Le Japon a déployé à Djibouti un avion de patrouille maritime Kawasaki P-1 afin de renforcer ses opérations de lutte contre la piraterie au large de la Somalie et dans le golfe d’Aden. Il s’agit du premier déploiement de cet appareil dans le pays dans le cadre de cette mission, selon le média ukrainien Militarnyi [1], qui cite le ministère japonais de la Défense. L’appareil du 3e escadron de patrouille de la Force maritime d’autodéfense japonaise a quitté le 9 août la base aérienne d’Atsugi, dans la préfecture de Kanagawa, au Japon.
Depuis Djibouti, les forces japonaises participent à la sécurisation des voies maritimes du golfe d’Aden et des eaux situées au large de la Somalie, une zone stratégique pour le commerce international reliant l’océan Indien à la mer Rouge et au canal de Suez. Ce déploiement marque une évolution importante du dispositif aérien japonais à Djibouti. Jusqu’à présent, Tokyo utilisait des Kawasaki P-3C pour ses missions de surveillance et de lutte contre la piraterie. Le P-1 a été intégré au 60e détachement aérien déployé chargé des opérations de lutte contre la piraterie, tandis que le 59e détachement, du 2e escadron aérienne de la flotte basée à Hachinohe, achève sa mission. Les P-3C doivent désormais être convoyés vers le Japon, leurs équipages devraient atteindre la base aérienne de Naha le 22 août, avant de rejoindre Hachinohe le lendemain.
Le Japon participe aux opérations de lutte contre la piraterie au large de la Somalie depuis 2009. Djibouti constitue depuis lors son principal point d’appui militaire dans la région. La base japonaise de Djibouti, inaugurée en juillet 2011 à proximité de l’aéroport international de Djibouti-Ambouli et du Camp Lemonnier, constitue l’unique implantation à l’étranger des Forces japonaises d’autodéfense. Initialement installée sur une superficie d’environ 12 hectares, avec notamment des avions P-3C et un contingent d’environ 180 personnes, l’installation a été agrandie en 2017 de trois hectares. Deux unités principales y sont stationnées : une composante aérienne chargée des opérations de lutte contre la piraterie et un groupe de soutien logistique. Les bâtiments de la marine japonaise font également escale à Djibouti pour se ravitailler et permettre aux équipages de se reposer.
Cette présence militaire s’inscrit dans le contexte géostratégique de Djibouti, à proximité immédiate du détroit de Bab el-Mandeb, passage essentiel entre la mer Rouge et le golfe d’Aden. Cette voie maritime constitue un corridor majeur pour les échanges commerciaux et énergétiques reliant l’Asie, le Moyen-Orient et l’Europe. Pour le Japon, fortement dépendant des importations énergétiques acheminées par voie maritime, la sécurisation du golfe d’Aden et de la mer Rouge revêt une importance économique et stratégique particulière.
Djibouti accueille plusieurs autres forces militaires étrangères, notamment celles de la France, des États-Unis et de la Chine, ce qui place le pays au cœur des dispositifs de sécurité maritime dans la Corne de l’Afrique et autour de la mer Rouge.
Amina Abdi
[1] Roman Pryhodko, « Japan Deploys P-1 Patrol Aircraft to Djibouti for Anti-Piracy Operations », Militarnyi, 10 aout 2026.