; l'offensive du TPLF&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tigre People Liberation Front, le parti tigr&#233;en combattant le pouvoir central.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; vers le sud et repouss&#233; ses forces en direction de la fronti&#232;re &#233;rythr&#233;enne. Cependant, des troupes &#233;rythr&#233;ennes seraient pr&#233;sentes, selon certaines informations, &#224; l'int&#233;rieur du territoire &#233;thiopien, ce qui r&#233;duit l'espace pour une d&#233;sescalade. Un retrait &#233;rythr&#233;en, la fin du soutien militaire au TPLF, ainsi une demande de n&#233;gociations sont les seules mesures qui pourraient convaincre Abiy de retenir son avance. Il b&#233;n&#233;ficie en effet actuellement d'un avantage significatif sur le champ de bataille et d'un argument plus solide en mati&#232;re de souverainet&#233; que celui dont il disposait avant la probable intervention &#233;rythr&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de leur conversation du 14 octobre, Rubio et Abiy ont discut&#233; des tensions avec l'&#201;rythr&#233;e, mais ils ont ensuite pr&#233;sent&#233; la conversation de mani&#232;res diff&#233;rentes. Washington n'a pas publiquement d&#233;sign&#233; le responsable de l'escalade transfrontali&#232;re. Pourtant, l'accent mis sur la souverainet&#233;, l'int&#233;grit&#233; territoriale et la n&#233;cessit&#233; d'&#233;viter les incursions transfrontali&#232;res donne &#224; l'&#201;thiopie un pivot autour duquel pr&#233;senter son argumentaire. Dans le m&#234;me temps, l'appel &#224; une d&#233;sescalade et &#224; un retour au cadre de paix de 2018 indique que Washington tente d'emp&#234;cher l'extension de la confrontation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que je comprends est que l'&#201;thiopie ne consid&#232;re pas l'appel &#224; la retenue comme une obligation. Le calcul semble &#234;tre que l'&#201;rythr&#233;e est peu susceptible de de renoncer &#224; l'asile accord&#233; au TPLF, au soutien &#224; d'autres groupes arm&#233;s et d'accepter des arrangements s&#233;curitaires, tandis que l'ENDF gagne &#233;galement du temps pour repositionner ses forces et sa logistique le long de la fronti&#232;re. Si cette lecture est correcte, la pause actuelle pourrait &#234;tre temporaire plut&#244;t que constituer une solution de la confrontation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si nous envisageons le pire, que la confrontation se transforme en guerre &#224; grande &#233;chelle, la question d&#233;cisive n'est pas simplement de savoir qui gagnera, mais ce qui se passera si l'&#201;thiopie per&#231;ait les d&#233;fenses de l'&#201;rythr&#233;e. Abiy se contenterait-il d'un accord politique avec une direction militaire post-Isaias, poursuivrait-il Isaias dans les montagnes, avancerait-il vers Assab afin de s&#233;curiser un acc&#232;s &#224; la mer Rouge, ou marcherait-il sur Asmara pour renverser le r&#233;gime ? Chacun de ces objectifs produirait un r&#233;sultat diff&#233;rent, non seulement pour l'&#201;rythr&#233;e mais pour l'ensemble de la Corne de l'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aurons probablement une indication dans les deux premi&#232;res semaines pour savoir si la guerre serait br&#232;ve ou non. Si les positions fortifi&#233;es de l'&#201;rythr&#233;e peuvent r&#233;sister &#224; l'avantage &#233;thiopien en mati&#232;re de drones et de puissance a&#233;rienne, le conflit pourrait durer longtemps. Mais si l'ENDF passait ce syst&#232;me d&#233;fensif, ses avantages en mati&#232;re de drones, de puissance a&#233;rienne, de surveillance et de coordination sur le champ de bataille se r&#233;v&#232;lant d&#233;cisifs comme ils l'ont &#233;t&#233; lors des r&#233;cents combats contre le TPLF, les combats pourraient rapidement se d&#233;rouler sur le territoire &#233;rythr&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2000, les forces &#233;thiopiennes avaient pass&#233; les positions &#233;rythr&#233;ennes lourdement fortifi&#233;es, pris Barentu et avanc&#233; profond&#233;ment &#224; l'int&#233;rieur de l'&#201;rythr&#233;e. La technologie militaire et l'environnement politique d'aujourd'hui sont tr&#232;s diff&#233;rents, mais cette exp&#233;rience montre qu'une p&#233;n&#233;tration militaire profonde peut produire un &#233;norme levier politique sans n&#233;cessiter l'occupation de l'ensemble du pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant que la confrontation n'atteigne ce stade, Isaias pourrait encore tenter de n&#233;gocier. Si la guerre ne lui laisse aucune voie r&#233;aliste vers une victoire militaire, le TPLF pourrait devenir l'une de ses derni&#232;res cartes de n&#233;gociation. Il pourrait proposer de mettre fin &#224; son soutien au TPLF, de refuser l'asile &#224; ses dirigeants et &#224; ses combattants, de retirer les forces &#233;rythr&#233;ennes d'&#201;thiopie et de n&#233;gocier des arrangements s&#233;curitaires plus larges en &#233;change d'un arr&#234;t de l'avanc&#233;e &#233;thiopienne. Une alliance utile tant qu'elle affaiblit l'&#201;thiopie pourrait rapidement devenir sacrifiable d&#232;s lors que sa pr&#233;servation commencerait &#224; menacer la survie de son propre r&#233;gime. Quatre sc&#233;narios possibles apparaissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Un coup d'&#201;tat militaire et des n&#233;gociations&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Si les d&#233;fenses de l'&#201;rythr&#233;e s'effondraient, de hauts commandants militaires pourraient conclure que pr&#233;server l'&#201;rythr&#233;e et une grande partie de la structure &#233;tatique existante exige de sacrifier Isaias. Ils pourraient exploiter le m&#233;contentement populaire entra&#238;n&#233; par la d&#233;faite pour l'&#233;carter et n&#233;gocier un accord avec Abiy afin d'emp&#234;cher les forces &#233;thiopiennes d'avancer jusqu'&#224; Asmara. Cela pourrait offrir &#224; l'&#201;thiopie une sortie de guerre moins co&#251;teuse, sans l'obliger &#224; occuper l'&#201;rythr&#233;e ni &#224; d&#233;manteler la structure politique et militaire du pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le principal obstacle est que les g&#233;n&#233;raux &#233;rythr&#233;ens seraient, selon certaines informations, profond&#233;ment divis&#233;s, tandis qu'Isaias a pass&#233; des d&#233;cennies &#224; emp&#234;cher l'&#233;mergence de responsable militaires puissants. Il est difficile de savoir s'ils pourraient s'unir pour &#233;carter Isaias et n&#233;gocier avec Abiy reste incertaine. Une d&#233;faite militaire majeure pourrait toutefois modifier ces calculs si de hauts commandants commen&#231;aient &#224; consid&#233;rer Isaias lui-m&#234;me comme un obstacle &#224; la pr&#233;servation de l'&#201;tat &#233;rythr&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Une insurrection dirig&#233;e par Isaias ou par des restes de l'arm&#233;e &#233;rythr&#233;enne&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Isaias pourrait abandonner Asmara, se retirer dans les montagnes du Sahel et tenter de mener une guerre de gu&#233;rilla, en utilisant potentiellement le Soudan comme voie d'approvisionnement. Une telle strat&#233;gie pourrait priver Abiy d'une victoire politique rapide m&#234;me apr&#232;s une d&#233;faite conventionnelle d&#233;cisive de l'arm&#233;e &#233;rythr&#233;enne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, l'&#226;ge d'Isaias et son bilan en mati&#232;re de r&#233;pression pourraient limiter sa capacit&#233; &#224; mobiliser un soutien populaire. Le plus grand danger pour l'&#201;thiopie pourrait r&#233;sider dans des restes de l'appareil militaire et s&#233;curitaire &#233;rythr&#233;en se r&#233;organisant autour du nationalisme &#233;rythr&#233;en, plut&#244;t que dans un retour personnel d'Isaias &#224; la gu&#233;rilla.&lt;br class='autobr' /&gt;
De nombreux &#201;rythr&#233;ens oppos&#233;s &#224; Isaias pourraient n&#233;anmoins r&#233;sister &#224; une pr&#233;sence militaire &#233;thiopienne prolong&#233;e, transformant une victoire militaire en une occupation politiquement beaucoup plus difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Contourner Asmara et avancer vers Assab&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;thiopie pourrait contourner Asmara et avancer vers Assab, donnant la priorit&#233; &#224; l'acc&#232;s &#224; la mer Rouge plut&#244;t qu'au renversement imm&#233;diat d'Isaias. Abiy pourrait chercher &#224; &#233;tablir son contr&#244;le sur le port et &#224; n&#233;gocier en position de force, laissant potentiellement Isaias au pouvoir dans une &#201;rythr&#233;e affaiblie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, s'emparer d'un port n'est pas la m&#234;me chose que s&#233;curiser un acc&#232;s maritime durable. Une telle initiative pourrait entra&#238;ner des r&#233;sistances ou une intervention ext&#233;rieure et permettre &#224; Isaias de pr&#233;senter le conflit comme une volont&#233; d'expansion &#233;thiopienne. Si l'action militaire &#233;thiopienne reste concentr&#233;e sur l'expulsion des forces &#233;rythr&#233;ennes et la neutralisation des menaces provenant du territoire &#233;rythr&#233;en, l'&#201;thiopie conserve un argument solide fond&#233; sur la souverainet&#233; et la l&#233;gitime d&#233;fense.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela ne signifie pas que l'&#201;thiopie devrait abandonner son int&#233;r&#234;t strat&#233;gique l&#233;gitime pour un acc&#232;s fiable &#224; la mer Rouge. Un affaiblissement du gouvernement &#233;rythr&#233;en entrainerait un rapport de force tr&#232;s diff&#233;rent pour de futures n&#233;gociations, permettant potentiellement &#224; l'&#201;thiopie de rechercher des arrangements commerciaux, territoriaux et s&#233;curitaires dans des conditions beaucoup plus favorable, sans avoir de besoin d'une occupation militaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette option diplomatique devient plus plausible &#224; mesure que l'environnement plus large de la mer Rouge &#233;volue, Isra&#235;l ayant reconnu le Somaliland, le pr&#233;sident Trump ayant publiquement d&#233;crit le Somaliland comme distinct de la Somalie, et le Somaliland ayant r&#233;cemment r&#233;affirm&#233; sa volont&#233; de discuter d'un acc&#232;s &#233;thiopien &#224; Berbera. Ces &#233;volutions ne r&#232;glent pas le probl&#232;me maritime de l'&#201;thiopie, mais elles sugg&#232;rent que ses options s'&#233;largissent et qu'une &#201;thiopie plus forte pourrait &#234;tre en mesure de s&#233;curiser un acc&#232;s diversifi&#233; &#224; la mer Rouge par la diplomatie plut&#244;t que l'occupation territoriale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Avancer sur Asmara et faire tomber le r&#233;gime&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Abiy pourrait poursuivre l'offensive vers Asmara, mena&#231;ant directement le pouvoir d'Isaias. Isaias pourrait fuir le pays ou tomber entre les mains de ses ennemis. Mais la question centrale serait de savoir si l'&#201;thiopie a r&#233;ellement besoin d'occuper Asmara ou si la menace de perdre la capitale suffirait &#224; entra&#238;ner l'ouverture de n&#233;gociations, encourager de hauts commandants &#224; &#233;carter Isaias, ou une autre solution interne sans que l'occupation ne devienne n&#233;cessaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le plus grand danger surviendrait si le r&#233;gime s'effondrait sans qu'une transition cr&#233;dible soit capable de pr&#233;server l'autorit&#233; &#233;l&#233;mentaire de l'&#201;tat. Un vide du pouvoir, des factions arm&#233;es concurrentes ou la fragmentation de l'appareil s&#233;curitaire pourraient laisser l'&#201;thiopie confront&#233;e &#224; une crise prolong&#233;e le long de sa fronti&#232;re nord m&#234;me apr&#232;s avoir remport&#233; la guerre conventionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces sc&#233;narios ne sont pas mutuellement exclusifs &#224; tous &#233;gards, et ils ne constituent pas non plus des pr&#233;dictions. Beaucoup d&#233;pend de la r&#233;silience des d&#233;fenses &#233;rythr&#233;ennes, de la coh&#233;sion de sa direction militaire, de la capacit&#233; de l'&#201;thiopie &#224; soutenir une offensive et de la r&#233;action des puissances r&#233;gionales et internationales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme je l'ai soutenu auparavant, vaincre l'arm&#233;e &#233;rythr&#233;enne ne signifie pas d&#233;terminer l'avenir politique de l'&#201;rythr&#233;e. La victoire militaire et le r&#232;glement politique sont deux questions diff&#233;rentes, une le&#231;on que l'&#201;thiopie a apprise douloureusement apr&#232;s la prise de Mekelle en 2020 lorsqu'une importante victoire sur le champ de bataille n'a pas &#233;t&#233; transform&#233;e en une solution politique durable. R&#233;p&#233;ter cette erreur aurait des cons&#233;quences encore plus graves.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'&#201;thiopie, la victoire devra donc &#234;tre jug&#233;e moins au nombre de kilom&#232;tres parcourus par l'ENDF qu'&#224; la question de savoir si la guerre laisse la fronti&#232;re nord s&#233;curis&#233;e, les acteurs arm&#233;s hostiles priv&#233;s de sanctuaire et l'&#201;thiopie dans une position r&#233;gionale plus forte, sans le fardeau d'une occupation &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;quilibre militaire finit par rendre Isaias incapable de soutenir la confrontation, la question du champ de bataille c&#233;dera la place &#224; une question politique plus difficile. Qui gouvernera l'&#201;rythr&#233;e apr&#232;s lui ? Cette transition produira-t-elle un voisin stable ou une nouvelle menace s&#233;curitaire pour l'&#201;thiopie ? Telles seront alors les prochains enjeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Jawar Mohamad&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Texte publi&#233; &lt;a href=&#034;https://x.com/Jawar_Mohammed/status/2110703671310733393&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur X&lt;/a&gt;, traduction &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;thiopian National Defence Forces, l'arm&#233;e nationale &#233;thiopienne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tigre People Liberation Front, le parti tigr&#233;en combattant le pouvoir central.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le si&#232;ge de l'Arabie saoudite</title>
		<link>https://www.human-village.org/spip.php?article2081</link>
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		<dc:date>2026-10-14T19:01:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ould Amar Yahya</dc:creator>


		<dc:subject>Arabie</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'Iran &#233;trangle le monde pour r&#233;gner sur le Golfe.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Tribunes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Arabie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_10-iran_as-8ef23.jpg?1792010415' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En attaquant l'Arabie saoudite, l'Iran prend en otage l'&#233;conomie plan&#233;taire, appauvrit les plus pauvres et menace le voisinage des lieux saints, non pour une cause, mais pour arracher &#224; Washington une n&#233;gociation qui arr&#234;terait la guerre dont elle est la cible et consacrerait l'h&#233;g&#233;monie iranienne sur la p&#233;ninsule, telle est la strat&#233;gie de T&#233;h&#233;ran. Ce n'est ni une r&#233;sistance ni une r&#233;volution, c'est un chantage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En cinq jours, du 6 au 11 octobre 2026, dix-neuf personnes ont p&#233;ri et plus de trois cent cinquante ont &#233;t&#233; bless&#233;es dans les a&#233;roports d'Abha et de Riyad, sous des missiles et des drones tir&#233;s du Y&#233;men. Ces attaques visaient des civils, elles ont &#233;t&#233; revendiqu&#233;es, et leurs armes portent une signature que nul ne conteste.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Arabie saoudite vit d&#233;sormais sous un double verrou. &#192; l'est, Ormuz est ferm&#233; de fait par l'Iran depuis la rupture du cessez-le-feu du 8 juillet. &#192; l'ouest, les houthis tiennent depuis le 11 septembre l'&#238;le de P&#233;rim, au c&#339;ur de Bab el-Mandeb, et bloquent les navires li&#233;s au royaume. Entre les deux, l'ol&#233;oduc est-ouest, seule art&#232;re de contournement, a &#233;t&#233; frapp&#233; depuis l'Irak et mis &#224; l'arr&#234;t. Un pays qui exporte son sang par deux veines voit l'une tranch&#233;e et l'autre comprim&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or ce si&#232;ge concerne le monde entier. Par ces deux d&#233;troits transite une part d&#233;cisive du p&#233;trole consomm&#233; sur la plan&#232;te et du commerce maritime mondial, et l'Arabie saoudite, par ses capacit&#233;s de r&#233;serve, est le r&#233;gulateur de dernier ressort du march&#233; p&#233;trolier. Lui fermer ses veines, c'est retirer au monde son amortisseur. Chaque hausse durable de dix pour cent du baril retranche entre un &#224; deux dixi&#232;mes de point &#224; la croissance mondiale ; un choc de l'ampleur actuelle, c'est pr&#232;s d'un point de croissance, plus de 1000 milliards de dollars &#233;vapor&#233;s, et une inflation qui frappe d'abord ceux qui importent leur carburant et leur bl&#233;, non T&#233;h&#233;ran. C'est aussi tarir une source de stabilit&#233; : premier bailleur de fonds du monde arabe, pilier de la Banque islamique de d&#233;veloppement, le royaume abrite dix millions de travailleurs &#233;trangers dont les transferts, pr&#232;s de quarante milliards de dollars par an, font vivre des familles du Caire &#224; Karachi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, pour deux milliards de musulmans, ce pays n'est pas un &#201;tat comme les autres. Il garde La Mecque et M&#233;dine, accueille chaque ann&#233;e des millions de p&#232;lerins, et des drones tir&#233;s sur la r&#233;gion de M&#233;dine, &#224; port&#233;e du tombeau du Proph&#232;te Mohamed, atteignent une communaut&#233; enti&#232;re bien au-del&#224; de ses fronti&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Prendre en otage l'&#233;conomie plan&#233;taire, appauvrir les plus pauvres et menacer le voisinage des lieux saints, non pour une cause, mais pour arracher &#224; Washington une n&#233;gociation qui consacrerait l'h&#233;g&#233;monie iranienne sur la p&#233;ninsule, telle est la strat&#233;gie de T&#233;h&#233;ran. Ce n'est ni une r&#233;sistance ni une r&#233;volution, c'est un chantage.&lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;h&#233;ran ne cherche pas &#224; conqu&#233;rir la p&#233;ninsule, il cherche &#224; l'&#233;trangler. Riyad doit refuser la guerre de religion entre sunnites et chiites qu'on lui tend et conduire une guerre d'&#201;tat, coalis&#233;e et asym&#233;trique, dont le centre de gravit&#233; est &#224; Bab el-Mandeb plut&#244;t qu'&#224; Ormuz, et dont la cl&#233; militaire se trouve &#224; J&#233;rusalem plut&#244;t qu'&#224; Islamabad ou Ankara.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Huit mois de feu, une seule main&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre s'est ouverte le 28 f&#233;vrier 2026 avec les frappes am&#233;ricano-isra&#233;liennes. D&#232;s les premi&#232;res heures, l'Iran a ripost&#233; contre ses agresseurs et contre toutes les monarchies du Golfe abritant des bases am&#233;ricaines, Oman except&#233; : missiles sur Riyad, drones sur Ras Tanura, sur le complexe Samref de Yanbu&#8230; Le 13 mars, avec deux champs offshore ferm&#233;s, le royaume r&#233;duisait sa production d'un cinqui&#232;me. La veille m&#234;me du cessez-le-feu du 8 avril, T&#233;h&#233;ran frappait encore les infrastructures &#233;nerg&#233;tiques de tous ses voisins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ni la tr&#234;ve n&#233;goci&#233;e par le Pakistan ni le m&#233;morandum d'Islamabad de juin n'ont couvert les voisins de l'Iran. En juillet, les houthis font atterrir &#224; Sanaa un avion iranien en violation du contr&#244;le a&#233;rien saoudien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; la demande en 2015 du gouvernement y&#233;m&#233;nite reconnu, en application de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce qui a entra&#238;n&#233; des bombardements saoudiens. Juste apr&#232;s, un blocus est proclam&#233; contre tout navire li&#233; au royaume.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les 27 et 28 juillet, les milices irakiennes du Hachd al-Chaabi ont vis&#233; les champs de la province orientale, en coordination avec des frappes houthistes sur les installations acheminant le brut vers Yanbu. Les 10 et 11 septembre, des drones tir&#233;s d'Irak ont atteint l'ol&#233;oduc est-ouest dans les r&#233;gions de Riyad et M&#233;dine, for&#231;ant la fermeture de l'art&#232;re ; le m&#234;me jour, les houthis prenaient Moka puis l'&#238;le de P&#233;rim, bouclant Bab el-Mandeb. En octobre enfin, les cibles sont pass&#233;es des infrastructures aux civils, apr&#232;s Abha, l'a&#233;roport King Khalid de Riyad a &#233;t&#233; frapp&#233; trois fois en une semaine, une seule attaque y faisant douze morts et plus de trois cents bless&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
La le&#231;on de cette chronologie est limpide. Trois fronts, le Y&#233;men, l'Irak et l'Iran lui-m&#234;me, ob&#233;issent &#224; une m&#234;me s&#233;quence, chaque pause de l'un ouvrant une relance de l'autre. Les acteurs diff&#232;rent, la main qui tient les fils ne change pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La strat&#233;gie de la tenaille&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La doctrine iranienne de la d&#233;fense avanc&#233;e date des ann&#233;es 1980, un &#201;tat r&#233;volutionnaire encercl&#233; survit en portant le feu chez les autres. Le Hezbollah au Liban, le Hachd en Irak, Ansar Allah au Y&#233;men, les milices de Syrie forment un tampon ou espace protecteur. Avec la guerre de 2026, les proxys ne servent plus seulement &#224; prot&#233;ger l'Iran, mais aussi &#224; punir ceux qui ne lui sont pas soumis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Armement et entra&#238;nement ob&#233;issent &#224; une cha&#238;ne de valeur dont T&#233;h&#233;ran garde les maillons d&#233;cisifs. Les houthis re&#231;oivent composants, plans et conseillers ; les drones qui ont atteint M&#233;dine depuis l'Irak &#233;taient, selon les experts, des engins &#224; longue port&#233;e dont aucune milice ne poss&#232;de seule l'ing&#233;nierie ni la logistique. La transmission passe par la mer, via Oman et la Corne de l'Afrique, et d&#233;sormais par les airs, puisque c'est un vol iranien vers Sanaa qui a rallum&#233; le front y&#233;m&#233;nite. Le r&#233;seau est un corps unique.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Iran tient Ormuz avec sa marine et ses mines ; ses alli&#233;s tiennent Bab el-Mandeb depuis P&#233;rim. Entre les deux, la seule voie terrestre est un ol&#233;oduc de mille deux cents kilom&#232;tres &#224; port&#233;e des milices en Irak. La tenaille se referme sur l'&#233;conomie saoudienne, et par elle sur l'&#233;conomie mondiale, sans qu'un soldat iranien ait franchi la. Elle se referme aussi sur le calendrier : &#233;trangl&#233;e par le blocus naval am&#233;ricain, la ligne de vie p&#233;troli&#232;re de l'Iran pourrait se tarir vers d&#233;cembre, selon certains analystes. T&#233;h&#233;ran court donc entre deux asphyxies, la sienne et celle de son voisin, et parie que la monarchie c&#233;dera avant la th&#233;ocratie, prenant l'&#233;conomie mondiale en otage pour faire pression sur Washington.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le choix des cibles trahit une escalade raisonn&#233;e, les infrastructures p&#233;troli&#232;res pour peser sur le prix du brut et les finances du royaume, l'ol&#233;oduc pour fermer la porte de sortie, les a&#233;roports civils enfin pour atteindre la r&#233;putation d'un pays qui a fait du tourisme et des grands &#233;v&#233;nements le visage de sa transformation. Chaque &#233;chelon reste attribuable &#224; une milice et est ni&#233; par l'&#201;tat qui l'arme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que veut T&#233;h&#233;ran&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Iran ne cherche ni &#224; convertir les sunnites ni &#224; les gouverner ; il n'a, pour le moment, ni les moyens ni le d&#233;sir d'administrer La Mecque. Son ambition est de faire de ses voisins des otages plut&#244;t que des sujets, et elle poursuit trois objectifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier est un droit de veto sur l'architecture de s&#233;curit&#233; de la p&#233;ninsule. Chaque frappe sur une base, une ambassade, un a&#233;roport ou un champ p&#233;trolier porte le m&#234;me message : la protection am&#233;ricaine co&#251;te plus qu'elle ne rapporte. Le jour o&#249; Riyad demandera le d&#233;part des forces am&#233;ricaines pour acheter sa tranquillit&#233;, l'Iran aura gagn&#233; la guerre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le deuxi&#232;me est une rente de nuisance. Qui peut fermer deux d&#233;troits et frapper des infrastructures strat&#233;giques d&#233;tient un actif n&#233;gociable. T&#233;h&#233;ran a d&#233;j&#224; conditionn&#233; chaque cessez-le-feu &#224; des clauses ext&#233;rieures &#224; son propre th&#233;&#226;tre, le Liban en avril, Ormuz en juillet ; il entend d&#233;sormais que la s&#233;curit&#233; du Golfe soit n&#233;goci&#233;e avec lui, par lui et pay&#233;e &#224; lui. La paix devient un service dont il fixe le tarif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le troisi&#232;me est la parit&#233; des verrous : les &#201;tats-Unis bloquent les tankers iraniens, l'Iran bloque Ormuz, ses alli&#233;s bloquent Bab el-Mandeb. Cette sym&#233;trie dit au monde que l'&#233;conomie plan&#233;taire est l'otage de l'Iran, et que le premier exportateur de brut servira de caution &#224; la d&#233;monstration.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Iran vise &#224; imposer aux pays sunnites la neutralit&#233; arm&#233;e de la Finlande de la guerre froide, qui gardait son drapeau, son roi et son parlement mais consultait Moscou avant de signer un trait&#233;. L'Iran veut un Golfe finlandis&#233;, une p&#233;ninsule sans bases, sans coalitions, qui ne finance plus d'adversaires et paie le prix de sa prudence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pi&#232;ge de la guerre de religion&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le risque d'un affrontement sunnite-chiite existe dans plusieurs pays et il serait irresponsable de le minimiser. Mais l'Iran instrumentalise le fait confessionnel sans en &#234;tre prisonnier. Ses alli&#233;s houthistes sont zaydites, branche du chiisme que les duod&#233;cimains de Qom, majoritaires en Iran, en Irak, au Liban, &#224; Bahre&#239;n et dans la province orientale saoudienne, ont longtemps tenue pour h&#233;t&#233;rodoxe. Il a financ&#233; le Hamas, mouvement sunnite. Il a frapp&#233; le Qatar, seule monarchie du Golfe &#224; lui avoir gard&#233; vingt ans d'amiti&#233; sinc&#232;re, parce que le Qatar abrite une base am&#233;ricaine. La R&#233;publique islamique n'a pas d'amis confessionnels, elle a des instruments et des cibles. La cl&#233; de lecture est &#233;tatique, pas th&#233;ologique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le danger est que les &#201;tats sunnites attaqu&#233;s tombent dans le pi&#232;ge qu'on leur tend. Si Riyad se pose en champion du sunnisme contre l'h&#233;r&#233;sie, les chiites de sa province orientale, de Bahre&#239;n et du Kowe&#239;t, citoyens loyaux pour l'immense majorit&#233;, deviennent suspects dans leur propre pays, et l'Iran gagne &#224; l'int&#233;rieur ce qu'il n'obtient pas de l'ext&#233;rieur. Le prince h&#233;ritier MBS, qui a b&#226;ti son projet sur la sortie du religieux, redeviendrait le gardien d'une orthodoxie militante, ce qui ruinerait la Vision 2030 plus s&#251;rement que dix frappes sur Abqaiq. Dans une guerre d'&#201;tats, l'Iran est seul, ruin&#233;, bloqu&#233; ; dans une guerre de religion, il devient le protecteur de deux cents millions de chiites et l'attaqu&#233; de l'histoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Irak m&#233;rite ici une attention particuli&#232;re, les deux confessions y cohabitent en nombre, l'&#201;tat et les milices s'y disputent le monopole de la force, et c'est de l&#224; que partent les drones qui frappent M&#233;dine. Trait&#233; en ennemi, il devient une province iranienne ; trait&#233; en partenaire contrari&#233;, il devient le th&#233;&#226;tre o&#249; l'Iran perd. Cette diff&#233;rence se joue &#224; Riyad autant qu'&#224; Bagdad, et elle commande de parler au gouvernement irakien avec la fermet&#233; due &#224; un &#201;tat et la patience due &#224; un partenaire fragile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Islamabad et Ankara, l'assurance contre le mauvais sinistre&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Arabie saoudite a cherch&#233; sa s&#233;curit&#233; dans le monde musulman. Le pacte de d&#233;fense mutuelle sign&#233; avec le Pakistan en septembre 2025 a &#233;t&#233; invoqu&#233; d&#232;s le 6 mars, quand les missiles iraniens ont touch&#233; Riyad, puis &#233;largi &#224; la Turquie le 7 ao&#251;t par l'accord de La Mecque, dont l'article central reprend la clause de l'Otan qui stipule qu'une attaque contre l'un vaut attaque contre tous. Le bilan tient en deux phrases. Le 10 septembre, Islamabad d&#233;clarait qu'aucune r&#233;ponse militaire imm&#233;diate n'&#233;tait envisag&#233;e ; Ankara avait pr&#233;cis&#233;, d&#232;s le lendemain de la signature, que le pacte ne visait ni l'Iran ni aucun autre pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est que le pacte de La Mecque assure contre l'invasion par un &#201;tat. Redoutable face &#224; une colonne blind&#233;e franchissant une fronti&#232;re, il dissuade r&#233;ellement une agression iranienne directe. Mais nul ne menace d'envahir le Hijaz ; on menace de le frapper depuis le Y&#233;men et l'Irak avec des engins &#224; trois mille dollars pi&#232;ce. Le royaume a souscrit une police contre l'incendie pour se prot&#233;ger d'une inondation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les garants, du reste, ont leurs propres raisons de rester prudents. Le Pakistan partage 900 kilom&#232;tres de fronti&#232;re avec l'Iran, abrite une forte minorit&#233; chiite, affronte une insurrection baloutche que T&#233;h&#233;ran peut attiser, et surtout joue les m&#233;diateurs entre Washington et T&#233;h&#233;ran : on ne peut &#234;tre &#224; la fois l'arbitre et le garde du corps d'un des joueurs. La Turquie est membre de l'Otan, commerce avec l'Iran, poursuit en Syrie et en Libye ses int&#233;r&#234;ts propres, et son pr&#233;sident a fait de l'&#233;quilibre entre tous les acteurs une m&#233;thode de gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Isra&#235;l, l'alli&#233; que l'on ne peut nommer&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Isra&#235;l conna&#238;t les sites de lancement des houthis, leurs d&#233;p&#244;ts d'armes et leurs cha&#238;nes d'approvisionnement ; il dispose d'une aviation &#224; long rayon d'action, d'une d&#233;fense antimissile &#233;prouv&#233;e par des milliers d'interceptions et d'un renseignement efficace. Tout plaide pour une alliance, sauf la politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le moment est pourtant paradoxal, jamais l'int&#233;r&#234;t strat&#233;gique des pays sunnites n'a autant converg&#233; avec celui d'Isra&#235;l. Apr&#232;s le g&#233;nocide &#224; Gaza et l'extension des op&#233;rations isra&#233;liennes au Liban et en Syrie, les strat&#232;ges de Riyad tiennent l'Iran et Isra&#235;l pour deux puissances r&#233;visionnistes dont le conflit d&#233;stabilise un Golfe qui n'y a pas pris part. MBS a r&#233;p&#233;t&#233; en Am&#233;rique qu'il souhaitait rejoindre les accords d'Abraham, &#224; condition d'un chemin irr&#233;versible vers un &#201;tat palestinien ; Washington a r&#233;pondu, le 23 juillet, en subordonnant l'accord nucl&#233;aire am&#233;ricano-saoudien &#224; cette adh&#233;sion. Le pont est tendu des deux c&#244;t&#233;s, et personne ne l'emprunte.&lt;br class='autobr' /&gt;
La trajectoire praticable ne commence pas par la normalisation. Elle passe par une coalition de n&#233;cessit&#233; &#224; trois &#233;tages, dont chacun se suffit et pr&#233;pare le suivant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier est technique - int&#233;gration des d&#233;fenses a&#233;riennes via le commandement central am&#233;ricain, qui couvre d&#233;j&#224; les deux pays ; partage du renseignement sur les trajectoires, les rampes et les transferts maritimes iraniens vers le Y&#233;men ; fourniture de syst&#232;mes anti-drones isra&#233;liens par interm&#233;diaires. Rien de cela n'exige une ambassade.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le deuxi&#232;me est op&#233;rationnel - une division du travail o&#249; Isra&#235;l frappe les capacit&#233;s houthistes et la logistique iranienne en mer Rouge pour ses propres motifs, Eilat et sa navigation &#233;tant menac&#233;es, tandis que le royaume conduit avec ses alli&#233;s locaux la reconqu&#234;te de la c&#244;te y&#233;m&#233;nite. Nul besoin de reconna&#238;tre la coordination pour qu'elle existe. Isra&#235;l y gagne un th&#233;&#226;tre o&#249; l'Iran s'&#233;puise, Riyad un bras arm&#233; qu'il ne peut se donner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le troisi&#232;me est politique et public. Un monde sunnite et Isra&#235;l combattant c&#244;te &#224; c&#244;te pendant que la Knesset l&#233;gif&#232;re sur l'annexion de la Cisjordanie offrirait &#224; T&#233;h&#233;ran la victoire qu'il cherche. La cl&#233; reste l'initiative de paix arabe de 2002, reconnaissance pleine contre &#201;tat palestinien, texte que Riyad a &#233;crit et peut ressortir du tiroir. Le prix pour Isra&#235;l est un calendrier contraignant vers la souverainet&#233; palestinienne, le gel de l'annexion, le retrait des territoires saisis au Liban et en Syrie. En &#233;change, ce qu'aucune victoire militaire ne lui donnera, l'int&#233;gration dans une architecture de s&#233;curit&#233; r&#233;gionale dont l'Iran serait exclu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Isra&#235;l doit comprendre que cette concession n'est pas un cadeau fait &#224; Riyad, mais une protection pour lui-m&#234;me. Si l'Arabie saoudite finit par c&#233;der au si&#232;ge, l'Iran obtient un Golfe neutralis&#233;, sans bases am&#233;ricaines ni coalition, et retrouve des ressources, des routes et des mains libres pour reporter tout son effort sur le front isra&#233;lien.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Arabie saoudite qui tient est le premier rempart d'Isra&#235;l ; l'Arabie saoudite qui plie en serait la premi&#232;re br&#232;che. Riyad doit comprendre que la hi&#233;rarchie de ses p&#233;rils a chang&#233;, ce qui tue aujourd'hui des Saoudiens dans les a&#233;roports ne vient pas de J&#233;rusalem. L'alli&#233; qu'on ne peut nommer est celui qu'il faudra, &#224; terme, pouvoir nommer, et c'est &#224; Isra&#235;l de rendre ce nom pronon&#231;able.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une strat&#233;gie d'&#201;tat en sept piliers&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;ponse saoudienne doit tenir en une doctrine lisible par ses alli&#233;s, ses adversaires et son peuple, elle doit refuser le duel sur le terrain choisi par l'Iran et d&#233;placer le combat l&#224; o&#249; le royaume peut gagner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nommer la menace : faire inscrire Ansar Allah et les milices du Hachd impliqu&#233;es sur les listes terroristes du Conseil de coop&#233;ration du Golfe (CCG), de la Ligue arabe et de l'Organisation de la conf&#233;rence islamique (OCI), en s'appuyant sur la r&#233;solution 2817 et sur les morts d'octobre. Porter au Conseil de s&#233;curit&#233; la responsabilit&#233; de l'&#201;tat fournisseur, non celle de ses sous-traitants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bab El-Mandeb avant Ormuz : Ormuz ne rouvrira que par un accord am&#233;ricano-iranien que Riyad ne contr&#244;le pas ; le centre de gravit&#233; de la guerre est P&#233;rim. L'&#238;le et Moka peuvent &#234;tre reprises par une op&#233;ration amphibie des forces du gouvernement y&#233;m&#233;nite, appuy&#233;es par l'alliance maritime fond&#233;e en juillet, par l'&#201;gypte dont le canal est en jeu, et par les frappes isra&#233;liennes sur les capacit&#233;s houthistes. C'est rouvrir la veine occidentale et briser la sym&#233;trie des d&#233;troits sur laquelle repose tout le calcul de T&#233;h&#233;ran.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;conomie de l'interception : abattre un drone &#224; trois mille dollars avec un missile &#224; trois millions est une d&#233;faite comptable que l'adversaire a comprise. Il faut une d&#233;fense &#224; couches, radars &#224; basse altitude, brouillage, canons, intercepteurs bon march&#233;, en s'appuyant sur l'industrie turque et l'exp&#233;rience pakistanaise, les deux alli&#233;s devenant fournisseurs plut&#244;t que garants. A&#233;roports et terminaux exigent une protection d&#233;di&#233;e, car c'est l&#224; qu'on frappe d&#233;sormais.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Irak, endiguer sans rompre : soutenir Bagdad dans sa reprise en main des milices, conditionner les investissements saoudiens au d&#233;mant&#232;lement des capacit&#233;s de lancement, obtenir des observateurs sur les sites saisis, et ne jamais frapper l'Irak sans l'accord de l'Irak. L'objectif est un &#201;tat assez fort pour qu'on lui demande des comptes, non une province iranienne qu'on ne peut que bombarder.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps est contre T&#233;h&#233;ran : l'horloge joue pour le royaume s'il tient, la ligne de vie p&#233;troli&#232;re iranienne se tarit vers la mi-d&#233;cembre en raison du blocus am&#233;ricain, selon les analystes. L'Iran n'aura donc plus les moyens financiers pour armer ses proxys, il doit savoir que sa reconstruction d&#233;pendra des capitaux de ceux qu'il bombarde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Isra&#235;l, la coalition par &#233;tages : int&#233;gration technique imm&#233;diate, coordination op&#233;rationnelle, alliance publique contre un calendrier palestinien contraignant. La s&#233;quence donne aussi au royaume son levier sur Washington, puisque le pr&#233;sident am&#233;ricain a lui-m&#234;me li&#233; accord nucl&#233;aire et normalisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pacte int&#233;rieur &#8211; : refuser toute lecture confessionnelle du conflit, prot&#233;ger les citoyens chiites comme des citoyens, poursuivre l'ouverture de la soci&#233;t&#233;. La Vision 2030 doit rester la r&#233;ponse &#224; T&#233;h&#233;ran, pas sa victime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces sept piliers forment une strat&#233;gie asym&#233;trique. L&#224; o&#249; l'Iran frappe des installations, le royaume reprend un d&#233;troit ; o&#249; il instrumentalise une confession, le royaume mobilise des &#201;tats ; o&#249; il mise sur le temps court, le royaume parie sur le temps long. Et l&#224; o&#249; l'Iran compte sur la solitude saoudienne, le royaume b&#226;tit une coalition dont la pi&#232;ce d&#233;cisive, par un paradoxe que l'histoire affectionne, est l'&#201;tat que la rue arabe tient encore pour l'ennemi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, les empires meurent rarement de leurs ennemis, ils meurent de la r&#233;ponse qu'ils leur donnent. L'Arabie saoudite affronte aujourd'hui un si&#232;ge con&#231;u par un adversaire plus pauvre, plus isol&#233; et plus d&#233;sesp&#233;r&#233; qu'elle, mais qui a l'avantage de la coh&#233;rence. T&#233;h&#233;ran sait ce qu'il veut, un Golfe neutralis&#233;, et il a choisi ses instruments en cons&#233;quence. Riyad doit opposer &#224; cette coh&#233;rence une coh&#233;rence sup&#233;rieure. Cela suppose de renoncer &#224; trois illusions. L'illusion que la protection am&#233;ricaine suffira, alors que Washington n&#233;gocie par-dessus la t&#234;te du Golfe y compris avec les houthis. L'illusion que la solidarit&#233; musulmane se changera en divisions blind&#233;es, alors que le pacte de la Mecque ne vaut que par ses fournitures. L'illusion qu'on peut tenir Isra&#235;l &#224; distance en attendant un monde meilleur, alors que le seul alli&#233; capable de frapper l'arsenal houthiste attend lui aussi qu'on lui dise le prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Ould Amar Yahya,&lt;/strong&gt; &#233;conomiste, banquier, financier, ancien administrateur et directeur g&#233;n&#233;ral de la BCIMR/BRED, Djibouti&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Article publi&#233; dans &lt;a href=&#034;https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/14/le-siege-de-larabie-saoudite-liran-etrangle-le-monde-pour-regner-sur-le-golfe/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Kapitalis&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, le 14 octobre 2026.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; la demande en 2015 du gouvernement y&#233;m&#233;nite reconnu, en application de la r&#233;solution 2216 du Conseil de s&#233;curit&#233; imposant un embargo sur les armes &#224; destination des houthis et autorisant l'inspection des cargaisons.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Djibouti &#224; la crois&#233;e des p&#233;rils : le risque d'un embrasement r&#233;gional</title>
		<link>https://www.human-village.org/spip.php?article2080</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.human-village.org/spip.php?article2080</guid>
		<dc:date>2026-10-13T19:55:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Omar Mohamed Elmi</dc:creator>


		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Djibouti est confront&#233; &#224; deux crises simultan&#233;es : sa position g&#233;ographique, longtemps son principal atout &#233;conomique, constitue d&#233;sormais une source de vuln&#233;rabilit&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;Tribunes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_10-corne-a6310.jpg?1791921384' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que les forces houthies font peser un risque sur la circulation maritime dans le d&#233;troit strat&#233;gique de Bab El-Mandeb et que la reprise des hostilit&#233;s en &#201;thiopie suscite la crainte d'un conflit plus large impliquant l'&#201;rythr&#233;e et d'autres puissances r&#233;gionales, Djibouti se trouve confront&#233; &#224; deux crises simultan&#233;es. Si sa position g&#233;ographique strat&#233;gique a longtemps &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme son principal atout &#233;conomique, elle constitue d&#233;sormais une source majeure de vuln&#233;rabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Corne de l'Afrique &#224; un carrefour p&#233;rilleux&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La Corne de l'Afrique entre dans une nouvelle phase d'instabilit&#233; dangereuse. La reprise des combats dans le nord de l'&#201;thiopie, la d&#233;t&#233;rioration des relations entre Addis-Abeba et Asmara et l'escalade militaire le long de la c&#244;te occidentale du Y&#233;men contribuent &#224; cr&#233;er un environnement r&#233;gional de plus en plus volatile. Pour Djibouti, les risques sont doubles. &#192; l'ouest, le conflit menace l'&#201;thiopie, son principal partenaire &#233;conomique. &#192; l'est, les capacit&#233;s militaires des houthis et les affrontements autour de Bab El-Mandeb mettent en danger la navigation internationale, les activit&#233;s portuaires et, potentiellement, les installations militaires occidentales pr&#233;sentes sur le territoire djiboutien. Plus pr&#233;occupant encore, la crise int&#233;rieure &#233;thiopienne s'imbrique d&#233;sormais dans des rivalit&#233;s g&#233;opolitiques plus larges impliquant l'&#201;gypte, l'&#201;rythr&#233;e, le Soudan et la Somalie. Un conflit int&#233;rieur pourrait ainsi d&#233;g&#233;n&#233;rer en confrontation r&#233;gionale, dont Djibouti subirait de lourdes cons&#233;quences sans y &#234;tre directement impliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#201;thiopie : d'un conflit int&#233;rieur &#224; une confrontation r&#233;gionale&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La reprise des hostilit&#233;s dans le nord de l'&#201;thiopie menace les acquis de l'accord de paix de Pretoria de novembre 2022, qui avait mis fin &#224; deux ann&#233;es d'une guerre civile d&#233;vastatrice au Tigr&#233;. Les forces f&#233;d&#233;rales affrontent des groupes arm&#233;s tigr&#233;ens et d'autres formations insurg&#233;es, tandis que les violences touchent plusieurs zones du Tigr&#233;, de l'Amhara et de l'Afar. Malgr&#233; les gains territoriaux annonc&#233;s par Addis-Abeba, la situation demeure instable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les relations avec l'&#201;rythr&#233;e se sont consid&#233;rablement d&#233;t&#233;rior&#233;es. Le 9 octobre, l'&#201;thiopie a accus&#233; Asmara devant le Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations unies d'avoir viol&#233; son territoire et de soutenir des groupes arm&#233;s. L'&#201;rythr&#233;e conteste ces accusations, dont certains aspects restent difficiles &#224; v&#233;rifier de mani&#232;re ind&#233;pendante. Au c&#339;ur de ces tensions se trouve &#233;galement la question sensible de l'acc&#232;s de l'&#201;thiopie &#224; la mer Rouge. Si la recherche de d&#233;bouch&#233;s maritimes fiables constitue un objectif &#233;conomique compr&#233;hensible pour ce pays enclav&#233;, toute tentative de modification des fronti&#232;res internationales par la force menacerait la stabilit&#233; r&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#201;gypte, le Soudan et la Somalie : l'&#233;mergence de nouveaux alignements r&#233;gionaux&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le risque d'une confrontation &#233;largie s'accentue &#224; mesure que plusieurs &#201;tats renforcent leur coordination diplomatique, sur fond d'inqui&#233;tudes concernant les ambitions r&#233;gionales de l'&#201;thiopie. L'&#201;gypte entretient depuis longtemps un diff&#233;rend avec Addis-Abeba au sujet du Grand barrage de la Renaissance sur le Nil Bleu. Le Caire consid&#232;re la s&#233;curit&#233; de ses ressources en eau comme un int&#233;r&#234;t national vital et a renforc&#233; ses relations avec l'&#201;rythr&#233;e et la Somalie. Le Soudan partage certaines de ces pr&#233;occupations, auxquelles s'ajoutent des diff&#233;rends territoriaux non r&#233;solus dans la r&#233;gion agricole fertile d'Al-Fashaga au croisement de l'Amhara &#233;thiopien et de Gedaref au Soudan et des d&#233;saccords sur la gestion des eaux du Nil. Toutefois, la guerre civile qui ravage actuellement le pays limite consid&#233;rablement sa capacit&#233; &#224; s'engager militairement &#224; l'ext&#233;rieur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rapprochement diplomatique entre ces pays, auquel participe &#233;galement la Somalie, illustre la recomposition des rapports de force dans la Corne de l'Afrique. Les tensions entre Mogadiscio et Addis-Abeba au sujet du Somaliland et de l'acc&#232;s &#224; la mer ajoutent une dimension suppl&#233;mentaire &#224; ces rivalit&#233;s. Le plus grand danger r&#233;side dans la possibilit&#233; que ces rivalit&#233;s diplomatiques se transforment en engagements militaires, faisant ainsi d'un conflit int&#233;rieur &#233;thiopien une guerre r&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bab El-Mandeb : la menace houthi de l'autre c&#244;t&#233; du d&#233;troit&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
De l'autre c&#244;t&#233; de l'&#233;troit passage maritime s&#233;parant Djibouti du Y&#233;men, le conflit entre dans une nouvelle phase dangereuse. Les houthis, soutenus par l'Iran, disposent de missiles, de drones arm&#233;s et de capacit&#233;s de guerre maritime leur permettant de menacer les navires commerciaux et les installations militaires bien au-del&#224; des c&#244;tes y&#233;m&#233;nites. Les combats pour le contr&#244;le de positions strat&#233;giques le long de la c&#244;te occidentale du Y&#233;men, notamment autour de Mocka, de Dhubab et de l'&#238;le de Mayyun, soulignent l'importance militaire croissante de Bab El-Mandeb. Toutefois, les revendications territoriales des forces oppos&#233;es doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;es avec prudence tant qu'elles n'ont pas &#233;t&#233; v&#233;rifi&#233;es de mani&#232;re ind&#233;pendante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les houthis affrontent les forces fid&#232;les au gouvernement y&#233;m&#233;nite internationalement reconnu ainsi que diverses formations arm&#233;es soutenues par l'Arabie saoudite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Djibouti, la menace d&#233;passe le risque d'une attaque directe. Les perturbations du trafic maritime, l'augmentation des primes d'assurance et la hausse des co&#251;ts de transport pourraient fragiliser les activit&#233;s portuaires et les cha&#238;nes d'approvisionnement r&#233;gionales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les bases militaires &#233;trang&#232;res : une arme &#224; double tranchant&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti accueille des installations militaires am&#233;ricaines, fran&#231;aises, chinoises, japonaises et italiennes. Cette concentration exceptionnelle procure au pays des avantages &#233;conomiques, un poids diplomatique accru et des possibilit&#233;s de coop&#233;ration s&#233;curitaire. Le Camp Lemonnier constitue la principale base militaire permanente des &#201;tats-Unis en Afrique. La France maintient une pr&#233;sence militaire de longue date, tandis que la Chine exploite &#224; Djibouti sa premi&#232;re base militaire de soutien &#224; l'&#233;tranger. Cependant, une escalade en mer Rouge pourrait exposer ces installations &#224; des menaces indirectes ou &#224; des incidents militaires. Bien qu'aucun &#233;l&#233;ment concret ne permette d'affirmer qu'une attaque houthi contre Djibouti soit imminente, les capacit&#233;s de frappe &#224; longue port&#233;e de ce mouvement justifient une vigilance accrue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;fi pour Djibouti consiste &#224; pr&#233;server les avantages de ces partenariats tout en veillant &#224; ce que son territoire ne devienne pas un champ de bataille entre puissances &#233;trang&#232;res rivales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une double menace pour l'&#233;conomie djiboutienne&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;conomie djiboutienne d&#233;pend fortement des activit&#233;s portuaires, des transports et des services logistiques li&#233;s au commerce international &#233;thiopien. Une interruption prolong&#233;e des routes ou de la ligne ferroviaire reliant Addis-Abeba aux ports de Djibouti aurait des r&#233;percussions directes sur les recettes commerciales, l'emploi et les finances publiques. Parall&#232;lement, une ins&#233;curit&#233; persistante autour de Bab El-Mandeb pourrait entra&#238;ner une hausse des co&#251;ts du fret, des primes d'assurance maritime et des prix des importations. Djibouti pourrait ainsi subir simultan&#233;ment une diminution de ses revenus logistiques et une augmentation des prix des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;. Sa d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de l'&#201;thiopie pour une part importante de ses importations d'&#233;lectricit&#233; et d'eau, ainsi que pour son approvisionnement en produits agricoles, ajoute une dimension suppl&#233;mentaire &#224; sa vuln&#233;rabilit&#233; &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le risque d'une aggravation de la crise humanitaire&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; des menaces militaires et &#233;conomiques, Djibouti pourrait &#234;tre confront&#233; &#224; une nouvelle urgence humanitaire. Le pays accueille d&#233;j&#224; des milliers de r&#233;fugi&#233;s et de demandeurs d'asile de diff&#233;rentes nationalit&#233;s, notamment des personnes ayant fui les conflits en Somalie, en &#201;thiopie et au Y&#233;men. Depuis 2015, des familles y&#233;m&#233;nites ont trouv&#233; refuge &#224; Djibouti, particuli&#232;rement dans le camp de r&#233;fugi&#233;s de Markazi, pr&#232;s d'Obock, de l'autre c&#244;t&#233; du d&#233;troit de Bab el-Mandeb.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les cons&#233;quences humanitaires de la reprise des combats au Y&#233;men sont d&#233;j&#224; perceptibles. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s (HCR), environ 2 935 personnes seraient arriv&#233;es &#224; Djibouti en provenance du Y&#233;men les huit jours pr&#233;c&#233;dant le 17 septembre 2026, dont pr&#232;s de 60 % de femmes et d'enfants. L'agence a averti que la poursuite de ces arriv&#233;es pourrait exercer une pression croissante sur les structures d'accueil &#224; Djibouti.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une nouvelle intensification des combats le long de la c&#244;te occidentale du Y&#233;men pourrait provoquer d'autres travers&#233;es vers Djibouti. Simultan&#233;ment, une extension des hostilit&#233;s dans le nord de l'&#201;thiopie, particuli&#232;rement dans la r&#233;gion voisine de l'Afar, pourrait contraindre davantage de personnes &#224; chercher refuge de l'autre c&#244;t&#233; de la fronti&#232;re occidentale djiboutienne. Cette convergence exercerait une pression consid&#233;rable sur un pays d&#233;j&#224; confront&#233; &#224; des ressources en eau limit&#233;es, &#224; des infrastructures sanitaires insuffisantes et &#224; d'importantes contraintes budg&#233;taires.&lt;br class='autobr' /&gt;
La perspective d'une crise humanitaire sur deux fronts rend indispensable un renforcement de l'aide internationale, notamment de la part du HCR, de l'Union europ&#233;enne et des partenaires au d&#233;veloppement de Djibouti, tels que les &#201;tats-Unis et le Japon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti pourrait ainsi devenir non seulement une victime &#233;conomique et s&#233;curitaire de deux guerres voisines, mais &#233;galement un territoire d'accueil essentiel pour les populations d&#233;plac&#233;es par ces deux conflits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Washington, Bruxelles et les Nations unies appellent &#224; la retenue&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; l'intensification de la crise, les &#201;tats-Unis, l'Union europ&#233;enne et les Nations unies ont appel&#233; &#224; la retenue et &#224; une solution n&#233;goci&#233;e. Washington a exhort&#233; l'&#201;thiopie et l'&#201;rythr&#233;e &#224; respecter mutuellement leur souverainet&#233; et &#224; reprendre le dialogue. Bruxelles a demand&#233; une d&#233;sescalade imm&#233;diate et un engagement renouvel&#233; en faveur de l'accord de Pretoria. Les Nations unies ont insist&#233; sur la protection des populations civiles, la non-ing&#233;rence et le r&#232;glement pacifique des diff&#233;rends. L'Union africaine a &#233;galement apport&#233; son soutien au dialogue et au respect de l'int&#233;grit&#233; territoriale des &#201;tats de la r&#233;gion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces appels traduisent une pr&#233;occupation commune : l'&#233;largissement des rivalit&#233;s militaires pourrait entra&#238;ner une instabilit&#233; prolong&#233;e dans l'ensemble de la Corne de l'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion : Djibouti doit &#233;viter une guerre r&#233;gionale&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti se trouve aujourd'hui confront&#233; &#224; un environnement strat&#233;gique exceptionnellement difficile.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'ouest, la reprise du conflit en &#201;thiopie menace son principal partenaire &#233;conomique et risque d'entra&#238;ner l'&#201;rythr&#233;e ainsi que d'autres puissances r&#233;gionales dans une confrontation plus large. &#192; l'est, la militarisation de Bab El-Mandeb menace la s&#233;curit&#233; maritime et les fondements commerciaux de son &#233;conomie.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; ces dangers s'ajoute le risque d'une aggravation de la crise humanitaire, avec de nouveaux d&#233;placements de populations en provenance du Y&#233;men et de l'&#201;thiopie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti doit donc renforcer sa diplomatie pr&#233;ventive, soutenir les efforts de m&#233;diation r&#233;gionaux et internationaux, prot&#233;ger ses infrastructures strat&#233;giques et pr&#233;parer ses services publics &#224; d'&#233;ventuelles urgences humanitaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
La diversification &#233;conomique et &#233;nerg&#233;tique, la s&#233;curisation des corridors commerciaux et la pr&#233;servation de la souverainet&#233; nationale doivent &#233;galement devenir des priorit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;finitive, la s&#233;curit&#233; de Djibouti ne d&#233;pend pas seulement de la pr&#233;sence de bases militaires &#233;trang&#232;res ou de la modernit&#233; de ses ports, mais aussi de la paix en &#201;thiopie, de la stabilit&#233; de l'ensemble de la Corne de l'Afrique et de la libert&#233; de navigation en mer Rouge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pris entre le marteau &#233;thiopien et l'enclume de Bab El-Mandeb, Djibouti ne peut se permettre de devenir la victime collat&#233;rale de guerres qu'il n'a ni provoqu&#233;es ni les moyens de ma&#238;triser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Omar Mohamed Elmi,&lt;/strong&gt; &#233;conomiste &lt;/i&gt;&#8232;&lt;br class='autobr' /&gt;
10 octobre 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sources &lt;br class='autobr' /&gt;
1. Anadolu Agency, 7 octobre 2026. Pourquoi la reprise des combats au Tigr&#233; fait craindre une nouvelle guerre en &#201;thiopie.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Reuters, 9 octobre 2026. L'&#201;thiopie affirme devoir se d&#233;fendre contre une &#171; invasion g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#187; de l'&#201;rythr&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Pr&#233;sidence de la R&#233;publique arabe d'&#201;gypte, 4 octobre 2026. D&#233;claration conjointe d'El-Alamein &#8212; Sommet consultatif quadripartite entre l'&#201;gypte, le Soudan, l'&#201;rythr&#233;e et la Somalie.&lt;br class='autobr' /&gt; 4.	Al Jazeera Centre for Studies, 15 septembre 2026. Expansion et vuln&#233;rabilit&#233; : le paradoxe du contr&#244;le houthi de Bab el-Mandeb.&lt;br class='autobr' /&gt; 5.	Reuters, 5 octobre 2026. Les forces gouvernementales y&#233;m&#233;nites reprennent une position strat&#233;gique du d&#233;troit aux Houthi.&lt;br class='autobr' /&gt; 6.	D&#233;partement d'&#201;tat am&#233;ricain, 3 octobre 2026. D&#233;claration des &#201;tats-Unis sur l'aggravation des tensions entre l'&#201;thiopie et l'&#201;rythr&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; 7.	Service europ&#233;en pour l'action ext&#233;rieure, 5 octobre 2026. D&#233;claration de la haute repr&#233;sentante au nom de l'Union europ&#233;enne sur l'escalade du conflit en &#201;thiopie et ses cons&#233;quences r&#233;gionales.&lt;br class='autobr' /&gt; 8.	Nations unies, 10 octobre 2026. D&#233;claration du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des Nations unies sur la situation en &#201;thiopie.&lt;br class='autobr' /&gt; 9.	Commission de l'Union africaine, 23 septembre 2026. Appel du pr&#233;sident de la Commission &#224; la plus grande retenue et &#224; une d&#233;sescalade imm&#233;diate dans le nord de l'&#201;thiopie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le financement incertain des &#233;conomies du Sud &#224; l'heure de l'IA</title>
		<link>https://www.human-village.org/spip.php?article2079</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.human-village.org/spip.php?article2079</guid>
		<dc:date>2026-10-10T07:53:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ould Amar Yahya</dc:creator>


		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les g&#233;ants de l'IA ass&#232;chent les march&#233;s financiers. Le Sud doit trouver d'autres logiques de financement.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_10-financement-03ef4.jpg?1791618911' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les g&#233;ants de l'intelligence artificielle empruntent sans regarder le prix, le rendement de la dette du Tr&#233;sor am&#233;ricain &#224; cinq ans a d&#233;pass&#233; 5 % et l'aide publique au d&#233;veloppement recule comme jamais. Le Sud d&#233;couvre que l'argent du monde a trouv&#233; preneur mieux not&#233; et plus attractif, que les r&#233;serves de ses banques centrales financent la course dont il est exclu, et que l'avenir de son financement ne s'&#233;crira plus &#224; New York. Il s'&#233;crira chez lui, ou il ne s'&#233;crira pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5050 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.human-village.org/IMG/jpg/58-financement.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L500xH263/58-financement-3d481.jpg?1791618911' width='500' height='263' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une r&#232;gle gouverne les march&#233;s depuis qu'ils existent, et on l'enseigne encore dans les universit&#233;s. Quand le prix de l'argent monte, les emprunteurs se retirent, la demande de cr&#233;dit faiblit et le prix finit par redescendre. Cette r&#232;gle vient de mourir sous les coups d'emprunteurs d'un genre nouveau, dont le calcul ne porte pas sur le co&#251;t du capital mais sur la survie de leur empire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les neuf premiers &lt;i&gt;hyperscalers&lt;/i&gt; &#8211; ces g&#233;ants du num&#233;rique qui poss&#232;dent et b&#226;tissent les centres de donn&#233;es de la plan&#232;te &#8211; engageront pr&#232;s de 830 milliards de dollars d'investissements en 2026, soit une hausse d'environ 80 % en un an. Microsoft annonce 190 milliards, Google entre 180 et 190, Amazon au-del&#224; de 230, Meta entre 125 et 145. Les agences de notation projettent d&#233;j&#224; 1000 milliards par an &#224; l'horizon 2027. Aucune industrie, &#224; aucune &#233;poque de l'histoire, n'a mobilis&#233; un tel volume de capital en si peu de temps pour un chiffre d'affaires encore &#224; venir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet effort ne se finance plus par l'&#233;mission d'actions, car les fondateurs ne partagent pas leur pouvoir. Il se finance par la dette. En sept mois, cinq groupes ont absorb&#233; plus de deux fois l'encours total des eurobonds souverains africains, qui s'&#233;l&#232;ve &#224; 115 milliards pour 21 pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour un emprunteur engag&#233; dans une course o&#249; le second n'existe pas, payer l'argent 5 % ou 10 % revient au m&#234;me. Cinq points de plus sur 200 milliards repr&#233;sentent 10 milliards par an, soit une fraction de la tr&#233;sorerie trimestrielle de chacun de ces groupes. La seule perte qu'ils redoutent se mesure en rang, &#224; la survie de leur empire, pas en points de base. Face &#224; un acheteur insensible au prix, le m&#233;canisme d'ench&#232;res qui r&#233;partissait l'&#233;pargne mondiale ne r&#233;partit plus rien. Il adjuge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rendement du bon du Tr&#233;sor am&#233;ricain &#224; 5 ans a d&#233;pass&#233; 5 % un niveau inconnu depuis vingt ans. On y lit une inflation qui r&#233;siste, une offre massive de titres publics, un p&#233;trole au-del&#224; de 100 dollars et, pour une part d&#233;sormais explicite, la demande de capital n&#233;e de la course &#224; l'IA. Ce rendement sert de plancher &#224; tous les taux de la plan&#232;te, puisque nul ne pr&#234;te &#224; Nairobi ou &#224; Bogota moins cher qu'il ne pr&#234;te sans risque &#224; Washington, et que tout emprunt en dollars s'&#233;value comme ce rendement augment&#233; d'une prime. Lorsqu'il monte d'un point, il soul&#232;ve d'un point le co&#251;t de la dette de Colombo ou de Bogota, avant m&#234;me que leur propre risque soit tarif&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les eurobonds &#233;mis par les pays &#233;mergents, sign&#233;s entre 2017 et 2021 &#224; 5 ou 6 % arrivent &#224; &#233;ch&#233;ance et se refinanceront &#224; 9, 10 ou 11 %. Quatre points de plus sur un milliard refinanc&#233;, ce sont 40 millions de dollars par an pr&#233;lev&#233;s sur des budgets o&#249; 40 millions construisent des &#233;coles ou des dispensaires. L'Afrique affrontera cette ann&#233;e un besoin de financement non couvert de pr&#232;s de 100 milliards de dollars.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un pays du Sud qui doit refinancer sa dette entre 2026 et 2028 ne se pr&#233;sente pas devant un march&#233; tendu, qui finit toujours par se d&#233;tendre. Il se pr&#233;sente devant un march&#233; occup&#233;, qui ne lib&#232;re rien tant que l'occupant n'a pas achev&#233; la construction de ses infrastructures. La diff&#233;rence entre les deux fait toute la diff&#233;rence entre une crise et un changement d'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mur, la facture et le retrait de l'aide&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette occupation du march&#233; survient au moment o&#249; les trois piliers de l'ancien financement du d&#233;veloppement c&#232;dent ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier pilier, la dette ext&#233;rieure, s'est transform&#233; en pompe aspirante. Le rapport que la Cnuced a publi&#233; le 7 octobre 2026 indique que les pays en d&#233;veloppement ont pay&#233; 995 milliards de dollars d'int&#233;r&#234;ts nets sur leur dette publique en 2025, pr&#232;s du triple de 2010. L'&#201;tat m&#233;dian y consacre 8,1 % de ses recettes, deux fois plus qu'il y a quinze ans. Cinquante-et-un pays, o&#249; vivent 3,7 milliards d'&#234;tres humains, d&#233;pensent davantage pour servir leurs int&#233;r&#234;ts que pour la sant&#233; ou l'&#233;ducation. S'ils empruntaient aux conditions des &#233;conomies avanc&#233;es, ils &#233;conomiseraient 500 milliards de dollars par an, davantage que toute l'aide publique au d&#233;veloppement jamais vers&#233;e en une ann&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le deuxi&#232;me pilier, l'aide publique, se retire. L'aide au d&#233;veloppement des pays de l'OCDE a chut&#233; de 23,3 % en termes r&#233;els en 2025, apr&#232;s un recul de 8,5 % en 2024, une contraction sans pr&#233;c&#233;dent. L'OCDE projette une nouvelle baisse de 6,9 % en 2026, de 11,6 % pour l'aide bilat&#233;rale &#224; l'Afrique subsaharienne et de 10,9 % pour celle aux pays les moins avanc&#233;s. En trois ans, l'aide mondiale aura perdu plus d'un tiers de sa valeur r&#233;elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le troisi&#232;me pilier, la promesse climatique, n'a jamais &#233;t&#233; construit. Le Programme des Nations unies pour l'environnement chiffre les besoins d'adaptation des pays en d&#233;veloppement entre 310 et 365 milliards de dollars par an d'ici 2035 &#8211; une sous-estimation manifeste en comparaison avec d'autres sources scientifiques plus cr&#233;dibles. Les flux publics internationaux d'adaptation, selon l'OCDE, repr&#233;sentent un peu moins de 35 milliards en 2024. Les pays dont la responsabilit&#233; dans le r&#233;chauffement est infime doivent construire digues, r&#233;seaux et syst&#232;mes d'irrigation avec un argent qui n'arrive pas, pour survivre &#224; des catastrophes climatiques devenues r&#233;currentes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Sud doit donc emprunter davantage, pour rembourser plus cher, sur un march&#233; o&#249; le capital a d&#233;j&#224; trouv&#233; preneur, pendant que l'aide se retire et que le climat pr&#233;sente sa facture.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Federal Reserve (banque centrale am&#233;ricaine) combat une inflation qu'elle impute &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle alors qu'une part croissante vient d'une poign&#233;e de bilans. Chaque durcissement frappe la mauvaise cible. Il &#233;crase le logement et l'investissement des entreprises ordinaires sans retarder d'un seul serveur la construction des centres de donn&#233;es, puisque leurs promoteurs ne regardent pas le prix.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette erreur de vis&#233;e se propage aux banques centrales du Sud, contraintes de suivre pour d&#233;fendre leur monnaie, et qui &#233;tranglent leur propre &#233;conomie pour compenser une d&#233;pense dont elles ne tireront aucun b&#233;n&#233;fice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Solvabilit&#233; ou liquidit&#233;, le dilemme sans bon choix&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une banque centrale sait traiter une crise de liquidit&#233;. Elle pr&#234;te contre de bons actifs &#224; des institutions solides momentan&#233;ment priv&#233;es de tr&#233;sorerie. Elle ignore en revanche comment traiter une crise de solvabilit&#233;, o&#249; les actifs ne valent plus ce qu'ils ont co&#251;t&#233; et o&#249; aucune avance ne rendra au d&#233;biteur la richesse perdue. La bulle de l'IA pr&#233;pare une crise du second type. Des centres de donn&#233;es amortis sur quinze ou vingt ans abritent des processeurs d&#233;pass&#233;s en trois &#224; cinq ans. Des dettes &#224; trente ans reposent sur des revenus dont aucun compte de r&#233;sultat ne porte encore la trace &#224; la hauteur des sommes engag&#233;es. Tout cela ne manquera pas de liquidit&#233;. Tout cela manquera de valeur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#234;ter &#224; des insolvables prolonge l'agonie et transforme la banque centrale en caisse de garantie des mauvais paris. Refuser de pr&#234;ter pr&#233;cipite la chute et emporte les banques, d'abord celles qui ont financ&#233; la course au Nord, ensuite celles du Sud par contagion. Entre les deux, toute banque centrale &#233;mettrice de monnaie de r&#233;serve choisira la cr&#233;ation mon&#233;taire, c'est-&#224;-dire la conversion d'une perte priv&#233;e en imp&#244;t diffus sur tous les d&#233;tenteurs de la monnaie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dilemme se pose ensuite, en miroir et avec moins de moyens, aux banques centrales du Sud. Elles n'ont ni la monnaie de r&#233;serve ni la profondeur de march&#233; qui permettent d'absorber une crise de solvabilit&#233; par la planche &#224; billets. Fournir de la liquidit&#233; &#224; un syst&#232;me devenu insolvable revient &#224; financer la fuite des capitaux et &#224; d&#233;truire la monnaie. La refuser &#224; un syst&#232;me seulement illiquide revient &#224; provoquer la faillite que l'on voulait &#233;viter. La fronti&#232;re entre les deux diagnostics se r&#233;v&#232;le invisible dans l'instant, et l'erreur se paie en d&#233;valuation ou en ann&#233;es perdues. Le Sud n'a jamais eu le droit &#224; l'erreur que le Nord s'accorde depuis toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fin du refuge et le second pr&#233;l&#232;vement&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'ancien monde, la r&#233;cession am&#233;ricaine venait au secours des pays &#233;mergents. Les rendements chutaient, le dollar reculait, les capitaux repartaient vers le Sud en qu&#234;te de rendement meilleur. Cette respiration risque de ne plus venir. Les grandes &#233;conomies d&#233;velopp&#233;es creusent leurs d&#233;ficits au m&#234;me moment, le Japon et la Chine cessent d'absorber la dette am&#233;ricaine, et les taux longs peuvent rester &#233;lev&#233;s au c&#339;ur m&#234;me d'un ralentissement. Le Sud perd ainsi le seul m&#233;canisme automatique qui lui rendait, p&#233;riodiquement, l'acc&#232;s au capital.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque le pari de l'IA se d&#233;nouera, les pertes s'ajouteront &#224; celles, encore enfouies, du capital-investissement et du cr&#233;dit priv&#233; contract&#233;es au temps de l'argent quasi gratuit. Un probl&#232;me de solvabilit&#233; de cette ampleur se traite par une cr&#233;ation mon&#233;taire assum&#233;e et massive, dont la facture atterrit sur tous ceux qui d&#233;tiennent des dollars. Or les &#233;conomies &#233;mergentes et en d&#233;veloppement d&#233;tiennent plus de la moiti&#233; des quelque 13 000 milliards de dollars de r&#233;serves de change mondiales, dans leurs banques centrales, leurs fonds de stabilisation et les comptes de leurs exportateurs. Le Sud aura &#233;t&#233; &#233;vinc&#233; pendant la bulle et dilu&#233; pendant la purge. Deux fois pr&#233;lev&#233; dans une partie &#224; laquelle il n'a jamais jou&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les fonds souverains de Riyad, de Doha et d'Abou Dhabi, qui g&#232;rent ensemble plus de 4 000 milliards de dollars, se sont fait une place au c&#339;ur de la course. MGX, le v&#233;hicule d'Abou Dhabi, compte parmi les fondateurs du programme Stargate, chiffr&#233; &#224; 500 milliards de dollars d'infrastructures am&#233;ricaines. Le fonds saoudien, par sa filiale Humain, a investi trois milliards dans xAI.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;pargne du Sud nourrit la course qui exclut le Sud. Les capitaux de la p&#233;ninsule arabique financent, au Texas et dans l'Ohio, les centres de donn&#233;es, la raret&#233; qui frappe Le Caire ou Lima. Aucune conf&#233;rence sur le financement du d&#233;veloppement n'a jamais d&#233;plac&#233; des sommes comparables &#224; celles que le Sud d&#233;place lui-m&#234;me, chaque trimestre, en direction du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;conomie comme champ de bataille&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une vieille conviction gouverne les chancelleries depuis que les nations existent. Une &#233;conomie forte a besoin d'une arm&#233;e forte, et une arm&#233;e forte a besoin d'une &#233;conomie forte. Les deux se nourrissent jusqu'au jour o&#249; l'une faiblit. Ce jour venu, la peur s'installe, et la peur d'une grande puissance qui se sent d&#233;cliner constitue une menace sur la paix mondiale.&lt;br class='autobr' /&gt;
La course &#224; l'IA appartient autant au Pentagone qu'&#224; la Silicon Valley. Les centres de donn&#233;es que finance l'&#233;pargne du monde entier sont des arsenaux, et le cr&#233;dit qui s'y engouffre rel&#232;ve du budget de la d&#233;fense autant que de celui de l'innovation. Cela explique la passivit&#233; des autorit&#233;s mon&#233;taires devant la bulle de l'IA. On ne mod&#232;re pas un r&#233;armement. Une banque centrale qui rel&#232;verait ses taux jusqu'&#224; freiner la construction des centres de donn&#233;es serait accus&#233;e de livrer la sup&#233;riorit&#233; technologique &#224; l'adversaire, et aucune institution ne survit &#224; une telle accusation. La hi&#233;rarchie des urgences a &#233;t&#233; renvers&#233;e dans l'ombre. La stabilit&#233; financi&#232;re s'efface devant la s&#233;curit&#233; nationale, et le prix de l'argent devient une variable strat&#233;gique avant d'&#234;tre une variable &#233;conomique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Sud global se trouve &#224; l'autre bout de cette cha&#238;ne. Il finance, par les taux qu'il subit, une course aux armements num&#233;riques dont il ne poss&#232;de ni les laboratoires ni les arm&#233;es. Il en subira les retomb&#233;es lorsque la peur des puissances se traduira en sanctions, en contr&#244;les des exportations, en fragmentation des circuits de paiement et en guerres par procuration sur son propre sol.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Sahel, la Corne de l'Afrique et la mer Rouge savent d&#233;j&#224; ce que signifie devenir le terrain o&#249; de grandes puissances inqui&#232;tes r&#232;glent leurs comptes. Une &#233;conomie du Sud qui veut se prot&#233;ger doit comprendre que sa faiblesse financi&#232;re constitue d&#233;sormais une faiblesse militaire, et que sa souverainet&#233; mon&#233;taire rel&#232;ve de sa d&#233;fense.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il reste &#224; comprendre pourquoi cette bulle rencontre si peu de r&#233;sistance dans les opinions du Sud, alors m&#234;me qu'elle les appauvrit. Des d&#233;cennies de promesses non tenues, de budgets d&#233;tourn&#233;s, d'&#233;lections sans alternance et d'alternances sans changement ont vid&#233; la parole des dirigeants de toute cr&#233;dibilit&#233;. Lorsque l'on ne croit plus en ceux qui gouvernent, on se prend &#224; croire en ce qui pourrait gouverner &#224; leur place. L'IA recueille un espoir. On lui pr&#234;te la capacit&#233; de d&#233;tecter la fraude, de distribuer l'aide sans interm&#233;diaire, de rendre la justice sans client&#232;le. Une machine r&#233;put&#233;e sans app&#233;tit para&#238;t, aux peuples qui ont trop connu l'app&#233;tit des puissants, une promesse de probit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette foi m&#233;rite le respect, car elle na&#238;t d'une blessure r&#233;elle. Mais les syst&#232;mes que l'on esp&#232;re incorruptibles sont con&#231;us et d&#233;tenus par des groupes dont l'int&#233;r&#234;t diff&#232;re de celui des citoyens de Bangkok ou de Kinshasa. Ils absorbent les donn&#233;es du Sud, en restituent les d&#233;cisions et en conservent la valeur. Une gouvernance d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; des algorithmes financ&#233;s par la dette que nous payons ne corrige pas l'absence de confiance envers nos dirigeants. Elle la d&#233;place vers des ma&#238;tres plus lointains et moins comptables encore. La seule probit&#233; qui dure se construit dans des institutions que les peuples contr&#244;lent, et aucun mod&#232;le de langage ne remplacera un parlement qui vote, une cour qui juge et une presse qui enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que sera le financement du d&#233;veloppement&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mod&#232;le qui a financ&#233; le Sud depuis un demi-si&#232;cle, une aide publique en compl&#233;ment, une dette ext&#233;rieure en devises pour l'essentiel, et une fen&#234;tre de march&#233; qui se rouvrait &#224; chaque ralentissement am&#233;ricain, est mort en 2026. L'aide recule, la dette aspire plus qu'elle n'apporte, la fen&#234;tre est occup&#233;e. L'avenir du financement du d&#233;veloppement repose sur trois d&#233;placements, et chacun se chiffre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier d&#233;placement va de la devise emprunt&#233;e &#224; l'&#233;pargne mobilis&#233;e. Les transferts des migrants vers les pays &#224; revenu faible et interm&#233;diaire ont atteint 685 milliards de dollars en 2024, davantage que l'investissement direct &#233;tranger et l'aide publique r&#233;unis, et l'Afrique en re&#231;oit pr&#232;s de 100 milliards par an. L'&#233;pargne nationale brute du continent d&#233;passe 500 milliards de dollars par an, soit plus de quatre fois l'encours de l'ensemble de ses eurobonds. Cette &#233;pargne existe, elle dort dans des d&#233;p&#244;ts &#224; vue r&#233;mun&#233;r&#233;s en dessous de l'inflation, s'exporte vers des bons du Tr&#233;sor &#233;trangers appel&#233;s &#224; &#234;tre dilu&#233;s, ou se perd dans l'immobilier improductif. On observe d&#233;j&#224; que la dette domestique a progress&#233; plus vite que la dette ext&#233;rieure dans 62 pays sur 86.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un pays qui place chez lui, sur son march&#233; boursier, un dixi&#232;me de son &#233;pargne annuelle l&#232;ve davantage, &#224; moindre co&#251;t et sans risque de change, que par l'eurobond sign&#233; au mauvais moment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le deuxi&#232;me d&#233;placement va de la dette &#224; la rente partag&#233;e. L'IA a faim de ce que le Sud poss&#232;de. L'Agence internationale de l'&#233;nergie attend un doublement de la consommation &#233;lectrique des centres de donn&#233;es d'ici 2030, &#224; pr&#232;s de 945 t&#233;rawattheures, davantage que ce que consomme le Japon. La R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo fournit environ 70 % du cobalt mondial, le Niger et la Namibie figurent parmi les premiers producteurs d'uranium, la Guin&#233;e d&#233;tient les premi&#232;res r&#233;serves de bauxite. Vendre ces ressources brutes contre des dollars, puis emprunter ces m&#234;mes dollars &#224; 10 %, revient &#224; payer deux fois ce que l'on poss&#232;de une fois. L'enjeu consiste &#224; exiger des participations au capital plut&#244;t que des redevances, des contrats d'&#233;lectricit&#233; &#224; long terme libell&#233;s en partie en monnaie locale plut&#244;t que des exportations de minerai, une transformation sur place plut&#244;t qu'un embarquement au port, et une cotation locale des soci&#233;t&#233;s d'exploitation afin que la rente devienne un capital qui reste plut&#244;t qu'une facture qui revient de loin. Le Sud d&#233;tient ce que la bulle convoite. Il doit se faire payer en patrimoine, pas en dette.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le troisi&#232;me d&#233;placement va de la d&#233;pendance cyclique &#224; la profondeur institutionnelle. Les banques multilat&#233;rales de d&#233;veloppement peuvent, par une utilisation plus audacieuse de leur capital et le recours au capital hybride, d&#233;gager plusieurs centaines de milliards de dollars de capacit&#233; de pr&#234;t suppl&#233;mentaire sur la d&#233;cennie sans un dollar de contribution nouvelle. Les droits de tirage sp&#233;ciaux allou&#233;s en 2021, 650 milliards de dollars, sont all&#233;s pour l'essentiel aux &#233;conomies riches qui n'en avaient pas besoin, et les pays &#224; faible revenu en ont re&#231;u moins de 4 %. Leur r&#233;affectation vers des m&#233;canismes de garantie en monnaie locale et des lignes de liquidit&#233; r&#233;gionales vaut davantage que dix conf&#233;rences de bailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois d&#233;placements ne rel&#232;vent ni de la charit&#233; du Nord ni de la bonne volont&#233; des march&#233;s. Ils rel&#232;vent de d&#233;cisions que les &#201;tats du Sud peuvent prendre seuls, et dont la plupart ont d&#233;j&#224; le cadre juridique. Ils supposent, en revanche, la confiance des peuples dans leurs propres institutions. Une &#233;pargne nationale ne se mobilise que vers des bourses dont les r&#232;gles sont respect&#233;es. La souverainet&#233; financi&#232;re commence par la probit&#233; domestique, et la probit&#233; domestique ne se d&#233;l&#232;gue &#224; aucune machine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, le Sud global a connu la dette comme un fardeau, puis comme un instrument. Il la d&#233;couvre aujourd'hui comme un droit d'entr&#233;e dans une partie truqu&#233;e, o&#249; le prix de l'argent ne mesure plus la raret&#233; du capital mais la peur de d&#233;clin des puissances. Les &#233;conomies qui comprendront les premi&#232;res que la sortie se trouve dans la profondeur de leurs propres march&#233;s, dans la rente convertie en patrimoine et dans une souverainet&#233; financi&#232;re pens&#233;e comme une ligne de d&#233;fense, auront moins &#224; craindre du jour o&#249; les emprunteurs sans limite cesseront de payer. Les autres apprendront, une fois encore, que l'on ne n&#233;gocie pas avec un march&#233; occup&#233;. On le quitte ou on en construit un autre, non truqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Ould Amar Yahya,&lt;/strong&gt; &#233;conomiste, banquier, financier, ancien administrateur et directeur g&#233;n&#233;ral de la BCIMR/BRED, Djibouti&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article initialement publi&#233; dans &lt;a href=&#034;https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/09/le-financement-incertain-des-economies-du-sud-a-lheure-de-lia/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Kapitalis&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; le 9 octobre 2026.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Casseuil&#8211;Djibouti : la France a-t-elle son Paul Biya ?</title>
		<link>https://www.human-village.org/spip.php?article2078</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.human-village.org/spip.php?article2078</guid>
		<dc:date>2026-10-02T15:48:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mahdi A.</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un maire fran&#231;ais administre sa commune depuis&#8230; Djibouti.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_10-casseuil-98e95.jpg?1790956214' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;lu maire d'un village de Gironde de moins de 400 habitants, David Gauthier s'est install&#233; &#224; Djibouti pour trois ans afin de suivre son &#233;pouse mut&#233;e dans le pays. &#192; plus de 5 000 kilom&#232;tres de sa mairie, l'&#233;lu entend pourtant conserver son fauteuil, ses responsabilit&#233;s et son indemnit&#233;. Une histoire de gouvernance &#224; distance qui fait grincer quelques dents &#224; Casseuil &#8212; et qui, vue depuis Djibouti, ne manque pas d'un certain piquant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5048 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH417/58-casseuil-gauthier-c4425.jpg?1790956214' width='400' height='417' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo mairie de Casseuil
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; Casseuil, petite commune de Gironde, la mairie vient peut-&#234;tre d'inventer une nouvelle d&#233;clinaison du t&#233;l&#233;travail : la t&#233;l&#233;mairie internationale. Fra&#238;chement &#233;lu en mai 2026, David Gauthier n'aura pass&#233; que quelques mois dans sa commune avant de rejoindre son &#233;pouse, mut&#233;e &#224; Djibouti pour une dur&#233;e de trois ans. Il l'a annonc&#233; lui-m&#234;me aux habitants dans le journal communal : raisons familiales obligent, le maire administrera d&#233;sormais son village depuis la Corne de l'Afrique. Soit plus de 5 000 kilom&#232;tres entre le bureau du maire et ses administr&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'affaire, r&#233;v&#233;l&#233;e par France 3 Nouvelle-Aquitaine le 24 septembre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Camille Michelland et R&#233;mi Moquillon, &#034;J'ai le droit d'&#234;tre absent&#034; : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ne fait pas rire tout le monde &#224; Casseuil. Plusieurs habitants s'interrogent sur la possibilit&#233; de diriger efficacement une commune depuis Djibouti et certains r&#233;clament m&#234;me son d&#233;part. David Gauthier, lui, ne voit aucune raison de rendre son &#233;charpe : &#171; J'ai le droit d'&#234;tre absent en tant que maire, &#231;a a &#233;t&#233; vu avec la sous-pr&#233;fecture de Langon &#187;, assure-t-il. Selon lui, le conseil municipal a &#233;t&#233; consult&#233; et n'a pas souhait&#233; sa d&#233;mission. Et pour ceux qui esp&#233;raient profiter de son &#233;loignement pour r&#233;cup&#233;rer le fauteuil, l'int&#233;ress&#233; pr&#233;vient : &#171; On aimerait bien que je d&#233;missionne pour prendre ma place mais ce ne sera pas le cas, car j'ai le droit d'&#234;tre absent physiquement en tant que maire. &#187; Voil&#224; qui est clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 155 euros par mois&#8230; et quelques billets d'avion&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La distance n'a pas davantage convaincu le maire de renoncer &#224; son indemnit&#233; de fonction, fix&#233;e &#224; 1 155 euros bruts mensuels.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Melvin Moya, &#171; Parti &#224; Djibouti tout en conservant ses indemnit&#233;s : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. David Gauthier explique que le conseil municipal s'est prononc&#233; pour son maintien int&#233;gral et fait valoir qu'il continue de travailler sur les dossiers de la commune. Il souligne &#233;galement que ses &#233;ventuels retours en France ont un co&#251;t : &#171; l'avion ce n'est pas gratuit &#187;. &#192; Djibouti, personne ne le contredira. L'ancien maire Fran&#231;ois Merveilleau prend d'ailleurs sa d&#233;fense : aujourd'hui, explique-t-il en substance, la technologie permet de suivre les affaires d'une commune sans n&#233;cessairement &#234;tre constamment sur place.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour organiser cette administration transcontinentale, un rendez-vous est pr&#233;vu chaque mardi avec l'&#233;quipe municipale. Documents num&#233;riques, r&#233;unions &#224; distance et moyens de communication modernes doivent permettre de maintenir la continuit&#233;. David Gauthier r&#233;sume la pol&#233;mique &#224; sa mani&#232;re : &#171; C'est une commune de 400 habitants et on en fait un Dallas, c'est incroyable ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5049 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH377/58-casseuil-tweet-fe469.jpg?1790956214' width='400' height='377' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Casseuil, tout le monde ne partage pas l'enthousiasme pour la mairie 2.0&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains habitants consid&#232;rent qu'un maire ne peut pas toujours agir par vid&#233;o. Un riverain interrog&#233; par France 3 cite notamment le cas d'une route traversant le village qui connait des accident fr&#233;quents en raison de la vitesse excessive des v&#233;hicules. Ses d&#233;marches aupr&#232;s de la mairie ne lui ont pas permis d'obtenir de r&#233;ponse satisfaisante. Le maire r&#233;pond que le probl&#232;me d&#233;passe largement la question de sa pr&#233;sence : selon les estimations qu'il rapporte, la s&#233;curisation de cette route co&#251;terait entre 800 000 euros et un million d'euros. Il rappelle &#233;galement qu'il occupe ses fonctions depuis moins de six mois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;bat d&#233;passe la seule g&#233;ographie. Pour ses d&#233;tracteurs, un maire doit &#234;tre visible, accessible et physiquement pr&#233;sent aupr&#232;s de ses administr&#233;s. Pour David Gauthier, la fonction peut &#234;tre exerc&#233;e &#224; distance d&#232;s lors que l'organisation municipale continue de fonctionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Yaound&#233; &#224; Casseuil, toutes proportions gard&#233;es&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Vue de Djibouti, l'histoire invite &#224; un clin d'&#339;il africain : la France aurait-elle trouv&#233; son Paul Biya ? La comparaison, &#233;videmment, s'arr&#234;te &#224; une seule caract&#233;ristique : l'exercice du pouvoir loin du lieu o&#249; il s'exerce. Les fonctions, les pays et les circonstances n'ont rien de comparable. Paul Biya dirige un &#201;tat de plusieurs dizaines de millions d'habitants ; David Gauthier une commune de moins de 400 &#226;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rapprochement n'est toutefois pas sorti de nulle part : Paul Biya est depuis longtemps connu pour ses s&#233;jours prolong&#233;s et r&#233;p&#233;t&#233;s &#224; Gen&#232;ve, loin du Cameroun. Une situation qui alimente p&#233;riodiquement le d&#233;bat sur le fonctionnement de l'&#201;tat en son absence.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Casseuil, pas de palais pr&#233;sidentiel, pas de sommet diplomatique et encore moins de Conseil des ministres. Seulement une petite mairie girondine dont le premier magistrat consulte d&#233;sormais ses dossiers depuis Djibouti, aux portes de la mer Rouge.&lt;br class='autobr' /&gt;
David Gauthier rappelle d'ailleurs qu'un de ses pr&#233;d&#233;cesseurs avait lui-m&#234;me &#233;t&#233; absent pendant un an et demi apr&#232;s une mutation &#224; Paris, &#224; une &#233;poque o&#249; les outils de communication &#233;taient bien moins d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste une diff&#233;rence g&#233;ographique non n&#233;gligeable : Paris-Casseuil se fait plus facilement en train que Djibouti-Casseuil en visioconf&#233;rence interrompue par des probl&#232;mes de connexion. La prochaine campagne municipale dira peut-&#234;tre ce que les habitants pensent r&#233;ellement de cette exp&#233;rience de d&#233;mocratie &#224; tr&#232;s longue distance. En attendant, le maire reste maire, Djibouti reste &#224; 5 000 kilom&#232;tres et chaque mardi Casseuil a rendez-vous avec l'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Mahdi A.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Camille Michelland et R&#233;mi Moquillon, &lt;a href=&#034;https://france3-regions.franceinfo.fr/nouvelle-aquitaine/gironde/bordeaux/j-ai-le-droit-d-etre-absent-installe-a-djibouti-le-maire-de-cette-commune-refuse-de-demissionner-3421859.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;J'ai le droit d'&#234;tre absent&#034; : install&#233; &#224; Djibouti, le maire de cette commune refuse de d&#233;missionner&lt;/a&gt;, France3-regions, 24 septembre 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Melvin Moya, &#171; &lt;a href=&#034;https://actu.fr/nouvelle-aquitaine/casseuil_33102/parti-a-djibouti-tout-en-conservant-ses-indemnites-lhistoire-de-ce-maire-de-gironde-fait-le-tour-de-france_64861576.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Parti &#224; Djibouti tout en conservant ses indemnit&#233;s : l'histoire de ce maire de Gironde fait le tour de France&lt;/a&gt; &#187;, Actu.fr, 30 septembre 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tensions entre l'&#201;thiopie et l'&#201;rythr&#233;e</title>
		<link>https://www.human-village.org/spip.php?article2077</link>
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		<dc:date>2026-10-02T09:37:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>&#201;thiopie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;rythr&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Sur fond de guerre au Tigr&#233;, apr&#232;s la fermeture de l'ambassade &#233;thiopienne l'&#201;rythr&#233;e rompt les relations diplomatiques.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;&#201;thiopie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?mot55" rel="tag"&gt;&#201;rythr&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_10-ethiopie-ae7e4.jpg?1790934006' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les relations entre l'&#201;thiopie et l'&#201;rythr&#233;e connaissent une nouvelle d&#233;gradation majeure. Dans un communiqu&#233; publi&#233; le 1er octobre 2026, le minist&#232;re &#233;thiopien des Affaires &#233;trang&#232;res a annonc&#233; la fermeture de l'ambassade d'&#201;thiopie &#224; Asmara et l'expulsion de dix diplomates &#233;rythr&#233;ens en poste &#224; Addis-Abeba. il a &#233;galement ordonn&#233; le d&#233;part d'un diplomate &#233;gyptien et port&#233; des accusation contre le Soudan. Les trois pays mis en cause ont d&#233;menti toutes les accusations, et l'&#201;rythr&#233;e a annonc&#233; la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays. Cette situation est un retour &#224; celle qui pr&#233;valait dans les relations entre Addis-Abeba et Asmara avant leur rapprochement spectaculaire en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;thiopie pr&#233;sente ces mesures comme une r&#233;ponse &#224; des &#171; actes directs et indirects d'hostilit&#233; et de bellig&#233;rance &#187; de l'&#201;rythr&#233;e. Les diplomates sont accus&#233;s d'&#234;tre impliqu&#233;s dans des activit&#233;s constituant une menace directe pour la s&#233;curit&#233; nationale et une violation de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. Addis-Abeba affirme n&#233;anmoins continuer d'attacher de l'importance aux liens historiques, culturels et humains entre les populations des deux pays et r&#233;it&#232;re son engagement en faveur d'un r&#232;glement pacifique des diff&#233;rends et de la stabilit&#233; r&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette rupture diplomatique intervient dans le contexte d'une forte d&#233;t&#233;rioration de la situation dans le Nord de l'&#201;thiopie o&#249; les combats ont repris entre l'arm&#233;e f&#233;d&#233;rale et une alliance constitu&#233;e autour du Front de lib&#233;ration du peuple du Tigr&#233; (TPLF). Ces &#233;volutions diplomatiques donnent une dimension internationale &#224; la reprise de la guerre dans le Nord de l'&#201;thiopie et font craindre un &#233;largissement r&#233;gional du conflit. Le m&#234;me jour, le gouvernement &#233;thiopien a en effet d&#233;nonc&#233; la proclamation d'une &#171; R&#233;publique du Tigr&#233; &#187; et rappel&#233; fermement que &#171; l'unit&#233;, la souverainet&#233; et l'int&#233;grit&#233; territoriale de la R&#233;publique f&#233;d&#233;rale d&#233;mocratique d'&#201;thiopie sont inviolables &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Banque mondiale conseille d'investir &#224; Djibouti</title>
		<link>https://www.human-village.org/spip.php?article2075</link>
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		<dc:date>2026-09-23T19:03:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>&#201;nergie</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un rapport de l'institution identifie des secteurs porteurs et des r&#233;formes n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?mot17" rel="tag"&gt;&#201;nergie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/banque_mondiale-logo-2-6efd1.jpg?1790191203' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'apr&#232;s un communiqu&#233; de la Banque mondiale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Communiqu&#233; en ligne sur le site de la Banque mondiale.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque mondiale a publi&#233; un &#171; Diagnostic du secteur priv&#233; du pays &#187; (CPSD) pour Djibouti, identifiant des secteurs (&#233;nergie solaire hors r&#233;seau, centres de donn&#233;es et tourisme) susceptibles de recevoir au moins 600 millions de dollars am&#233;ricains d'investissements priv&#233;s et de cr&#233;er environ 12 000 emplois sur cinq ans. Le rapport expose des mesures de politique publique qui permettraient de rendre possibles ces investissements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Situ&#233; au croisement de voies maritimes tr&#232;s fr&#233;quent&#233;es et principale porte d'entr&#233;e du commerce &#233;thiopien, Djibouti a connu une croissance moyenne annuelle de son PIB de 5,3 % entre 2016 et 2024 et a attir&#233; d'importants investissements directs &#233;trangers dans les infrastructures portuaires. Toutefois, le tarif &#233;lev&#233; de l'&#233;lectricit&#233;, l'acc&#232;s limit&#233; &#224; du financement, les d&#233;ficits de comp&#233;tences et les restrictions &#224; la concurrence dans des secteurs cl&#233;s ont frein&#233; l'expansion du secteur priv&#233;. Alors que le ch&#244;mage reste &#233;lev&#233;, le CPSD identifie des possibilit&#233;s de cr&#233;ation d'emplois dans des secteurs strat&#233;giques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;nergie solaire : jusqu'&#224; 390 millions de dollars et plus de 8 500 emplois&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Des investisseurs priv&#233;s ont d&#233;ploy&#233; environ 10 m&#233;gawatts de capacit&#233; solaire hors r&#233;seau &#224; Djibouti depuis 2022, et d'autres projets sont en pr&#233;paration. Le co&#251;t de l'&#233;lectricit&#233; (0,25$US le kilowattheure, pour 0,14 en moyenne en Afrique) constituent la principale charge des entreprises du pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le CPSD sugg&#232;re de relever les plafonds d'autoproduction, de clarifier des modalit&#233;s d'achat de l'&#233;lectricit&#233;, de renforcer r&#233;gulation du secteur et les comp&#233;tences. Ces mesures pourraient permettre de mobiliser jusqu'&#224; 390 millions de dollars d'investissements et cr&#233;er plus de 8 500 emplois sur cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Centres de donn&#233;es : jusqu'&#224; 240 millions de dollars et 1 300 emplois&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Huit c&#226;bles sous-marins passent par Djibouti, reliant l'Asie, l'Europe et l'Afrique. La capacit&#233; actuelle des centres de donn&#233;es est proche de leur pleine utilisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des r&#233;formes du cadre r&#233;glementaire, de l'approvisionnement &#233;nerg&#233;tique et de l'acc&#232;s au march&#233; permettraient de d&#233;bloquer entre 160 millions et 240 millions de dollars d'investissements, permettant le cr&#233;ation de 700 &#224; 1300 emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tourisme : jusqu'&#224; 180 millions de dollars et 2 600 emplois&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les atouts touristiques de Djibouti comprennent le lac Assal (point terrestre le plus bas d'Afrique), les chemin&#233;es calcaires du lac Abb&#233;, l'&#233;cotourisme marin, notamment l'observation des requins-baleines, ainsi qu'un patrimoine culturel reconnu lorsque la ville de Djibouti est devenue la premi&#232;re m&#233;tropole africaine d&#233;sign&#233;e Capitale mondiale de la culture et du tourisme par le Conseil europ&#233;en du tourisme et du commerce en 2018.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le CPSD sugg&#232;re des r&#233;formes concernant les licences, les donn&#233;es et les comp&#233;tences qui ouvriraient un potentiel compris entre 66 millions et 180 millions de dollars d'investissements et 2 600 emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Ilyas Moussa Dawaleh, ministre de l'&#201;conomie, &#171; Djibouti doit passer d'un mod&#232;le &#233;conomique qui mon&#233;tise sa position strat&#233;gique &#224; un mod&#232;le qui transforme cet avantage g&#233;ographique en capacit&#233; productive. En combinant les infrastructures et la connectivit&#233; avec une &#233;nergie abordable, de l'industrie, des services num&#233;riques, une logistique moderne et des exportations, nous pouvons ouvrir un nouveau chapitre du d&#233;veloppement. Ce diagnostic identifie les r&#233;formes n&#233;cessaires pour d&#233;bloquer l'investissement priv&#233; et acc&#233;l&#233;rer la transformation &#233;conomique structurelle envisag&#233;e dans le cadre de la Vision 2035. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Ousmane Dione, vice-pr&#233;sident de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord, l'Afghanistan et le Pakistan, &#171; l'histoire du d&#233;veloppement de Djibouti a souvent &#233;t&#233; racont&#233;e &#224; travers sa position strat&#233;gique et son r&#244;le de porte d'entr&#233;e r&#233;gionale. Ce diagnostic met en lumi&#232;re une autre partie de cette histoire : la possibilit&#233; de tirer parti du potentiel du pays en mati&#232;re d'&#233;nergies renouvelables, de connectivit&#233; num&#233;rique et d'atouts touristiques afin de soutenir l'investissement priv&#233; et de cr&#233;er davantage d'emplois pour les Djiboutiens. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, Ethiopis Tafara, vice-pr&#233;sident de la SFI pour l'Afrique, a d&#233;clar&#233; que &#171; les secteurs identifi&#233;s dans ce diagnostic offrent des possibilit&#233;s commercialement viables qui sont pr&#234;tes &#224; accueillir des capitaux priv&#233;s. Les atouts naturels et les avantages infrastructurels de Djibouti sont r&#233;els, et les mesures de politique publique expos&#233;es ici constituent le signal dont les investisseurs ont besoin pour passer de l'int&#233;r&#234;t &#224; l'engagement. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe de la Banque mondiale est partenaire de Djibouti depuis 1980, avec un portefeuille actuel proche de 500 millions de dollars am&#233;ricains d'engagements pour des projets couvrant l'&#233;nergie, les transports, la transformation num&#233;rique, l'&#233;ducation, la sant&#233;, la protection sociale, l'emploi et les comp&#233;tences, ainsi que la gouvernance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le CPSD s'appuie sur ce partenariat et refl&#232;te l'approche int&#233;gr&#233;e du Ggoupe de la Banque mondiale en mati&#232;re de d&#233;veloppement, combinant investissement public et efforts visant &#224; mobiliser des capitaux priv&#233;s, renforcer le capital humain et cr&#233;er les conditions d'une cr&#233;ation d'emplois &#224; grande &#233;chelle, conform&#233;ment &#224; la Vision 2035 du gouvernement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Communiqu&#233; en ligne sur le &lt;a href=&#034;https://www.worldbank.org/en/news/press-release/2026/09/14/world-bank-group-report-identifies-significant-private-investment-potential-for-dj?cid=mena_tt_mena_en_ext&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site de la Banque mondiale&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Omar Abdi Said confirme l'interpellation de Micah Reddy</title>
		<link>https://www.human-village.org/spip.php?article2076</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.human-village.org/spip.php?article2076</guid>
		<dc:date>2026-09-22T12:19:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mahdi A.</dc:creator>


		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le journaliste sud-africain n'aurait pas d&#233;clar&#233; son activit&#233; aux autorit&#233;s djiboutiennes.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_9-micah_reddy-e0e63.jpg?1790081280' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5044 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH390/58-micah_reddy.jpg-386b5.jpg?1790081280' width='400' height='390' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s plusieurs jours d'incertitude, les autorit&#233;s djiboutiennes ont confirm&#233;, mardi 22 septembre, l'interpellation du journaliste sud-africain Micah Reddy, coordinateur Afrique de l'International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ). Le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur affirme qu'il exer&#231;ait une activit&#233; journalistique sans accr&#233;ditation et annonce qu'un ordre de quitter le territoire national lui a &#233;t&#233; signifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; &#224; Djibouti le jeudi 17 septembre pour un reportage, Micah Reddy a cess&#233; de donner de ses nouvelles le samedi 19 septembre. Selon Reuters, son fr&#232;re, Niall Reddy, a &#233;chang&#233; avec lui pour la derni&#232;re fois vers 11 heures, tandis que des coll&#232;gues ont encore pu le joindre autour de 13 heures. Dans les heures suivantes, les messages qui lui &#233;taient adress&#233;s sur Signal ou WhatsApp n'&#233;taient plus d&#233;livr&#233;s. Le journaliste s&#233;journait alors &#224; l'h&#244;tel Escale International, &#224; Djibouti-ville. Sa disparition avait rapidement suscit&#233; l'inqui&#233;tude de sa famille, de ses coll&#232;gues et de plusieurs organisations de d&#233;fense de la libert&#233; de la presse.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; SA journalist missing abroad &#187;, Enca, 20 septembre 2026.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Micah Reddy devait notamment rencontrer &#224; Djibouti le journaliste Mohamed Willo Ismael, &#233;galement connu sous le nom de Kooki Mahmoud, avec lequel le contact avait &#233;galement &#233;t&#233; perdu. Le Committee to Protect Journalists (CPJ) a appel&#233; les autorit&#233;s djiboutiennes &#224; &#233;tablir leur localisation et &#224; garantir leur s&#233;curit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
De son c&#244;t&#233;, l'ICIJ a indiqu&#233; que la mission de Micah Reddy &#224; Djibouti ne concernait pas les affaires politiques int&#233;rieures du pays. Le dimanche 20 septembre, alors que sa famille d&#233;clarait toujours ignorer o&#249; il se trouvait, Naguib Ali Taher, responsable &#224; la pr&#233;sidence djiboutienne, a indiqu&#233; &#224; Reuters que le journaliste n'avait pas effectu&#233; les d&#233;marches n&#233;cessaires pour obtenir une accr&#233;ditation de presse. Il avait ajout&#233; que les autorit&#233;s devaient v&#233;rifier les conditions de son entr&#233;e dans le pays&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; SA journalist micah reddy believed to be in custody &#187;, Enca, 21 septembre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le lendemain, l'ICIJ annon&#231;ait avoir &#233;t&#233; inform&#233; que Micah Reddy &#233;tait d&#233;tenu pour ne pas avoir obtenu d'accr&#233;ditation et que Mohamed Willo Ismael serait, lui aussi, retenu par les autorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur confirme son interpellation&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un communiqu&#233; dat&#233; du 22 septembre 2026, le minist&#232;re djiboutien de l'Int&#233;rieur confirme officiellement l'interpellation de Micah Reddy. Il affirme que le journaliste &#233;tait venu &#224; Djibouti avec l'intention de mener des missions &#171; &#224; l'insu des autorit&#233;s nationales &#187; et qu'il se serait &#171; d&#233;lib&#233;r&#233;ment soustrait &#187; &#224; l'obligation d'obtenir une accr&#233;ditation, pr&#233;sent&#233;e comme indispensable pour tout professionnel des m&#233;dias souhaitant exercer sur le territoire djiboutien. Micah Reddy aurait &#233;t&#233; &#171; appr&#233;hend&#233; sur le terrain &#187; alors qu'il se livrait &#224; des &#171; activit&#233;s contraires &#224; l'esprit de son s&#233;jour &#187;. Le communiqu&#233;, sign&#233; par le ministre de l'Int&#233;rieur Omar Abdi Said, ne pr&#233;cise toutefois pas la nature de ces activit&#233;s. Il pr&#233;cise que le mardi 22 septembre l'ordre de quitter le territoire national a &#233;t&#233; signifi&#233; &#224; Micah Reddy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette prise de position officielle met fin &#224; l'incertitude qui entourait le sort du journaliste sud-africain. Ce qui avait d'abord &#233;t&#233; signal&#233; comme une disparition, puis comme une d&#233;tention sur la base d'informations communiqu&#233;es par l'ICIJ, est d&#233;sormais reconnu par les autorit&#233;s djiboutiennes comme une interpellation li&#233;e notamment &#224; l'absence d'accr&#233;ditation journalistique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une interrogation demeure toutefois concernant Mohamed Willo Ismael, dit Kooki Mahmoud. Le communiqu&#233; du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur ne fait aucune mention de sa situation, alors que l'ICIJ avait indiqu&#233; la veille comprendre qu'il &#233;tait lui aussi retenu par les autorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire a suscit&#233; une mobilisation en Afrique du Sud, o&#249; la famille et les coll&#232;gues de Micah Reddy ont multipli&#233; les d&#233;marches pour obtenir des informations. Le minist&#232;re sud-africain des Relations internationales avait &#233;galement confirm&#233; avoir &#233;t&#233; inform&#233; de sa disparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Mahdi A.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.enca.com/news-top-stories/sa-journalist-missing-abroad&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;SA journalist missing abroad&lt;/a&gt; &#187;, Enca, 20 septembre 2026.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.enca.com/news-top-stories/sa-journalist-micah-reddy-believed-be-custody&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;SA journalist micah reddy believed to be in custody&lt;/a&gt; &#187;, Enca, 21 septembre 2026.&lt;/p&gt;
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