Communiqué adopté par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) à sa 1330e réunion tenue le 12 février 2026, au niveau ministériel, sur la situation au Soudan.
Le Conseil de paix et de sécurité,
Rappelant toutes ses déclarations et décisions antérieures sur la situation au Soudan, en particulier le communiqué [PSC/AHG/COMM.1261 (2025)] adopté à sa 1261e réunion tenue le 14 février 2025 au niveau des chefs d’État et de gouvernement, le communiqué [PSC/PR/COMM.2.1308 (2025)] adopté à sa 1308e réunion d’urgence tenue le 28 octobre 2025, le communiqué [PSC/PR/COMM.1293 (2025)] adopté à sa 1293e réunion tenue le 4 août 2025, la déclaration de presse [PSC/PR/BR.1292 (2025)] adoptée à sa 1292e réunion tenue le 29 juillet 2025, la déclaration de presse [PSC/PR/BR.1264 (2025)] adoptée à sa 1264e réunion tenue le 11 mars 2025, le communiqué [PSC/PR/COMM.1319 (2025)] adopté à sa 1319e réunion tenue le 16 décembre 2025 ;
Réaffirmant l’engagement de l’UA à respecter l’indépendance, la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité nationale du Soudan, et à continuer d’accompagner le peuple soudanais dans sa quête incessante et légitime du rétablissement de la paix, de la sécurité, de la stabilité, du développement et de la gouvernance démocratique, ainsi que dans la recherche d’une solution pacifique et consensuelle aux défis auxquels le pays est confronté ;
Prenant note de l’allocution d’ouverture de S.E. Badr Abdelatty, ministre des Affaires étrangères de la République arabe d’Égypte, en sa qualité de président du CPS pour le mois de février 2026, et de la déclaration liminaire de S.E. Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA ;
Prenant également note des déclarations des représentants de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), de la Ligue des États arabes et des Nations unies ; et
Agissant en vertu de l’article 7 de son Protocole, le Conseil de paix et de sécurité :
1. Se déclare profondément préoccupé par la poursuite du conflit armé au Soudan, qui a entraîné des pertes en vies humaines, la destruction d’infrastructures, le recul des acquis en matière de développement et une catastrophe humanitaire sans précédent dans le pays ;
2. Exprime sa grave préoccupation quant à la détérioration de la situation humanitaire et économique, en particulier face aux informations faisant état de famine et d’inanition dans le pays, notamment à El Fasher ; exige un accès sans entrave de l’aide humanitaire aux populations dans le besoin ainsi que la protection des travailleurs et des agences humanitaires ;
3. Condamne fermement toutes les formes de violations commises contre la population civile par les parties au conflit armé, y compris à El Fasher par les forces paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), notamment les meurtres systématiques, les déplacements massifs, les attaques ethniques et la destruction d’infrastructures, tout en soulignant que les auteurs de ces violations graves du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits de l’homme répondront de leurs actes ;
4. Exige que les intérêts supérieurs du Soudan soient privilégiés ; et appelle au rétablissement rapide et total d’un gouvernement démocratiquement élu et dirigé par des civils, conformément aux instruments de l’UA et aux décisions du CPS ; et en appelle également au respect et à la priorisation des intérêts des citoyens soudanais en donnant une chance à la paix ;
5. Une fois de plus, appelle à une trêve humanitaire devant aboutir à un cessez-le-feu immédiat afin d’ouvrir la voie au lancement d’un processus de dialogue inclusif, mené et pris en charge par les Soudanais, portant à la fois sur les aspects sécuritaires et politiques, en vue de s’attaquer aux causes structurelles profondes du conflit et de parvenir à une solution consensuelle et durable, tout en soulignant qu’il ne peut y avoir de solution militaire viable et durable au conflit en cours au Soudan ;
6. Se félicite des progrès accomplis grâce à la présentation, le 22 décembre 2025, de l’Initiative nationale soudanaise pour la paix par le Premier ministre du gouvernement de transition du Soudan, soulignant la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat et total, la protection des civils, l’accès humanitaire sans entrave, le soutien aux réfugiés et aux personnes déplacées interne, le désarmement, la réforme du secteur de la sécurité, la réconciliation nationale et la reconstruction ;
souligne que ces éléments sont essentiels pour rétablir la confiance, réparer le tissu social et consolider un État unifié, et appelle à leur mise en œuvre intégrale, conformément à la feuille de route de l’UA pour le règlement du conflit au Soudan ;
à cet égard, invite les autorités soudanaises et les forces politiques au Soudan, en étroite coordination avec les parties prenantes concernées, à rendre le processus de transition plus inclusif jusqu’à ce que des accords consensuels reflétant les aspirations du peuple soudanais soient conclus et permettent un retour sans heurts à l’ordre constitutionnel grâce à la tenue d’élections ;
et encourage les autorités soudanaises à poursuivre la mise en œuvre effective de l’Initiative nationale pour la paix ;
7. Dans ce contexte, appelle à la reprise d’un dialogue inter-soudanais inclusif axé sur la réconciliation et la recherche d’une solution politique à l’amiable, dans le cadre du processus mené par l’UA, en coordination avec l’IGAD, l’ONU, les pays voisins et d’autres instances régionales et internationales de soutien à la paix au Soudan, y compris la Quad et le Quintette afin de favoriser la désescalade, une trêve humanitaire et la cessation des hostilités, et de rétablir la paix et la stabilité au Soudan ;
à cet égard, demande à la Commission de l’UA, à l’IGAD et aux pays voisins de continuer à mobiliser les acteurs civils en faveur d’un processus de dialogue inter-soudanais inclusif ;
8. Souligne le caractère central du leadership de l’UA dans le processus de paix au Soudan ; et salue les efforts déployés par le Quintet, à savoir l’Union africaine, l’Autorité intergouvernementale pour le développement, la Ligue des États arabes, les Nations Unies et l’Union européenne pour renforcer la coordination des efforts de médiation en vue de la tenue d’un dialogue inclusif mené et dirigé par les Soudanais ;
encourage le Quintette à continuer ses consultations avec les parties prenantes soudanaises, à éviter les chevauchements et à assurer une approche cohérente afin de parvenir à une solution négociée et durable au conflit en cours au Soudan ;
dans ce contexte, réitère son appel en faveur de la relance d’un dialogue inclusif entre Soudanais, empreint d’un esprit de réconciliation et de recherche d’une solution politique de compromis, avec la facilitation du Quintette ;
9. Salue la tenue de la cinquième réunion de concertation sur le renforcement de la coordination des initiatives et des efforts de paix pour le Soudan, qui s’est tenue en Égypte le 14 janvier 2026 ;
10. Condamne sans appel l’ingérence extérieure dans les affaires intérieures du Soudan ;
et appelle tous les acteurs extérieurs à s’abstenir de toute action susceptible d’attiser le conflit ;
et demande au Sous-comité des sanctions du CPS d’accélérer la mise en œuvre du Communiqué [PSC/AHG/COMM.1218(2024) adopté le 21 juin 2024, en travaillant en collaboration avec le Comité des services de renseignement et de sécurité d’Afrique (CISSA) et le mécanisme de coopération policière de l’Union africaine (AFRIPOL), d’identifier tous les acteurs extérieurs qui soutiennent militairement, financièrement et politiquement les parties au conflit armé, et de faire des propositions sur la manière de les contenir dans un délai bien déterminé, ne dépassant pas trois mois à compter de février 2026 ;
11. Réaffirme la condamnation ferme et le rejet total par l’UA de la mise en place, en République du Soudan, d’un prétendu « gouvernement parallèle » par l’Alliance fondatrice du Soudan (Tasis) dirigée par les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), et demande à tous les États membres de ne pas reconnaître le prétendu « gouvernement parallèle », tout en réitérant son soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Soudan, dans les limites de ses frontières internationalement reconnues ;
12. Appelle les États membres de l’UA qui sont en mesure de le faire, ainsi que la communauté internationale, à soutenir les efforts et à mobiliser des ressources, dans un esprit de panafricanisme et de solidarité, afin de répondre aux besoins humanitaires du peuple soudanais et des pays qui accueillent des réfugiés soudanais, et à débloquer rapidement les fonds promis lors des conférences de Genève, Paris et Londres, et félicite les pays voisins du Soudan qui accueillent et soutiennent les réfugiés du Soudan ;
13. Réitère sa demande, conformément au communiqué 1218 du CPS, invitant la Commission de l’UA, en coordination avec la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), à soumettre au CPS, pour examen, un rapport circonstancié et actualisé de la mission d’enquête conjointe sur la situation des droits de l’homme en République du Soudan ;
14. Se félicite du déploiement, du 22 au 31 octobre 2025, de la mission humanitaire de la Commission de l’Union africaine en République du Soudan, et salue la coopération du gouvernement de transition du Soudan et des partenaires humanitaires, qui a permis à la mission d’évaluer efficacement les besoins humanitaires sur le terrain.
15. Souligne la nécessité impérieuse de rouvrir le bureau de liaison de l’UA au Soudan et se félicite des mesures prises par la Commission pour dépêcher une mission d’évaluation au Soudan en vue de la réouverture du bureau de liaison de l’UA au Soudan ;
16. Réitère sa décision d’effectuer une mission de terrain du Conseil de paix et de sécurité au Soudan, en tenant compte de la situation sécuritaire sur le terrain, afin d’échanger avec les différentes parties prenantes de la situation sur le terrain en vue du rétablissement d’une paix et d’une stabilité durables au Soudan ;
17. Se félicite du retour du gouvernement de transition du Soudan à Khartoum, la capitale permanente du Soudan, ce qui constitue une étape majeure vers le rétablissement et le maintien des services administratifs publics et le fonctionnement des institutions de l’État fédéral afin de mieux servir le peuple soudanais, et
18. Décide de rester saisi de la question.