<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Human Village</title>
	<link>https://human-village.org/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>




<item xml:lang="fr">
		<title>La nouvelle &#233;quation strat&#233;gique franco-djiboutienne</title>
		<link>http://www.human-village.org/spip.php?article2068</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.human-village.org/spip.php?article2068</guid>
		<dc:date>2026-09-09T16:06:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mahdi A.</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le s&#233;jour du pr&#233;sident &#224; Paris marque surtout les repositionnements strat&#233;giques en cours.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_9-sommet_espace-dd4b1.jpg?1788970204' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5025 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH371/58-iog-macron-4fed9.jpg?1788979204' width='400' height='371' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Invit&#233; par Emmanuel Macron au premier sommet international sur l'espace, organis&#233; &#224; Paris les 9 et 10 septembre 2026, Isma&#239;l Omar Guelleh effectue un d&#233;placement dont les enjeux d&#233;passent largement le secteur spatial. La visite intervient apr&#232;s le renouvellement pour vingt ans du trait&#233; de d&#233;fense franco-djiboutien et alors que les crises successives en mer Rouge, &#224; Bab el-Mandeb et dans le Golfe ont encore accru la valeur strat&#233;gique de Djibouti. Pour Paris, il s'agit de consolider un point d'appui devenu essentiel &#224; sa capacit&#233; de projection entre Afrique, Proche-Orient et Indopacifique. Pour Djibouti, l'enjeu consiste d&#233;sormais &#224; transformer davantage sa rente g&#233;ographique en infrastructures, investissements, formation et transferts technologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isma&#239;l Omar Guelleh y est notamment accompagn&#233; du ministre des Affaires &#233;trang&#232;res et de la coop&#233;ration internationale, Abdoulkader Houssein Omar, et du ministre de l'Enseignement sup&#233;rieur et de la recherche, Nabil Mohamed Ahmed. Une rencontre annonc&#233;e entre Isma&#239;l Omar Guelleh et Emmanuel Macron donne &#224; ce d&#233;placement une dimension qui d&#233;passe largement le programme officiel du sommet. Car derri&#232;re les satellites se trouve une relation franco-djiboutienne qui a profond&#233;ment chang&#233; de nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le spatial, nouvelle vitrine de la relation&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti a lanc&#233; son premier satellite, DJIBOUTI-1A, en novembre 2023, puis DJIBOUTI-1B en d&#233;cembre 2024. Le programme doit notamment permettre de recueillir des donn&#233;es m&#233;t&#233;orologiques, climatiques et environnementales et de d&#233;velopper les comp&#233;tences scientifiques nationales. L'ambition d&#233;passe donc l'acquisition de donn&#233;es depuis l'espace. Pour Djibouti, il s'agit de former une nouvelle g&#233;n&#233;ration d'ing&#233;nieurs, d'accro&#238;tre la ma&#238;trise nationale de donn&#233;es strat&#233;giques et de p&#233;n&#233;trer des secteurs technologiques qui d&#233;passent sa traditionnelle sp&#233;cialisation portuaire et logistique. La France s'est progressivement positionn&#233;e sur ce nouveau terrain. Lors de la visite d'[Emmanuel Macron &#224; Djibouti en d&#233;cembre 2024&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Mahdi A., &#171; Emmanuel Macron &#224; Djibouti pour donner de la coh&#233;rence et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les deux pays avaient notamment avanc&#233; sur une coop&#233;ration destin&#233;e &#224; accompagner les ambitions spatiales djiboutiennes. Le symbole est important.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant plusieurs ann&#233;es, l'essentiel du dialogue politique entre les deux capitales avait &#233;t&#233; absorb&#233; par une question autrement plus ancienne et d&#233;licate : combien vaut la pr&#233;sence militaire fran&#231;aise &#224; Djibouti et &#224; quelles conditions doit-elle se poursuivre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avant les satellites, une difficile ren&#233;gociation du trait&#233; de d&#233;fense&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt; s'int&#233;ressait, en d&#233;cembre 2023, &#224; la visite &#224; Djibouti de Catherine Colonna et S&#233;bastien Lecornu, les n&#233;gociations sur le trait&#233; de coop&#233;ration en mati&#232;re de d&#233;fense &#233;taient encore laborieuses. Les autorit&#233;s djiboutiennes demandaient notamment une forte revalorisation de la contribution fran&#231;aise et une r&#233;vision des emprises fonci&#232;res accord&#233;es aux Forces fran&#231;aises stationn&#233;es &#224; Djibouti, particuli&#232;rement sur la presqu'&#238;le du H&#233;ron. Isma&#239;l Omar Guelleh avait expos&#233; sans d&#233;tour sa position : Djibouti ne souhaitait pas remettre en cause sa relation avec la France mais entendait obtenir ce qu'il consid&#233;rait comme son &#171; juste d&#251; &#187;, tant financi&#232;rement que sur le plan domanial. Le pr&#233;sident soulignait aussi un d&#233;s&#233;quilibre persistant : alors que Paris attachait une grande importance strat&#233;gique &#224; sa pr&#233;sence militaire, la coop&#233;ration &#233;conomique franco-djiboutienne demeurait, selon ses propres termes, &#171; gu&#232;re brillante &#187;. S&#233;bastien Lecornu reconnaissait lui-m&#234;me devant le Parlement fran&#231;ais que certaines revendications djiboutiennes &#233;taient &#171; parfaitement l&#233;gitimes &#187;, notamment concernant la revalorisation financi&#232;re. Et le ministre pr&#233;cisait pourquoi.&lt;br class='autobr' /&gt;
La base de Djibouti poss&#232;de une vocation op&#233;rationnelle permettant d'accueillir le groupe a&#233;ronaval, un sous-marin nucl&#233;aire d'attaque, de faire op&#233;rer des chasseurs ou encore de soutenir des op&#233;rations comme Sagittaire, men&#233;e au Soudan pour &#233;vacuer des ressortissants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un compromis a finalement &#233;t&#233; trouv&#233;. Le nouveau trait&#233;, sign&#233; &#224; Paris le 24 juillet 2024 et entr&#233; en vigueur le 1er septembre 2025, engage les deux &#201;tats pour vingt ans. La contribution financi&#232;re annuelle fran&#231;aise a &#233;t&#233; consid&#233;rablement relev&#233;e, jusqu'&#224; 85 millions d'euros. Mais sa principale singularit&#233; se trouve ailleurs. La France demeure juridiquement engag&#233;e &#224; participer &#224; la d&#233;fense de l'int&#233;grit&#233; territoriale de Djibouti.&lt;br class='autobr' /&gt;
La note &#171; &lt;i&gt;Djibouti, entre bastion africain et avant-poste indopacifique&lt;/i&gt; &#187;, publi&#233;e en juin 2026 par Sonia Le Gouriellec et M&#233;lissa Levaillant, insiste fortement sur ce point : contrairement aux autres puissances militaires implant&#233;es dans le pays, la France ne prot&#232;ge pas seulement son installation. Elle fournit une garantie de s&#233;curit&#233; au pays h&#244;te. Autrement dit, la France est rest&#233;e. Mais les termes de sa pr&#233;sence ont &#233;t&#233; profond&#233;ment r&#233;&#233;quilibr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi Djibouti demeure difficilement rempla&#231;able&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un rapport parlementaire fran&#231;ais publi&#233; cette ann&#233;e permet de mieux mesurer ce que Paris a, de son c&#244;t&#233;, s&#233;curis&#233; pour vingt ann&#233;es suppl&#233;mentaires. Dans leur rapport d'information n&#176; 2910 consacr&#233; &#224; &#171; la mobilit&#233; strat&#233;gique en Europe et dans les territoires ultramarins &#187;, enregistr&#233; le 10 juin 2026 par la Commission de la d&#233;fense nationale et des forces arm&#233;es, les d&#233;put&#233;s Julien Limongi et Sabine Thillaye rel&#232;vent que Djibouti et Abou Dhabi sont les seules bases navales fran&#231;aises hors m&#233;tropole capables d'accueillir &#224; quai les plus grands b&#226;timents de la Marine nationale, notamment le porte-avions ou un porte-h&#233;licopt&#232;res amphibie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Rapport d'information d&#233;pos&#233; en application de l'article 145 du r&#232;glement, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas une possibilit&#233; th&#233;orique. Entre 2025 et 2026, le Charles de Gaulle a accost&#233; trois fois &#224; Djibouti. Du 29 mars au 2 avril 2025, le porte-avions et une partie de son escorte avaient effectu&#233; une rel&#226;che op&#233;rationnelle &#224; l'issue de leur d&#233;ploiement dans l'oc&#233;an Indien lors de la mission Clemenceau 25. Le minist&#232;re des Arm&#233;es pr&#233;cisait qu'il s'agissait alors de la dixi&#232;me escale du porte-avions &#224; Djibouti depuis sa mise en service en 2001, qualifiant le pays de &#171; point d'appui fiable et r&#233;actif &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La mission La Fayette 26 a encore renforc&#233; cette utilisation. L'AFP indique que le groupe a&#233;ronaval a effectu&#233; deux nouvelles escales &#224; Djibouti en 2026, permettant aux &#233;quipages de faire rel&#226;che mais &#233;galement de &#171; regarnir les soutes &#187;. L'une d'elles est pr&#233;cis&#233;ment document&#233;e le 11 mai 2026 : le Charles de Gaulle a accost&#233; pour quatre jours au port de Djibouti et des op&#233;rations de manutention ont permis de charger &#233;quipements, provisions et mat&#233;riels n&#233;cessaires au groupe a&#233;ronaval. Trois escales en moins d'un an et demi : la fr&#233;quence dit peut-&#234;tre davantage que tous les discours sur l'importance r&#233;elle de Djibouti dans le dispositif fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#171; cordon ombilical &#187; du groupe a&#233;ronaval&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'exp&#233;rience de la mission La Fayette 26 fournit une d&#233;monstration encore plus parlante. Lorsque le groupe a&#233;ronaval s'est red&#233;ploy&#233; vers l'oc&#233;an Indien et la mer d'Arabie dans le contexte de la crise autour d'Ormuz, l'approvisionnement est devenu une question op&#233;rationnelle majeure. Le contre-amiral Thibault de Possesse, commandant du groupe a&#233;ronaval, a expliqu&#233; &#224; l'AFP que, dans la zone, Djibouti constituait l'unique point d'appui o&#249; le b&#226;timent ravitailleur de forces Jacques Chevallier pouvait effectuer ses rotations avec le groupe a&#233;ronaval. Or un seul b&#226;timent ravitailleur s'est rapidement r&#233;v&#233;l&#233; insuffisant pour entretenir ce que l'amiral appelle le &#171; cordon ombilical &#187; entre le groupe et son point d'appui. Il a fallu envoyer en renfort le Jacques Stosskopf, qui a d&#251; contourner l'Afrique par le cap de Bonne-Esp&#233;rance pour rejoindre le dispositif. &lt;br class='autobr' /&gt;
Derri&#232;re la puissance symbolique d'un porte-avions nucl&#233;aire r&#233;apparaissent ainsi des r&#233;alit&#233;s beaucoup plus &#233;l&#233;mentaires : carburant a&#233;ronautique, vivres, pi&#232;ces d&#233;tach&#233;es, munitions, maintenance et endurance humaine des &#233;quipages. Un porte-avions n'est puissant que si quelqu'un peut continuer &#224; le nourrir. Les parlementaires fran&#231;ais soulignent pr&#233;cis&#233;ment que la projection militaire d&#233;pend d'escales, de points d'appui et de facilit&#233;s fournies par des &#201;tats partenaires. L'autonomie strat&#233;gique d'une puissance militaire ne signifie donc pas qu'elle puisse durablement agir sans territoires d'accueil ni infrastructures de soutien. C'est pr&#233;cis&#233;ment sur ce terrain que la valeur de Djibouti s'est renforc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Abraham Lincoln, ou ce qui arrive lorsqu'un point d'appui dispara&#238;t&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'exp&#233;rience r&#233;cente de l'US Navy offre un contrepoint spectaculaire. Le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; a document&#233;, le 14 ao&#251;t&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Ismay, &#171; Navy Carrier's Problems Are Tied to Attacks on U.S. Base Early (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les difficult&#233;s rencontr&#233;es par l'USS Abraham Lincoln apr&#232;s la destruction d'une grande partie de la base navale am&#233;ricaine de Bahre&#239;n lors des premi&#232;res frappes iraniennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette installation constituait depuis plusieurs d&#233;cennies un hub logistique majeur de l'US Navy. Sa neutralisation a oblig&#233; les Am&#233;ricains &#224; r&#233;organiser leur cha&#238;ne de ravitaillement autour de Diego Garcia, situ&#233;e &#224; environ 2 200 miles du golfe d'Oman. L'Abraham Lincoln, avec quelque 5 000 personnes &#224; bord, avait alors pass&#233; pr&#232;s de neuf mois en mer sans v&#233;ritable escale de d&#233;tente. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une seconde enqu&#234;te du New York Times, publi&#233;e le 2 septembre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Ismay et Simon Ducroquet, &#171; Inside Supplying U.S. Warships During the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, permet de mesurer encore plus pr&#233;cis&#233;ment le d&#233;fi. Faute de ports r&#233;gionaux accessibles, les ravitailleurs am&#233;ricains devaient effectuer des rotations jusqu'&#224; Diego Garcia, avec des op&#233;rations d'avitaillement en mer tous les cinq ou six jours. L'article souligne &#233;galement qu'un porte-avions am&#233;ricain effectue normalement approximativement une escale par mois afin de permettre notamment au personnel de r&#233;cup&#233;rer ; l'Abraham Lincoln a pass&#233; l'essentiel de ses neuf mois sans en b&#233;n&#233;ficier. L'&#233;pisode est une le&#231;on assez brutale de g&#233;ographie militaire. Perdre un port situ&#233; &#224; proximit&#233; oblige une grande marine &#224; d&#233;placer son syst&#232;me logistique de plusieurs milliers de kilom&#232;tres. Vu de Paris, l'utilit&#233; de Djibouti n'en appara&#238;t que plus clairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Derri&#232;re Bab el-Mandeb, une file de camions de Brest &#224; Berlin&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'importance de Djibouti ne tient cependant pas uniquement au ravitaillement des marines de guerre. Elle r&#233;side aussi dans ce qui passe chaque jour devant ses c&#244;tes. En 2023, l'amiral Pierre Vandier, alors chef d'&#233;tat-major de la Marine nationale, avait utilis&#233; devant les d&#233;put&#233;s une image particuli&#232;rement parlante pour illustrer la d&#233;pendance europ&#233;enne aux flux maritimes. Il expliquait que quinze tr&#232;s grands porte-conteneurs charg&#233;s chacun d'environ 20 000 conteneurs franchissaient chaque jour le canal de Suez en direction de l'Europe. Soit environ 300 000 conteneurs. Une fois plac&#233;s sur des camions, expliquait-il, ils formeraient une file ininterrompue de Brest &#224; Berlin. Il ajoutait que le canal de Suez voyait passer quotidiennement l'&#233;quivalent d'&#171; un Rungis annuel &#187;. Le propos permet de ramener la g&#233;opolitique au quotidien. Nos &#233;quipements &#233;lectroniques, nos v&#234;tements, une partie de notre alimentation, les mati&#232;res premi&#232;res et l'&#233;nergie n&#233;cessaires &#224; l'industrie europ&#233;enne d&#233;pendent de ces routes.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'amiral Vandier distinguait alors trois passages particuli&#232;rement sensibles : Ormuz, Bab el-Mandeb et Suez. Djibouti se trouve pr&#233;cis&#233;ment face au deuxi&#232;me. Il suffisait, pr&#233;venait-il d&#233;j&#224;, d'une mont&#233;e en tension pour que les flux soient menac&#233;s, avec des cons&#233;quences rapides sur l'&#233;conomie, les approvisionnements et le niveau de vie des Europ&#233;ens. Trois ans plus tard, l'actuel chef d'&#233;tat-major de la Marine, l'amiral Nicolas Vaujour, formule la m&#234;me probl&#233;matique sous un angle encore plus large.Lors d'une audition parlementaire d'avril 2026, il tire de l'&#233;volution des crises contemporaines ce qu'il pr&#233;sente comme un premier retour d'exp&#233;rience strat&#233;gique : &#171; Tout conflit terrestre d&#233;borde in&#233;vitablement en mer &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Assembl&#233;e nationale, Commission de la d&#233;fense nationale et des forces (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre en Ukraine a imm&#233;diatement perturb&#233; le commerce des c&#233;r&#233;ales ; les conflits du Proche-Orient ont affect&#233; Bab el-Mandeb et favoris&#233; la mise en place de la mission europ&#233;enne Aspides ; la crise iranienne a produit &#224; son tour des cons&#233;quences directes sur le commerce du p&#233;trole et du gaz. Cette formule r&#233;sume assez bien la situation de Djibouti. Le pays peut para&#238;tre &#233;loign&#233; des fronts ukrainien, palestinien ou iranien. En r&#233;alit&#233;, une partie de leurs cons&#233;quences &#233;conomiques et strat&#233;giques finit par passer au large de ses c&#244;tes. La g&#233;ographie transforme donc Djibouti en une sorte de sismographe maritime des crises terrestres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bab el-Mandeb : la crise rench&#233;rit le fret mais valorise aussi Djibouti&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les perturbations en mer Rouge ont d&#233;j&#224; produit des effets &#233;conomiques mesurables. Le pr&#233;sident de l'Autorit&#233; des ports et des zones franches de Djibouti, Aboubaker Omar Hadi, expliquait r&#233;cemment sur les ondes de la RTD que le co&#251;t moyen du transport d'un conteneur dans la r&#233;gion &#233;tait pass&#233;, selon les chiffres qu'il avan&#231;ait, d'environ 3 000 dollars &#224; pr&#232;s de 10 000 dollars. Djibouti insiste toutefois sur la r&#233;silience de ses propres infrastructures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec six ports sp&#233;cialis&#233;s et une ouverture directe vers l'oc&#233;an Indien, le pays entend consolider sa fonction de plateforme logistique entre l'Afrique, l'Asie et l'Europe. L'objectif n'est plus n&#233;cessairement de multiplier les ports mais de maximiser l'utilisation des infrastructures existantes. La crise cr&#233;e ainsi une situation paradoxale. Elle rench&#233;rit les transports et fragilise les flux dont d&#233;pend l'&#233;conomie djiboutienne, mais elle rappelle &#233;galement aux grandes puissances et aux armateurs la valeur de la stabilit&#233; du territoire, de ses ports et de leur disponibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Chine a modifi&#233; le rapport de forces&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouverture de la base militaire chinoise &#224; Djibouti en 2017 a &#233;videmment contribu&#233; &#224; changer les termes de la n&#233;gociation franco-djiboutienne. Mais la pr&#233;sence chinoise est beaucoup plus vaste que son implantation militaire. Ports, chemin de fer Djibouti-Addis-Abeba, zone franche et infrastructures num&#233;riques : P&#233;kin a associ&#233; finance, construction et strat&#233;gie dans une mesure avec laquelle Paris ne peut pas rivaliser euro pour euro. Cette diff&#233;rence est depuis longtemps identifi&#233;e par les autorit&#233;s djiboutiennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2023, Mohamed Ali Hassan, alors secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res, constatait que les alli&#233;s traditionnels de Djibouti n'avaient pas produit beaucoup de r&#233;alisations &#233;conomiques malgr&#233; leur pr&#233;sence dans le pays&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Mahdi A., &#171; Djibouti dans le monde du XXIe si&#232;cle &#187;, Human Village, n&#176; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il insistait sur la n&#233;cessit&#233; d'investissements priv&#233;s, mais aussi de politiques de coop&#233;ration consacr&#233;es aux infrastructures essentielles au d&#233;veloppement &#233;conomique et social, tout en reconnaissant que la Chine avait beaucoup fait dans ce domaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
La revendication djiboutienne peut donc se r&#233;sumer simplement : la g&#233;ographie ne doit plus seulement produire des loyers militaires ; elle doit produire du d&#233;veloppement. C'est ce qui permet de comprendre la continuit&#233; entre le nouveau trait&#233; de d&#233;fense, le projet d'a&#233;roport, la formation universitaire et d&#233;sormais le spatial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un repositionnement fran&#231;ais qui d&#233;passe Djibouti&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le texte publi&#233; dans nos colonnes sur la visite de la ministre fran&#231;aise des Arm&#233;es Catherine Vautrin &#224; Djibouti&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mahdi A., &#171; Catherine Vautrin &#224; Djibouti, poign&#233;e de l'&#233;ventail strat&#233;gique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en mai dernier permet de replacer cette &#233;volution dans un mouvement beaucoup plus large. La France elle-m&#234;me affirme vouloir changer de mod&#232;le en Afrique.&lt;br class='autobr' /&gt;
En mai, Jean-No&#235;l Barrot pr&#233;sentait la nouvelle relation avec les partenaires africains comme fond&#233;e sur une &#171; approche respectueuse de nos int&#233;r&#234;ts mutuels et de la souverainet&#233; de chacun &#187;. Cette formulation r&#233;pond aux conclusions du rapport d'information de l'Assembl&#233;e nationale L'influence de la France dans un monde postcolonial, port&#233; par les d&#233;put&#233;es Am&#233;lia Lakrafi et Sabrina Sebaihi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Conclusion des travaux d'une mission d'information sur l'influence de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les travaux parlementaires invitent Paris &#224; d&#233;passer les logiques d'influence h&#233;rit&#233;es pour privil&#233;gier des partenariats plus horizontaux, capables d'int&#233;grer les &#201;tats mais aussi les entreprises, les jeunesses, les diasporas et les soci&#233;t&#233;s civiles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le diagnostic est parfois s&#233;v&#232;re. Sabrina Sebaihi rel&#232;ve notamment que la pr&#233;sence militaire fran&#231;aise, auparavant sollicit&#233;e par plusieurs &#201;tats, a pu devenir progressivement une cible politique lorsqu'elle est apparue trop permanente ou insuffisamment adapt&#233;e &#224; l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s africaines. Elle insiste &#233;galement sur des jeunesses plus politis&#233;es, attach&#233;es &#224; leur souverainet&#233; et beaucoup plus exigeantes sur la coh&#233;rence des partenariats propos&#233;s par les puissances &#233;trang&#232;res. Djibouti constitue &#224; cet &#233;gard un cas int&#233;ressant. Contrairement au Sahel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Mahdi A., &#171; Les forces fran&#231;aises au Niger red&#233;ploy&#233;es &#224; Djibouti ? &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la relation militaire n'a pas d&#233;bouch&#233; sur une rupture. Mais cela ne signifie pas qu'elle puisse simplement continuer comme auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sortir de la &#171; garnison &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pr&#233;cis&#233;ment le principal avertissement formul&#233; par rapport de recherche du minist&#232;re des Arm&#233;es, r&#233;dig&#233; par Sonia Le Gouriellec et M&#233;lissa Levaillant, publi&#233; en juin 2026, &lt;i&gt;Djibouti, entre bastion africain et avant-poste indopacifique&lt;/i&gt;. Ses autrices recommandent de ne pas consid&#233;rer le nouveau trait&#233; de vingt ans comme un acquis qui dispenserait Paris de faire &#233;voluer sa pr&#233;sence. Au contraire, elles pr&#233;conisent de passer d'une logique de &#171; garnison &#187; &#224; celle de partenaire de la souverainet&#233; djiboutienne. Cela suppose notamment d'&#233;largir les relations au-del&#224; des seules forces arm&#233;es : police, gendarmerie, garde-c&#244;tes et soci&#233;t&#233; civile doivent &#233;galement entrer davantage dans le champ de la coop&#233;ration. La formation militaire occupe une place centrale dans ces recommandations. Un officier djiboutien form&#233; dans les institutions fran&#231;aises, rappellent les autrices, peut rester pendant vingt ou trente ans un relais de coop&#233;ration, bien au-del&#224; des changements de gouvernements et des rotations diplomatiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette approche repose moins sur la recherche d'une influence spectaculaire que sur la cr&#233;ation de liens institutionnels et humains durables. D'ailleurs la proposition la plus originale du rapport concerne peut-&#234;tre la langue. Sonia Le Gouriellec et M&#233;lissa Levaillant constatent que la bataille des perceptions ne se d&#233;roule plus principalement dans les communiqu&#233;s officiels. &#192; Djibouti, elle se joue largement sur Facebook et surtout sur TikTok, aupr&#232;s d'une audience en grande partie somalophone. Elles pr&#233;sentent ainsi le somali comme un &#171; icebreaker strat&#233;gique &#187; : quelques phrases prononc&#233;es publiquement par un responsable fran&#231;ais dans la langue locale peuvent produire un effet de proximit&#233; qu'aucun communiqu&#233; institutionnel ne reproduira. D'o&#249; leur recommandation : faire de l'apprentissage du somali un v&#233;ritable axe de pr&#233;paration des officiers fran&#231;ais affect&#233;s &#224; Djibouti. L'id&#233;e peut sembler modeste face aux milliards investis dans les ports, les avions ou les satellites. Elle r&#233;v&#232;le pourtant une &#233;volution importante. Une relation bilat&#233;rale ne tient pas seulement &#224; des Rafale, &#224; des trait&#233;s ou &#224; des contributions financi&#232;res. Elle repose aussi sur la mani&#232;re dont les repr&#233;sentants d'un pays comprennent la soci&#233;t&#233; aupr&#232;s de laquelle ils vivent et travaillent.&lt;br class='autobr' /&gt;
La note recommande &#233;galement de mieux valoriser les secours apport&#233;s &#224; la population, les actions du g&#233;nie, la coop&#233;ration m&#233;dicale et les op&#233;rations civilo-militaires, plut&#244;t que de laisser la pr&#233;sence fran&#231;aise &#234;tre d&#233;finie uniquement par ses cl&#244;tures militaires. Sa conclusion est particuli&#232;rement claire : parler &#224; tous les acteurs djiboutiens, moderniser les capacit&#233;s dans l'horizon du trait&#233; de vingt ans et reconqu&#233;rir le terrain informationnel par des actions concr&#232;tes, humaines et par l'apprentissage des langues locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et le &#171; sentiment antifran&#231;ais &#187; commence parfois au consulat&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le repositionnement fran&#231;ais poss&#232;de &#233;galement une dimension plus quotidienne, que les grandes discussions strat&#233;giques ont tendance &#224; n&#233;gliger. Le rapport parlementaire sur l'influence fran&#231;aise insiste fortement sur la question des visas et de la mobilit&#233;. Am&#233;lia Lakrafi rappelle que les refus de visas sont particuli&#232;rement mal v&#233;cus dans les anciennes colonies fran&#231;aises et r&#233;sume le probl&#232;me par une formule assez redoutable : &#171; le sentiment antifran&#231;ais commence au consulat &#187;. Elle estime que la gestion des visas nourrit frustration et ranc&#339;ur lorsque le discours politique sur le partenariat ne correspond pas &#224; l'exp&#233;rience concr&#232;te v&#233;cue par les &#233;tudiants, familles, entrepreneurs ou chercheurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mahdi A., &#171; La d&#233;livrance des visas Schengen &#224; Djibouti... instrument de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce sujet peut sembler &#233;loign&#233; de la visite d'Ismail Omar Guelleh et du sommet spatial. Il ne l'est probablement pas tant que cela. Si Paris veut d&#233;velopper la coop&#233;ration universitaire, scientifique et technologique avec Djibouti, la mobilit&#233; des &#233;tudiants, chercheurs, ing&#233;nieurs et entrepreneurs devient une composante tr&#232;s concr&#232;te de la cr&#233;dibilit&#233; du partenariat. On ne peut gu&#232;re promouvoir une coop&#233;ration spatiale tout en rendant excessivement difficile la circulation des personnes appel&#233;es &#224; la faire vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du strat&#233;gique au technologique : diversifier la relation&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est probablement sur ce terrain que le d&#233;placement actuel prend sa plus grande port&#233;e. Djibouti a d&#233;j&#224; r&#233;ussi &#224; ren&#233;gocier le cadre militaire. Il lui reste maintenant &#224; obtenir davantage de retomb&#233;es &#233;conomiques et technologiques. Le spatial peut constituer un secteur embl&#233;matique : formation d'ing&#233;nieurs, observation de la Terre, traitement des donn&#233;es, surveillance environnementale, connectivit&#233; et, &#224; terme, d&#233;veloppement d'une v&#233;ritable capacit&#233; nationale. Mais il n'est qu'une composante parmi d'autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
La note de Sonia Le Gouriellec et M&#233;lissa Levaillant rappelle &#233;galement l'importance strat&#233;gique croissante des c&#226;bles sous-marins et des centres de donn&#233;es dans un pays situ&#233; au croisement de plusieurs grandes infrastructures num&#233;riques internationales. Pour Djibouti, les flux ne sont donc plus uniquement constitu&#233;s de conteneurs et de p&#233;trole : ils sont aussi num&#233;riques. Le passage d'une &#233;conomie de transit &#224; une &#233;conomie capable de capter davantage de valeur ajout&#233;e autour de ces flux constitue l'un des enjeux fondamentaux des prochaines ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une proc&#233;dure judiciaire rest&#233;e en arri&#232;re-plan&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La visite parisienne intervient par ailleurs quelques jours apr&#232;s la publication, le 3 septembre, par &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, d'un article faisant &#233;tat du d&#233;p&#244;t d'une plainte avec constitution de partie civile par l'association Sherpa contre Isma&#239;l Omar Guelleh et plusieurs membres de son entourage dans le dossier dit des &#171; biens mal acquis &#187;. La plainte, d&#233;pos&#233;e le 2 septembre au tribunal de Paris, vise une quinzaine de personnes et porte notamment sur des soup&#231;ons concernant l'acquisition de biens immobiliers en France&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Lepidi, &#171; Biens mal acquis : une plainte cible le pr&#233;sident de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il convient de rappeler qu'il s'agit &#224; ce stade d'accusations port&#233;es dans le cadre d'une proc&#233;dure judiciaire et non de faits &#233;tablis par une d&#233;cision de justice&lt;br class='autobr' /&gt;
Fait notable, l'information ne semble pas avoir &#233;t&#233; reprise par l'AFP, ce qui en a m&#233;caniquement limit&#233; la diffusion dans les m&#233;dias francophones et internationaux. On peut faire l'hypoth&#232;se que cette relative discr&#233;tion m&#233;diatique a &#233;galement &#233;vit&#233; de parasiter une s&#233;quence diplomatique importante entre Paris et Djibouti, voire qu'elle r&#233;pondait &#224; une forme de prudence &#233;ditoriale face &#224; un dossier susceptible de compliquer inutilement une relation bilat&#233;rale particuli&#232;rement strat&#233;gique &#224; quelques jours de la rencontre entre les deux chefs d'&#201;tat. La proc&#233;dure judiciaire est donc demeur&#233;e, jusqu'ici, en arri&#232;re-plan de la s&#233;quence diplomatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une relation plus transactionnelle, mais peut-&#234;tre aussi plus &#233;quilibr&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a quelques ann&#233;es encore, une grande partie de la n&#233;gociation franco-djiboutienne pouvait se r&#233;sumer &#224; trois sujets : le montant du loyer, le nombre de militaires et la superficie des terrains occup&#233;s. Aujourd'hui, la question s'est d&#233;plac&#233;e. Djibouti ne cherche plus seulement &#224; d&#233;terminer combien la France doit payer pour rester. Il demande de plus en plus ce que cette pr&#233;sence peut produire pour le d&#233;veloppement national : infrastructures, formation, emplois, investissements, capacit&#233;s militaires, enseignement sup&#233;rieur, recherche, num&#233;rique et technologie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Paris, de son c&#244;t&#233;, mesure probablement beaucoup mieux qu'auparavant la valeur de ce qu'il conserverait difficilement ailleurs. Les difficult&#233;s rencontr&#233;es par l'USS Abraham Lincoln&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Ismay, &#171; Navy Carrier's Problems&#8230; &#187; art. cit. ; John Ismay et Simon (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, montrent ce qui arrive &#224; une marine priv&#233;e d'un hub logistique proche. Les trois escales du Charles de Gaulle &#224; Djibouti entre 2025 et 2026 montrent que la question concerne directement la France. Le &#171; cordon ombilical &#187; d&#233;crit par le contre-amiral de Possesse rappelle qu'un groupe a&#233;ronaval reste d&#233;pendant de la g&#233;ographie. Les 300 000 conteneurs quotidiens &#233;voqu&#233;s par l'amiral Vandier montrent que cette g&#233;ographie concerne &#233;galement l'&#233;conomie europ&#233;enne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mahdi A., &#171; Catherine Colonna et S&#233;bastien Lecornu &#224; Djibouti, quels enjeux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et la formule de l'amiral Vaujour &#8211; &lt;i&gt;tout conflit terrestre d&#233;borde en mer&lt;/i&gt; &#8211; explique pourquoi les crises ukrainienne, proche-orientale ou iranienne finissent toutes, d'une mani&#232;re ou d'une autre, par renforcer la centralit&#233; de Bab el-Mandeb&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Audition de l'amiral Nicolas Vaujour&#8230; &#187;, art. cit.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre Paris, P&#233;kin, Washington et Tokyo : l'&#233;quilibre djiboutien&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est sans doute ici que r&#233;side l'un des principaux succ&#232;s de la strat&#233;gie djiboutienne. Sur un territoire r&#233;duit cohabitent des installations fran&#231;aises, am&#233;ricaines, chinoises, japonaises et italiennes, auxquelles s'ajoutent des relations de plus en plus &#233;troites avec les pays du Golfe, la Turquie, l'Inde ou encore l'&#201;gypte. La note Seldon d&#233;crit &#224; juste titre Djibouti comme un &#171; laboratoire de la multipolarit&#233; &#187;. L'objectif djiboutien n'est pas n&#233;cessairement de remplacer un partenaire par un autre. Il consiste plut&#244;t &#224; &#233;viter que l'un d'entre eux ne puisse consid&#233;rer sa pr&#233;sence comme d&#233;finitivement acquise. La concurrence entre puissances donne ainsi &#224; Djibouti une capacit&#233; de n&#233;gociation qu'il ne poss&#233;derait pas dans le cadre d'une relation exclusive.&lt;br class='autobr' /&gt;
La France apporte une garantie de s&#233;curit&#233; que la Chine n'offre pas. P&#233;kin dispose, de son c&#244;t&#233;, d'une capacit&#233; d'investissement infrastructurel que Paris ne peut mobiliser &#224; la m&#234;me &#233;chelle. Les &#201;tats-Unis apportent des moyens militaires consid&#233;rables. Le Japon occupe un cr&#233;neau s&#233;curitaire et maritime sp&#233;cifique. Djibouti tente de tirer parti de chacun de ces partenariats sans se rendre enti&#232;rement d&#233;pendant d'un seul. La rencontre parisienne doit &#233;galement &#234;tre lue sous cet angle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Arabie saoudite, prochaine variable de l'&#233;quation ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette logique de diversification pourrait encore s'approfondir. La note de Sonia Le Gouriellec et M&#233;lissa Levaillant rel&#232;ve que l'Arabie saoudite ambitionne &#224; son tour d'&#233;tablir une pr&#233;sence militaire &#224; Djibouti, notamment afin de r&#233;pondre &#224; la menace houthie et de prot&#233;ger ses int&#233;r&#234;ts commerciaux et strat&#233;giques en mer Rouge. Il convient de parler &#224; ce stade d'un projet d'ancrage ou de pr&#233;sence militaire, et non d'une base saoudienne d&#233;j&#224; install&#233;e. Cette &#233;ventualit&#233; n'aurait d'ailleurs pas n&#233;cessairement pour seule cons&#233;quence d'introduire un concurrent suppl&#233;mentaire pour la France. Paris et Riyad ont parall&#232;lement consid&#233;rablement renforc&#233; leur propre relation strat&#233;gique. Emmanuel Macron et Mohammed ben Salmane ont encore r&#233;affirm&#233;, en ao&#251;t 2026, leur volont&#233; de donner davantage de substance au &#171; partenariat strat&#233;gique &#187; franco-saoudien. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le m&#234;me temps, l'Arabie saoudite a propos&#233;, fin juillet, la cr&#233;ation d'une coalition multinationale de d&#233;fense maritime destin&#233;e &#224; prot&#233;ger la libert&#233; de navigation et les routes commerciales et &#233;nerg&#233;tiques de la mer Rouge, de Bab el-Mandeb et du golfe d'Aden. Djibouti figure parmi les &#201;tats ayant officiellement soutenu cette initiative. Si le projet d'ancrage militaire saoudien &#224; Djibouti devait se concr&#233;tiser, Paris pourrait donc &#234;tre confront&#233; &#224; une situation plus complexe qu'une simple concurrence entre bases &#233;trang&#232;res. La pr&#233;sence saoudienne pourrait &#233;galement ouvrir des possibilit&#233;s de coordination dans la surveillance maritime, la lutte anti-drone, la protection de Bab el-Mandeb ou encore la s&#233;curisation des flux commerciaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
La multiplication des implantations &#233;trang&#232;res ne diminue donc pas n&#233;cessairement la valeur de la pr&#233;sence fran&#231;aise. Elle peut aussi transformer Djibouti en une plateforme o&#249; Paris coop&#232;re avec des partenaires qu'il retrouve dans d'autres architectures r&#233;gionales de s&#233;curit&#233;. Dans le cas saoudien, comp&#233;tition et coop&#233;ration pourraient parfaitement coexister.&lt;br class='autobr' /&gt;
La relation franco-djiboutienne repose ainsi aujourd'hui moins sur l'histoire que sur une interd&#233;pendance strat&#233;gique n&#233;goci&#233;e. La France dispose de capacit&#233;s militaires, diplomatiques, scientifiques et technologiques que Djibouti souhaite mobiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Djibouti poss&#232;de, de son c&#244;t&#233;, quelque chose qu'aucune technologie ne peut d&#233;placer : sa g&#233;ographie. Une g&#233;ographie situ&#233;e au d&#233;bouch&#233; de Bab el-Mandeb, sur la route de Suez, face &#224; la p&#233;ninsule Arabique et &#224; proximit&#233; imm&#233;diate de l'une des principales voies commerciales et &#233;nerg&#233;tiques de la plan&#232;te. Mais la strat&#233;gie djiboutienne consiste pr&#233;cis&#233;ment &#224; ne plus consid&#233;rer cette g&#233;ographie comme une fin en soi. Apr&#232;s avoir obtenu des infrastructures portuaires, une hausse substantielle de la contribution militaire fran&#231;aise et un trait&#233; de d&#233;fense renouvel&#233; pour vingt ans, le pays veut d&#233;sormais davantage : formation, recherche, donn&#233;es, num&#233;rique, spatial et comp&#233;tences. C'est sans doute l&#224; que r&#233;side la signification la plus int&#233;ressante du voyage d'Isma&#239;l Omar Guelleh &#224; Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s avoir ren&#233;goci&#233; le prix de sa g&#233;ographie, Djibouti cherche d&#233;sormais &#224; en n&#233;gocier les dividendes &#233;conomiques, humains et technologiques. Et Paris, apr&#232;s avoir s&#233;curis&#233; pour vingt ans l'un de ses points d'appui les plus pr&#233;cieux, doit montrer qu'il a compris l'autre moiti&#233; de l'&#233;quation : pour durer &#224; Djibouti, la France ne peut plus seulement &#234;tre utile &#224; ses propres forces. Elle doit &#233;galement &#234;tre utile &#224; Djibouti. Le passage du loyer aux satellites est, &#224; cet &#233;gard, tout un symbole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Mahdi A.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Mahdi A., &#171; &lt;a href='http://www.human-village.org/spip.php?article1752' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Emmanuel Macron &#224; Djibouti pour donner de la coh&#233;rence et du sens &#224; la relation&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, n&#176; 52, d&#233;cembre 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/cion_def/l17b2910_rapport-information&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rapport d'information d&#233;pos&#233; en application de l'article 145 du r&#232;glement, par la commission de la d&#233;fense nationale et des forces arm&#233;es, en conclusion des travaux d'une mission d'information sur le th&#232;me de &#171; la mobilit&#233; strat&#233;gique en Europe et dans les territoires ultramarins &#187; (M. Julien Limongi et Mme Sabine Thillaye), n&#176; 2910&lt;/a&gt; &#187;, Assembl&#233;e nationale, 10 juin 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;John Ismay, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.nytimes.com/2026/08/14/us/politics/uss-abraham-lincoln-trump-supplies-diego-garcia.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Navy Carrier's Problems Are Tied to Attacks on U.S. Base Early in War&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;The New York Times&lt;/i&gt;, 14 ao&#251;t 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;John Ismay et Simon Ducroquet, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.nytimes.com/interactive/2026/09/02/us/iran-war-us-navy-carriers-supply.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Inside Supplying U.S. Warships During the Iran War&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;The New York Times&lt;/i&gt;, 2 septembre 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Assembl&#233;e nationale, Commission de la d&#233;fense nationale et des forces arm&#233;es, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/organes/commissions-permanentes/defense/actualites/actualisation-de-la-programmation-militaire-pour-les-annees-2024-a-2030-audition-de-l-amiral-nicolas-vaujour-chef-d-etat-major-de-la-marine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Audition de l'amiral Nicolas Vaujour, chef d'&#233;tat-major de la Marine, sur le projet de loi actualisant la programmation militaire pour les ann&#233;es 2024 &#224; 2030&lt;/a&gt; &#187;, 9 avril 2026&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Mahdi A., &#171; &lt;a href='http://www.human-village.org/spip.php?article474' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Djibouti dans le monde du XXIe si&#232;cle&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, n&#176; 34, octobre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mahdi A., &#171; &lt;a href='http://www.human-village.org/spip.php?article2016' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Catherine Vautrin &#224; Djibouti, poign&#233;e de l'&#233;ventail strat&#233;gique fran&#231;ais&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, n&#176; 57, mai 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/cion_afetr/l17b2683_rapport-information&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Conclusion des travaux d'une mission d'information sur l'influence de la France dans un monde postcolonial&lt;/a&gt; &#187;, Assembl&#233;e nationale, 15 avril 2026&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Mahdi A., &#171; &lt;a href='http://www.human-village.org/spip.php?article1584' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les forces fran&#231;aises au Niger red&#233;ploy&#233;es &#224; Djibouti ?&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, n&#176; 49, septembre 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mahdi A., &#171; &lt;a href='http://www.human-village.org/spip.php?article315' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La d&#233;livrance des visas Schengen &#224; Djibouti... instrument de la diplomatie fran&#231;aise ?&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, n&#176; 30, juin 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Lepidi, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/international/article/2026/09/03/biens-mal-acquis-une-plainte-cible-le-president-de-djibouti-et-allie-militaire-de-la-france-ismail-omar-guelleh-et-son-entourage_6765187_3210.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Biens mal acquis : une plainte cible le pr&#233;sident de Djibouti et alli&#233; militaire de la France, Isma&#239;l Omar Guelleh, et son entourage&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 3 septembre 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;John Ismay, &#171; Navy Carrier's Problems&#8230; &#187; art. cit. ; John Ismay et Simon Ducroquet, &#171; Inside Supplying U.S. Warships&#8230; &#187; art. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mahdi A., &#171; &lt;a href='http://www.human-village.org/spip.php?article1604' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Catherine Colonna et S&#233;bastien Lecornu &#224; Djibouti, quels enjeux ?&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Human Village&lt;/i&gt;, n&#176; 49, d&#233;cembre 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Audition de l'amiral Nicolas Vaujour&#8230; &#187;, art. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rencontre entre Jean-No&#235;l Barrot et Abdoulkader Houssein Omar</title>
		<link>http://www.human-village.org/spip.php?article2069</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.human-village.org/spip.php?article2069</guid>
		<dc:date>2026-09-09T15:11:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Communiqu&#233; du MAE fran&#231;ais.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026-9-barrot-abdoulkader-de9a7.jpg?1788966902' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Communiqu&#233; du MAE fran&#231;ais&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5023 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L400xH368/58-barrot-abdoulkader-eb1c9.jpg?1788966902' width='400' height='368' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jean-No&#235;l Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires &#233;trang&#232;res, s'est entretenu avec Abdoulkader Houssein Omar, ministre des Affaires &#233;trang&#232;res et de la coop&#233;ration internationale de la R&#233;publique de Djibouti et porte-parole du gouvernement, &#224; Paris le 7 septembre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les ministres ont salu&#233; le caract&#232;re dynamique et substantiel de la relation entre la France et Djibouti, fond&#233;e sur des liens historiques et port&#233;e par un partenariat renouvel&#233;. Cet entretien leur a permis de r&#233;affirmer leur d&#233;termination &#224; poursuivre la coop&#233;ration entre la France et Djibouti dans de nombreux domaines, allant de l'&#233;conomie &#224; l'espace en passant par l'&#233;ducation. Les ministres ont &#233;galement &#233;voqu&#233; des sujets d'int&#233;r&#234;t commun, tels que la stabilit&#233; dans la Corne de l'Afrique et la situation au Moyen-Orient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dynamisme de la relation s'est &#233;galement traduit par la tenue, le 8 septembre 2026, du dialogue politique France-Djibouti, cadre privil&#233;gi&#233; permettant de continuer &#224; approfondir le partenariat solide qui unit la France et Djibouti.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Transformer la g&#233;ographie en une force pour la paix et la prosp&#233;rit&#233;</title>
		<link>http://www.human-village.org/spip.php?article2067</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.human-village.org/spip.php?article2067</guid>
		<dc:date>2026-09-06T06:45:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Naguib Ali Taher</dc:creator>


		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une vision strat&#233;gique pour la mer Rouge et la Corne de l'Afrique.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;D&#233;bats&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_9-naguib-geographie-87c57.jpg?1788677296' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Djibouti a pass&#233; des d&#233;cennies &#224; transformer sa g&#233;ographie en pertinence strat&#233;gique. Son prochain d&#233;fi est de convertir cette pertinence en force &#233;conomique durable, en r&#233;silience accrue et en influence diplomatique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'entr&#233;e sud de la mer Rouge, face &#224; Bab el-Mandeb, Djibouti se trouve au carrefour du transport maritime mondial, des routes &#233;nerg&#233;tiques, de la s&#233;curit&#233; maritime, de la comp&#233;tition entre grandes puissances et des ambitions &#233;conomiques de la Corne de l'Afrique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la g&#233;ographie n'est pas le pouvoir. Elle cr&#233;e des opportunit&#233;s. La strat&#233;gie transforme les opportunit&#233;s en influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de la mer Rouge a replac&#233; Djibouti au centre d'un paysage strat&#233;gique en mutation. Pourtant, &#234;tre proche des grands &#233;v&#233;nements ne signifie pas pouvoir les fa&#231;onner. Cela exige des institutions solides, une &#233;conomie r&#233;siliente, des infrastructures comp&#233;titives et un jugement strat&#233;gique.&lt;br class='autobr' /&gt;
La question n'est donc pas de savoir comment pr&#233;server l'importance de Djibouti, mais comment la transformer en r&#233;silience, en autonomie et en r&#244;le r&#233;gional constructif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La s&#233;curit&#233; de Bab el-Mandeb commence &#224; terre&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La crise de la mer Rouge a d&#233;montr&#233; une v&#233;rit&#233; simple : la s&#233;curit&#233; maritime ne commence pas en mer. Bab el-Mandeb est plus qu'un &#233;troit passage maritime. Il relie ports, cha&#238;nes d'approvisionnement, march&#233;s &#233;nerg&#233;tiques et &#233;conomies &#224; travers les continents. Sa s&#233;curit&#233; d&#233;pend non seulement de la puissance navale, mais aussi de la stabilit&#233; des &#201;tats riverains, de la r&#233;silience de leurs infrastructures et de leur capacit&#233; &#224; g&#233;rer les tensions avant qu'elles ne deviennent des crises. Les routes alternatives peuvent r&#233;duire l'exposition &#224; certains risques. Elles ne les &#233;liminent pas ; elles les redistribuent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un d&#233;troit s&#251;r ne peut coexister avec une r&#233;gion instable. Djibouti a donc un int&#233;r&#234;t direct &#224; la stabilit&#233; de l'ensemble de la mer Rouge et de la Corne de l'Afrique, ainsi qu'au maintien de voies commerciales r&#233;gionales et mondiales s&#251;res, ouvertes et pr&#233;visibles. La contribution de Djibouti &#224; la s&#233;curit&#233; maritime doit donc aller au-del&#224; de l'accueil de forces internationales. Ports, routes, syst&#232;mes &#233;nerg&#233;tiques, r&#233;seaux num&#233;riques, infrastructures frontali&#232;res et communaut&#233;s r&#233;silientes sont aussi des instruments de s&#233;curit&#233; r&#233;gionale. La valeur strat&#233;gique de Djibouti doit ainsi se mesurer non seulement &#224; ce qui se passe au large, mais aussi &#224; la solidit&#233; et &#224; la fiabilit&#233; de ce qu'il construit &#224; terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des partenariats sans d&#233;pendance&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La pr&#233;sence militaire &#233;trang&#232;re &#224; Djibouti en a fait un &#233;l&#233;ment important de l'architecture de s&#233;curit&#233; de la mer Rouge et de la Corne. Ces partenariats soutiennent la s&#233;curit&#233; maritime, la lutte contre le terrorisme, les op&#233;rations humanitaires et la logistique. Ils donnent aussi &#224; Djibouti une influence diplomatique sup&#233;rieure &#224; sa taille. Mais les partenariats ne sont pas automatiquement des atouts strat&#233;giques. La souverainet&#233; ne signifie pas rejeter la coop&#233;ration. Elle signifie en d&#233;finir les termes, en g&#233;rer les limites et veiller &#224; ce qu'elle serve les int&#233;r&#234;ts nationaux. Djibouti n'a pas besoin de choisir entre des puissances concurrentes. Un r&#233;seau diversifi&#233; de partenariats peut offrir une marge de man&#339;uvre strat&#233;gique, &#224; condition que Djibouti conserve la capacit&#233; de fixer ses propres priorit&#233;s. L'objectif ne doit &#234;tre ni l'alignement sur un camp ni la d&#233;pendance envers un autre, mais la diversification strat&#233;gique : coop&#233;rer avec diff&#233;rents partenaires lorsque les int&#233;r&#234;ts convergent, tout en pr&#233;servant la d&#233;cision nationale et en &#233;vitant une d&#233;pendance excessive envers une seule relation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;thiopie : la concurrence comme incitation &#224; l'excellence&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'avenir &#233;conomique de Djibouti est &#233;troitement li&#233; &#224; l'&#201;thiopie. Les deux pays sont connect&#233;s par le commerce, les infrastructures et la logistique. L'&#201;thiopie cherche naturellement un acc&#232;s fiable et comp&#233;titif &#224; la mer. Sa recherche de voies alternatives est l&#233;gitime. Elle ne devient un probl&#232;me strat&#233;gique que lorsque la concurrence commerciale se transforme en confrontation g&#233;opolitique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon le minist&#232;re &#233;thiopien des Transports et de la logistique, le pays a transport&#233; environ 17,57 millions de tonnes de marchandises d'importation et d'exportation en 2025/26, dont 15,34 millions de tonnes, soit 96,71 %, ont transit&#233; par Djibouti&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le site motl.gov.et.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce chiffre montre l'importance exceptionnelle de Djibouti aujourd'hui, mais aussi le d&#233;fi strat&#233;gique : la d&#233;pendance cr&#233;e un levier, mais elle incite aussi &#224; la diversification.&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti ne devrait donc pas s'opposer aux voies alternatives. Il devrait rendre son propre corridor plus difficile &#224; remplacer : meilleures infrastructures, proc&#233;dures plus rapides, co&#251;ts de transaction plus faibles, logistique moderne, r&#233;glementation transparente et recours accru &#224; la technologie. La domination ne doit jamais &#234;tre confondue avec la permanence. La pertinence strat&#233;gique doit &#234;tre continuellement m&#233;rit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du transit &#224; la cr&#233;ation de valeur&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation g&#233;ographique de Djibouti a cr&#233;&#233; d'immenses opportunit&#233;s. Mais l'avenir ne peut d&#233;pendre uniquement du transit des marchandises. L'&#233;tape suivante est de passer du transit &#224; la cr&#233;ation de valeur. Cela exige un secteur priv&#233; plus fort. L'&#201;tat doit cr&#233;er les conditions permettant aux entrepreneurs et investisseurs de d&#233;velopper des entreprises, cr&#233;er des emplois, proposer de nouveaux services et investir dans des capacit&#233;s productives. Le d&#233;veloppement du secteur priv&#233; n'est pas s&#233;par&#233; de la strat&#233;gie nationale ; il en est central.&lt;br class='autobr' /&gt;
La zone franche doit devenir plus qu'un centre d'entreposage et de distribution. Elle doit &#233;voluer vers une plateforme de fabrication, d'assemblage, de transformation, d'emballage, de logistique de cha&#238;ne du froid et de r&#233;exportation. Pour cela, Djibouti doit rendre l'investissement commercialement viable : &#233;nergie fiable et abordable, ports efficaces, r&#233;glementation pr&#233;visible, acc&#232;s au financement, dispositifs fiscaux et douaniers comp&#233;titifs, main-d'&#339;uvre qualifi&#233;e et acc&#232;s direct aux march&#233;s r&#233;gionaux. Ce sont les fondements de la diversification.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'acc&#232;s au financement m&#233;rite une attention particuli&#232;re. Les petites et moyennes entreprises ne peuvent devenir des moteurs de l'emploi et de l'innovation si les entreprises viables n'obtiennent pas de cr&#233;dit abordable. Le renforcement des institutions financi&#232;res et le d&#233;veloppement d'instruments adapt&#233;s doivent donc faire partie de l'agenda national de comp&#233;titivit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'acc&#232;s aux march&#233;s r&#233;gionaux est tout aussi important. Le corridor Djibouti&#8211;&#201;thiopie&#8211;Soudan du Sud&#8211;Ouganda peut relier davantage le pays aux march&#233;s enclav&#233;s d'Afrique de l'Est, &#224; condition que les proc&#233;dures commerciales, les syst&#232;mes logistiques et les infrastructures transfrontali&#232;res &#233;voluent en cons&#233;quence. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'objectif est simple : les marchandises ne doivent pas seulement transiter par Djibouti ; elles doivent de plus en plus y &#234;tre transform&#233;es. Des projets comme le complexe de Damerjog, la zone franche internationale, les investissements &#233;nerg&#233;tiques et la connectivit&#233; num&#233;rique peuvent relier logistique, industrie, technologie et commerce. Djibouti doit aussi continuer &#224; am&#233;liorer l'efficacit&#233; et la comp&#233;titivit&#233; de ses ports. Les incitations fiscales et douani&#232;res doivent attirer des investissements productifs plut&#244;t que simplement subventionner des activit&#233;s qui auraient eu lieu de toute fa&#231;on. Les tarifs portuaires, proc&#233;dures et services logistiques doivent rester comp&#233;titifs &#224; mesure que les alternatives r&#233;gionales se d&#233;veloppent. L'objectif n'est pas d'emp&#234;cher la concurrence. Il est de la surpasser. Les ports g&#233;n&#232;rent des revenus. La cr&#233;ation de valeur g&#233;n&#232;re la transformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Djibouti comme puissance constructive&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'influence de Djibouti ne doit pas &#234;tre mesur&#233;e seulement par les forces &#233;trang&#232;res pr&#233;sentes sur son territoire ou les marchandises transitant par ses ports. Sa valeur plus profonde r&#233;side dans sa capacit&#233; &#224; relier des int&#233;r&#234;ts, maintenir les canaux de communication ouverts et cr&#233;er un espace de dialogue. &#192; travers l'Union africaine, l'IGAD, les initiatives de la mer Rouge et d'autres plateformes multilat&#233;rales, Djibouti peut renforcer son r&#244;le d'&#201;tat rassembleur &#8212; capable de r&#233;unir gouvernements et acteurs &#233;conomiques lorsque leurs int&#233;r&#234;ts se croisent. Ce r&#244;le exige de la cr&#233;dibilit&#233;. Celle-ci vient de la constance, de la solidit&#233; institutionnelle, du respect de la souverainet&#233; et de la capacit&#233; &#224; dialoguer avec diff&#233;rents partenaires sans devenir l'instrument de leurs rivalit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
La concurrence est in&#233;vitable. Le d&#233;fi est d'emp&#234;cher qu'elle ne devienne confrontation. Une &#201;thiopie plus prosp&#232;re ne signifie pas un Djibouti plus faible. La croissance d'autres ports r&#233;gionaux ne signifie pas non plus le d&#233;clin de Djibouti. Le mod&#232;le le plus durable est celui dans lequel l'interd&#233;pendance rend la coop&#233;ration plus attractive que le conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le choix strat&#233;gique de Djibouti&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La Corne de l'Afrique est &#224; la crois&#233;e des chemins. Une voie transforme ports et corridors commerciaux en prolongements de la rivalit&#233; g&#233;opolitique, augmentant &#224; la fois la valeur et les risques de la g&#233;ographie. L'autre transforme la g&#233;ographie en fondement d'int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques partag&#233;s, rendant la coop&#233;ration plus profitable que la confrontation. Djibouti dispose d'une occasion rare. Sa position lui donne une influence bien sup&#233;rieure &#224; sa taille, mais la g&#233;ographie n'est que le point de d&#233;part.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les infrastructures cr&#233;ent la connectivit&#233;. Les institutions cr&#233;ent la cr&#233;dibilit&#233;. La diversification cr&#233;e la r&#233;silience. L'entreprise priv&#233;e cr&#233;e des opportunit&#233;s. La diplomatie cr&#233;e l'influence. La souverainet&#233; leur donne une direction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Djibouti n'a pas besoin d'emp&#234;cher l'&#233;mergence d'alternatives. Il doit devenir le partenaire et la porte d'acc&#232;s qui restent difficiles &#224; remplacer, m&#234;me lorsque des alternatives existent. Cela exige un syst&#232;me portuaire comp&#233;titif, un secteur priv&#233; dynamique, un financement accessible, des douanes efficaces, des r&#232;gles d'investissement pr&#233;visibles, une int&#233;gration aux march&#233;s r&#233;gionaux et des infrastructures capables de soutenir l'industrie autant que le transit.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'avenir de Bab el-Mandeb sera fa&#231;onn&#233; non seulement par la puissance navale, mais aussi par les infrastructures, le commerce, l'investissement, les institutions et la diplomatie.En d&#233;finitive, l'avenir de la r&#233;gion d&#233;pend de la capacit&#233; de ses pays &#224; construire des relations dans lesquelles la paix est plus profitable que le conflit et la coop&#233;ration plus gratifiante que la confrontation. La g&#233;ographie a donn&#233; &#224; Djibouti une position exceptionnelle. Transformer cette position en une force pour la paix et la prosp&#233;rit&#233; est un choix strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Naguib Ali Taher,&lt;/strong&gt; responsable de la communication &#224; la pr&#233;sidence djiboutienne&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le site &lt;a href=&#034;https://motl.gov.et&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;motl.gov.et&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'unit&#233; et la coh&#233;sion, gages absolus de s&#251;ret&#233; pour notre nation</title>
		<link>http://www.human-village.org/spip.php?article2066</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.human-village.org/spip.php?article2066</guid>
		<dc:date>2026-09-05T19:44:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;D&#233;claration d'Isma&#239;l Omar Guelleh &#224; Ali-Sabieh.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_8-iog_rpp-a9a3c.jpg?1788637722' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5020 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L500xH333/58-rpp-ali_sabieh-ebe57.jpg?1788637476' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'apr&#232;s un communiqu&#233; de la pr&#233;sidence.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
5 septembre 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ismail Omar Guelleh a fait cette d&#233;claration ce samedi, &#224; Ali-Sabieh, &#224; l'occasion de la fin des trois jours de rassemblement du Rassemblement populaire pour le progr&#232;s (RPP), le parti gouvernemental et principale formation politique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef de l'&#201;tat a d&#233;clar&#233; que &#171; la foi in&#233;branlable en notre pays et notre refus absolu de tol&#233;rer le moindre travers et tout manquement &#224; notre souverainet&#233; sont les gages les plus &#224; m&#234;me de garantir &#224; notre soci&#233;t&#233; la pr&#233;servation de son int&#233;grit&#233;, de sa s&#233;r&#233;nit&#233; et de sa stabilit&#233;. [&#8230;] Le salut de notre nation sera inconditionnellement proportionnel au degr&#233; de non-ing&#233;rence que nous exigeons pour le respect de nos affaires int&#233;rieures. [&#8230;Il a &#233;voqu&#233;] le renforcement de notre patrimoine humain comme autre param&#232;tre de premier plan, de nature &#224; aider notre soci&#233;t&#233; &#224; s'inscrire dans les vertus d'une autosuffisance, pr&#233;lude au d&#233;veloppement durable. [&#8230;] L'acquisition d'un personnel hautement form&#233; aux t&#226;ches et comp&#233;tences indispensables aux prestations de services sollicit&#233;es dans cette partie du monde est plus que fondamentale dans la d&#233;termination de notre communaut&#233; &#224; acc&#233;der &#224; une dignit&#233; immuable, p&#233;renne et continue &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a ensuite soulign&#233; &#171; l'int&#233;r&#234;t, pour notre soci&#233;t&#233;, d'organiser des &#233;v&#233;nements &#224; l'instar de celui que le RPP a tenu ces trois derniers jours &#224; Ali-Sabieh. [&#8230;] Ces rencontres, plac&#233;es sous le signe du d&#233;bat constructif d'id&#233;es et d'intelligence, sont positives &#224; plus d'un titre. [&#8230;] Ces ateliers sont source plurielle d'ing&#233;niosit&#233; et de suggestions au profit de notre d&#233;veloppement &#187;. Il a enfin rappel&#233; sa &#171; foi en la capacit&#233; de notre nation &#224; davantage appr&#233;hender sa destin&#233;e collective avec assurance, confiance et ma&#238;trise de soi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;aller_plus_loin&#034;&gt;Voir aussi &#171; &lt;a href='http://www.human-village.org/spip.php?article466' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Que retenir des &#171; Rencontres citoyennes &#187; du RPP ?&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;union du conseil des ministres de l'IGAD</title>
		<link>http://www.human-village.org/spip.php?article2065</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.human-village.org/spip.php?article2065</guid>
		<dc:date>2026-09-05T12:59:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La 74e session extraordinaire se tiendra &#224; Djibouti le 15 septembre.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_9-igad-74e_conseil-45980.jpg?1788637722' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Djibouti accueillera, le 15 septembre 2026, la 74e session extraordinaire du Conseil des ministres de l'Autorit&#233; intergouvernementale pour le d&#233;veloppement (IGAD). Autour des ministres des Affaires &#233;trang&#232;res, cette r&#233;union sera consacr&#233;e notamment aux enjeux r&#233;gionaux de paix et de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les participants doivent examiner l'&#233;volution de la situation s&#233;curitaire et politique dans la r&#233;gion, &#233;valuer les initiatives r&#233;gionales actuellement en cours et discuter des moyens de renforcer les approches collectives en faveur de la paix, de la stabilit&#233; et de la coop&#233;ration entre les &#201;tats membres.&lt;br class='autobr' /&gt;
La session doit &#233;galement aborder plusieurs questions institutionnelles, notamment celles li&#233;es &#224; la mise en &#339;uvre et au renforcement du trait&#233; de l'IGAD, dans le cadre de l'adaptation de l'organisation aux priorit&#233;s r&#233;gionales et de la consolidation de son mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'issue de la r&#233;union, le Conseil des ministres devrait publier un communiqu&#233; pr&#233;sentant les principales conclusions ainsi que les d&#233;cisions adopt&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil des ministres constitue l'un des principaux organes d&#233;cisionnels de l'IGAD. Il joue un r&#244;le central dans l'orientation des activit&#233;s de l'organisation et dans le d&#233;veloppement de la coop&#233;ration entre ses &#201;tats membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir en ligne &lt;a href=&#034;https://igad.int/74th-extraordinary-session-of-the-igad-council-of-ministers/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le communiqu&#233; de l'IGAD&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;aller_plus_loin&#034;&gt;Voir aussi &#171; &lt;a href='http://www.human-village.org/spip.php?article2044' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'IGAD sous pression&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Great Horn Investment Holdings change de statut : premier coup sur l'&#233;chiquier de l'apr&#232;s-Guelleh ?</title>
		<link>http://www.human-village.org/spip.php?article2064</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.human-village.org/spip.php?article2064</guid>
		<dc:date>2026-09-03T19:34:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mahdi A.</dc:creator>


		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cette nouvelle gouvernance est-elle le premier mouvement de l'apr&#232;s-Guelleh ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH71/2026_9-ghih-68504.jpg?1788464400' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='71' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; Great Horn Investment Holdings (GHIH), jusqu'ici constitu&#233;e sous la forme d'une soci&#233;t&#233; par actions simplifi&#233;e (SAS), est devenue le 24 ao&#251;t une soci&#233;t&#233; anonyme (SA). Son capital reste partag&#233; entre l'Autorit&#233; des ports et des zones franches (APZF) de Djibouti, &#224; hauteur de 60 %, et le Fonds souverain de Djibouti pour 40 %. Cette transformation s'accompagne de la mise en place d'un conseil d'administration et de la nomination d'une nouvelle direction.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'APZF est repr&#233;sent&#233;e par son pr&#233;sident, Aboubaker Omar Hadi, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la Pr&#233;sidence, Mohamed Abdillahi Wais, ainsi que Nasro Habib Ibrahim, directrice g&#233;n&#233;rale du Fonds de d&#233;veloppement &#233;conomique de Djibouti. Le Fonds souverain de Djibouti est repr&#233;sent&#233; par Hassan Issa Sultan, inspecteur g&#233;n&#233;ral de l'&#201;tat, et Deka Ismail Ali, directrice du contr&#244;le et de l'inspection des entreprises publiques au sein de l'Inspection g&#233;n&#233;rale de l'&#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale a &#233;galement arr&#234;t&#233; la composition du conseil d'administration. Celui-ci comprend Aboubaker Omar Hadi, Nasro Habib Ibrahim, Simon Mibrathu, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du minist&#232;re du Budget, Hassan Issa Sultan, Mohamed Abdillahi Wais, Ahmed Osman Ali, gouverneur de la Banque centrale de Djibouti, et Deka Ismail Ali.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le nouveau conseil a ensuite proc&#233;d&#233; &#224; deux nominations importantes : celles de Nasro Habib Ibrahim &#224; la pr&#233;sidence du conseil d'administration et d'Omar Aden Obsieh &#224; la direction g&#233;n&#233;rale de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouvel &#233;quilibre appelle toutefois une lecture politique prudente. Aboubaker Omar Hadi demeure pr&#233;sident de l'APZF, actionnaire majoritaire de GHIH, et si&#232;ge au conseil d'administration : il serait donc excessif de parler &#224; ce stade d'une v&#233;ritable mise &#224; l'&#233;cart. Mais le fait qu'il ne prenne pas la pr&#233;sidence de la nouvelle SA, confi&#233;e &#224; Nasro Habib Ibrahim, peut n&#233;anmoins &#234;tre interrog&#233;. S'agit-il seulement d'une r&#233;organisation institutionnelle et d'une meilleure r&#233;partition des responsabilit&#233;s entre les structures publiques, ou faut-il y voir l'un des premiers mouvements d'un repositionnement plus large des centres de d&#233;cision ? Les premi&#232;res pi&#232;ces se mettent-elles d&#233;j&#224; en place sur l'&#233;chiquier de l'apr&#232;s-Guelleh ? &#192; ce stade, rien ne permet de l'affirmer, mais la nouvelle architecture de GHIH donne &#224; cette question une r&#233;sonance particuli&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette transformation de la forme juridique n'entra&#238;ne pas la cr&#233;ation d'une nouvelle personne morale. Great Horn Investment Holdings conserve donc sa personnalit&#233; juridique, son patrimoine, actif et passif, ainsi que l'ensemble de ses engagements. Ses contrats, participations et contrats de travail se poursuivent &#233;galement de plein droit conform&#233;ment au Code de commerce.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette r&#233;organisation marque surtout une institutionnalisation plus pouss&#233;e de la gouvernance de GHIH, d&#233;sormais structur&#233;e autour d'un conseil d'administration r&#233;unissant plusieurs hauts responsables de l'&#201;tat et des principales institutions publiques concern&#233;es. Elle souligne &#233;galement le caract&#232;re strat&#233;gique de cette holding, situ&#233;e &#224; l'intersection de la gouvernance portuaire, du Fonds souverain, du minist&#232;re du Budget, de la Banque centrale, de la Pr&#233;sidence et des organes de contr&#244;le de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Mahdi A.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir l'annonce &lt;a href=&#034;https://x.com/dpfza/status/2095540895701414370&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur X&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;aller_plus_loin&#034;&gt;&lt;a href='http://www.human-village.org/spip.php?article1630' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Voir aussi : En apart&#233; avec&#8230; Aboubaker Omar Hadi&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La ministre y&#233;m&#233;nite des Affaires &#233;trang&#232;res &#224; Djibouti</title>
		<link>http://www.human-village.org/spip.php?article2063</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.human-village.org/spip.php?article2063</guid>
		<dc:date>2026-09-03T15:26:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Y&#233;men</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Elle poursuit une offensive diplomatique r&#233;gionale.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?mot75" rel="tag"&gt;Y&#233;men&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH71/2026_9-mae-yemen-1d75e.jpg?1788449400' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='71' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'apr&#232;s des communiqu&#233;s officiels y&#233;m&#233;nite et djiboutien.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ministre y&#233;m&#233;nite des Affaires &#233;trang&#232;res et des Expatri&#233;s, Afrah Abdelaziz Al-Zouba, poursuit &#224; Djibouti une s&#233;quence diplomatique r&#233;gionale particuli&#232;rement soutenue. Avant son arriv&#233;e dans la capitale djiboutienne, elle s'est rendue successivement &#224; Bahre&#239;n, au Qatar et au Kowe&#239;t, dans le cadre d'une tourn&#233;e des pays du Golfe qui n'a toutefois comport&#233; aucune &#233;tape aux &#201;mirats arabes unis ni &#224; Oman. Au c&#339;ur de cette s&#233;quence : Bab el-Mandeb, la mer Rouge et la recomposition des alliances autour du Y&#233;men.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Doha, la cheffe de la diplomatie y&#233;m&#233;nite a &#233;galement rencontr&#233; le Premier ministre somalien, &#233;largissant ainsi ses consultations aux enjeux de la Corne de l'Afrique. Cette s&#233;rie de d&#233;placements intervient alors que le Y&#233;men cherche &#224; renforcer ses partenariats r&#233;gionaux dans un environnement profond&#233;ment boulevers&#233; par les conflits et les recompositions d'alliances autour de la mer Rouge et du golfe d'Aden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Djibouti, Isma&#239;l Omar Guelleh l'a re&#231;ue ce jeudi 3 septembre au matin au Palais de la R&#233;publique. L'entretien a permis de faire le point sur la coop&#233;ration entre les deux pays et sur les moyens de tirer parti de leurs avantages strat&#233;giques communs, au premier rang desquels leur proximit&#233; avec le d&#233;troit de Bab el-Mandeb reliant la mer Rouge au golfe d'Aden, l'un des principaux passages maritimes mondiaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les discussions ont &#233;galement port&#233; sur les d&#233;fis s&#233;curitaires auxquels le Y&#233;men est confront&#233; dans un contexte marqu&#233; par la guerre en Iran, les conflits au Y&#233;men et au Soudan ainsi que le conflit isra&#233;lo-palestinien. Bab el-Mandeb, la s&#233;curit&#233; de la mer Rouge et la recomposition des alliances r&#233;gionales apparaissent comme le fil conducteur de cette offensive diplomatique y&#233;m&#233;nite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour sa part, Djibouti a r&#233;affirm&#233; son attachement &#224; l'unit&#233;, la souverainet&#233;, l'ind&#233;pendance et l'int&#233;grit&#233; territoriale du Y&#233;men.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5016 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.human-village.org/IMG/jpg/58-mae_yemen.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L500xH168/58-mae_yemen-ca341.jpg?1788449400' width='500' height='168' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La ministre y&#233;m&#233;nite &#233;tait accompagn&#233;e de l'ambassadeur de son pays &#224; Djibouti, Abdallah Muslim Al-Socotri. Du c&#244;t&#233; djiboutien, ont particip&#233; &#224; la rencontre le ministre des Affaires &#233;trang&#232;res Abdoulkader Hussein Omar, le directeur du d&#233;partement des Affaires arabes Mohamed Doualeh Waleh, ainsi que l'ambassadeur djiboutien au Y&#233;men Mohamed Ali Issa.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La rentr&#233;e du gouvernement</title>
		<link>http://www.human-village.org/spip.php?article2062</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.human-village.org/spip.php?article2062</guid>
		<dc:date>2026-09-01T17:38:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Human Village 58</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le pr&#233;sident a d&#233;taill&#233; ses priorit&#233;s lors du premier conseil des ministres.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Human Village 58&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_9-iog_rentree-b6f1c.jpg?1788284995' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'occasion du conseil des ministres au au Palais de la R&#233;publique ce mardi 1er septembre, Ismail Omar Guelleh a d&#233;taill&#233; les priorit&#233;s de son gouvernement dans un discours liminaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5013 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.human-village.org/IMG/jpg/58-rentree_gvt.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L500xH155/58-rentree_gvt-1ec2f.jpg?1788284995' width='500' height='155' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il a d'abord insist&#233; sur la n&#233;cessit&#233; pour l'&#201;tat de remplir ses missions r&#233;galiennes (s&#233;curit&#233;, paix, &#233;ducation sant&#233;, garantie des droits fondamentaux, en pr&#233;alable indispensable &#224; la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de la nation dont l'unit&#233;, la coh&#233;sion nationale et la foi de nos concitoyens en leur pays et l'importance de la jeunesse pour le d&#233;veloppement du pays. Dans ce cadre, le pr&#233;sident a d&#233;clar&#233; que &#171; le contexte g&#233;opolitique que nous vivons nous invite &#224; renforcer sans rel&#226;che notre vigilance dans la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure, la s&#233;curit&#233; de nos infrastructures vitales, le contr&#244;le de nos fronti&#232;res. [&#8230;] Au-del&#224; de nos infrastructures et de notre position g&#233;ographique exceptionnelle, les femmes et les hommes de la R&#233;publique de Djibouti constituent notre premi&#232;re richesse [&#8230; qui passe par] l'inclusion et l'&#233;galit&#233; des chances pour nos concitoyens &#224; besoins sp&#233;ciaux. [&#8230;] Notre jeunesse repr&#233;sente notre plus grande richesse&#8230;nous devons agir avec d&#233;termination pour lui ouvrir des perspectives r&#233;elles, en renfor&#231;ant la formation professionnelle et l'enseignement technique, en facilitant l'acc&#232;s au financement et &#224; l'entrepreneuriat et en am&#233;liorant l'insertion professionnelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il nous faut d&#233;velopper de nouveaux moteurs de croissance, notamment les industries l&#233;g&#232;res, le num&#233;rique, le tourisme, les &#233;nergies renouvelables et la p&#234;che. Il nous faut valoriser nos richesses nationales, encourager l'innovation et l'entrepreneuriat des jeunes et des femmes [&#8230; afin de soutenir] la consolidation de nos atouts que sont la logistique, le secteur bancaire et les t&#233;l&#233;communications. [&#8230;] Cela passe n&#233;cessairement par la consolidation de notre cadre macro&#233;conomique et par l'acc&#233;l&#233;ration des r&#233;formes de nos finances publiques [&#8230; pour permettre] une meilleure allocation des ressources publiques, une plus grande transparence de l'information budg&#233;taire &#224; l'&#233;gard de nos concitoyens, une plus grande redevabilit&#233; dans la gestion des comptes publics&#8230;ainsi qu'une gestion davantage orient&#233;e vers les r&#233;sultats et l'efficacit&#233; de la d&#233;pense publique &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La transformation num&#233;rique de l'action publique constitue un levier important de notre politique de modernisation de l'Etat. [&#8230;] Nous devons &#224; cet &#233;gard acc&#233;l&#233;rer la digitalisation des proc&#233;dures administratives, la d&#233;mat&#233;rialisation des services publics et l'interop&#233;rabilit&#233; de nos syst&#232;mes [&#8230; afin que] la transformation num&#233;rique et l'am&#233;lioration de la gouvernance de nos donn&#233;es nous permettent d'engager une r&#233;flexion ambitieuse sur une exploitation responsable et maitris&#233;e de l'intelligence artificielle &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;ploiement militaire &#224; Asosa</title>
		<link>http://www.human-village.org/spip.php?article2061</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.human-village.org/spip.php?article2061</guid>
		<dc:date>2026-08-30T20:07:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Amina Abdi</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;thiopie</dc:subject>
		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Human Village 57</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;S'agit-il d'un soutien &#233;thiopien aux RSF du Soudan ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?rubrique6" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;&#201;thiopie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?mot79" rel="tag"&gt;Soudan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Human Village 57&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_8-endf-asosa-fd16e.jpg?1788120703' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La guerre au Soudan semble se rapprocher de la fronti&#232;re &#233;thiopienne. Dans un rapport publi&#233; le 28 ao&#251;t 2026, le Humanitarian Research Lab (HRL) de la Yale School of Public Health signale ce qu'il qualifie d'&#171; escalade majeure &#187; sur une base des Forces de d&#233;fense nationale &#233;thiopiennes (ENDF) situ&#233;e &#224; Asosa, capitale de la r&#233;gion de Benishangul-Gumuz, &#224; proximit&#233; du Soudan&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Humanitarian Research Lab, &#171; Brigade-Size Support Assembled at Asosa ENDF (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rapport s'appuie principalement sur l'analyse d'images satellite prises entre la fin juin et le 28 ao&#251;t. L'Institut affirme avoir identifi&#233;, en seulement cinq jours, l'arriv&#233;e d'environ 100 v&#233;hicules techniques l&#233;gers, auxquels s'ajouteraient une quinzaine de v&#233;hicules pouvant &#234;tre des transports de troupes blind&#233;sC Certains peuvent &#234;tre arm&#233;s et au moins cinq semblent l'&#234;tre. Ces v&#233;hicules permettraient de transporter une troupe de 750 &#224; 1 000 hommes, soit une capacit&#233; correspondant &#224; un important r&#233;giment ou &#224; une brigade. Cela ne signifie toutefois pas que 750 &#224; 1 000 combattants aient &#233;t&#233; observ&#233;s sur la base.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5011 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://www.human-village.org/IMG/jpg/57-rsf-asosa.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L500xH282/57-rsf-asosa-b7615.jpg?1788120703' width='500' height='282' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement semble s'inscrire dans une mont&#233;e en puissance continue. Entre le 29 juin et le 23 ao&#251;t, le HRL indique avoir observ&#233; l'arriv&#233;e d'au moins 60 nouveaux conteneurs sur la base, et de nouveaux conteneurs et plusieurs camions de transport entre le 23 et le 28 ao&#251;t. Les images montrent &#233;galement la construction puis l'ach&#232;vement d'un b&#226;timent d'environ 70 m&#232;tres sur 17 m&#232;tres, probablement destin&#233; au stockage de v&#233;hicules.&lt;br class='autobr' /&gt;
La comparaison des images des 23 et 28 ao&#251;t rend le changement particuli&#232;rement visible. Le HRL identifie notamment un groupe d'environ 80 v&#233;hicules techniques l&#233;gers, deux groupes plus petits, ainsi qu'un ensemble d'une quinzaine de v&#233;hicules consid&#233;r&#233;s comme compatibles avec des blind&#233;s de transport de troupes. Dans un autre secteur de la base, il rel&#232;ve aussi la pr&#233;sence de quatorze remorques porte-v&#233;hicules et d'au moins huit camions de fret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette accumulation intervient alors que les combats s'intensifient dans l'&#201;tat soudanais du Nil Bleu, de l'autre c&#244;t&#233; de la fronti&#232;re. Les Forces de soutien rapide (RSF), engag&#233;es depuis avril 2023 dans une guerre contre les Forces arm&#233;es soudanaises (SAF), auraient lanc&#233; une contre-offensive autour de Kurmuk le 10 ao&#251;t. HRL avait auparavant identifi&#233; des d&#233;g&#226;ts compatibles avec des combats terrestres &#224; Sali, &#224; environ 25 kilom&#232;tres au nord de Kurmuk, ainsi que des dommages &#224; l'h&#244;pital de Kurmuk et au pont A40, de m&#234;me que des signes de pillage autour de la mairie de la ville.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 28 ao&#251;t, les RSF ont revendiqu&#233; la prise de deux positions militaires soudanaises dans la province du Nil Bleu, dont le quartier g&#233;n&#233;ral de la 13e brigade d'infanterie &#224; Bakori dans la r&#233;gion de Geisan, ainsi qu'une autre base dans la zone de Kurmuk. Il n'est cependant pas possible de v&#233;rifier ces revendications &#224; partir des images satellite disponibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des sources li&#233;es aux Forces arm&#233;es soudanaises avaient d&#233;j&#224; affirm&#233; que les RSF avaient &#233;t&#233; r&#233;approvisionn&#233;es via l'a&#233;roport d'Asosa lors de leurs op&#233;rations autour de Kurmuk et Geisan. Les observations du HRL &#233;tablissent qu'un nombre important de v&#233;hicules et du mat&#233;riel s'est accumul&#233; sur une installation militaire officielle &#233;thiopienne, sans d&#233;montrer que ces &#233;quipements appartiennent aux RSF, ou qu'ils sont destin&#233;s &#224; franchir la fronti&#232;re soudanaise. Cependant le HRL consid&#232;re que l'augmentation du mat&#233;riel et des v&#233;hicules &#224; Asosa accro&#238;t la menace d'une attaque importante et potentiellement imminente des RSF contre Ad-Damazin, capitale de l'&#201;tat du Nil Bleu. Une telle offensive ouvrirait un nouveau front dans le sud-est du Soudan et rapprocherait les combats de l'&#201;thiopie. Cette pression dans le Nil Bleu pourrait viser &#224; disperser les forces de l'arm&#233;e soudanaise en les obligeant &#224; red&#233;ployer des unit&#233;s actuellement engag&#233;es au Kordofan du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette dimension militaire s'ajoute un risque humanitaire. Une offensive importante dans le Nil Bleu provoquerait de nouvelles victimes civiles et des d&#233;placements de population, y compris vers l'&#201;thiopie. Addis-Abeba pourrait &#234;tre confront&#233;e &#224; un nouvel afflux de r&#233;fugi&#233;s dans la r&#233;gion Benishangul-Gumuz et &#224; un risque accru d'incidents frontaliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autorit&#233;s militaires soudanaises multiplient les accusations concernant des agressions venues du territoire &#233;thiopien. Selon des informations rapport&#233;es par &lt;i&gt;Addis Standard&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Sudan Tribune&lt;/i&gt;, l'arm&#233;e soudanaise aurait abattu le 27 ao&#251;t un drone pr&#233;sent&#233; comme hostile venu d'&#201;thiopie, apr&#232;s deux incidents les 24 et 25 ao&#251;t. Les autorit&#233;s soudanaises n'ont toutefois pas d&#233;nonc&#233; l'op&#233;rateur des drones ni fourni d'&#233;l&#233;ments sur leur origine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pris s&#233;par&#233;ment, ces incidents ne suffisent pas &#224; &#233;tablir une implication &#233;thiopienne directe. Leur multiplication, combin&#233;e au renforcement observ&#233; &#224; Asosa et &#224; l'intensification des op&#233;rations des RSF dans le Nil Bleu, alimente n&#233;anmoins les interrogations sur une possible r&#233;gionalisation accrue de la guerre soudanaise. Depuis le d&#233;but du conflit entre les SAF du g&#233;n&#233;ral Abdel Fattah Al-Burhan et les RSF du g&#233;n&#233;ral Mohamed Hamdan Daglo, dit &#171; Hemetti &#187;, les soutiens ext&#233;rieurs ont progressivement donn&#233; &#224; cette guerre une dimension qui d&#233;passe largement les fronti&#232;res du Soudan. L'ouverture d'un front important dans le Nil Bleu mettrait le conflit directement au contact de l'&#201;thiopie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si de nouveaux &#233;l&#233;ments montraient que la base d'Asosa sert effectivement de plateforme logistique aux RSF, cela pourrait provoquer une d&#233;t&#233;rioration s&#233;v&#232;re des relations entre Addis-Abeba et les autorit&#233;s soudanaises soutenant les SAF, tout en accentuant les rivalit&#233;s entre les puissances r&#233;gionales d&#233;j&#224; impliqu&#233;es dans la crise. &#192; ce stade, n&#233;anmoins, il n'est pas possible d'affirmer une participation directe de l'&#201;thiopie aux op&#233;rations des RSF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport repose sur une combinaison d'images satellite, de donn&#233;es de t&#233;l&#233;d&#233;tection, de m&#233;dias locaux, de r&#233;seaux sociaux et d'autres sources ouvertes. Ces sources fragment&#233;es sont souvent insuffisantes pour d&#233;terminer avec certitude la nature ou l'utilisation finale des mat&#233;riels observ&#233;s. Il permet cependant de noter un important d&#233;ploiement logistiques pr&#232;s de la fronti&#232;re, mettant &#224; jour un point d'attention sur l'&#233;volution de la guerre civile meurtri&#232;re qui se d&#233;roule actuellement au Soudan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Amina Abdi&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Humanitarian Research Lab, &#171; &lt;a href=&#034;https://ysph.yale.edu/download-file/c8d104c3-aea3-4706-8d42-9a4c42714b0e/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Brigade-Size Support Assembled at Asosa ENDF Base Associated with RSF Activity&lt;/a&gt; &#187;, Yale University, 28 ao&#251;t 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Si l'Iran gagnait la guerre</title>
		<link>http://www.human-village.org/spip.php?article2060</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.human-village.org/spip.php?article2060</guid>
		<dc:date>2026-08-20T14:43:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ould Amar Yahya</dc:creator>


		<dc:subject>Human Village 57</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cela obligerait les pays du Golfe &#224; revoir radicalement leurs alliances.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;D&#233;bats&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.human-village.org/spip.php?mot94" rel="tag"&gt;Human Village 57&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L150xH75/2026_8-ould_iran-e2ea9.jpg?1788113383' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Posons donc l'hypoth&#232;se : si l'Iran, au terme de la guerre qui l'oppose aux &#201;tats-Unis et &#224; Isra&#235;l depuis f&#233;vrier 2026, sortait &#171; vainqueur &#187; ? L'Iran est vainqueur s'il reste debout et ne perd pas ou reconstitue ses programmes balistique et nucl&#233;aire en gardant sa capacit&#233; de nuisance sur le d&#233;troit d'Ormuz, face &#224; une Am&#233;rique qui se retire sans avoir obtenu la capitulation qu'elle exigeait. La victoire iranienne serait une d&#233;monstration que l'on peut d&#233;fier la premi&#232;re puissance mondiale, encaisser ses frappes, perdre son Guide supr&#234;me, et demeurer debout.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5009 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.human-village.org/local/cache-vignettes/L500xH395/57-ould-procheorient-1c554.jpg?1788113383' width='500' height='395' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour les monarchies du Golfe, cette d&#233;monstration vaudrait toutes les d&#233;faites, et impose d'avoir une strat&#233;gie pour vivre &#224; c&#244;t&#233; d'un Iran vainqueur de la premi&#232;re puissance mondiale. Ce qui se joue au-del&#224; de l'avenir du Golfe, c'est la cr&#233;dibilit&#233; des alliances am&#233;ricaines, la s&#233;curit&#233; &#233;nerg&#233;tique mondiale, le destin du p&#233;trodollar, la place de la Chine et, peut-&#234;tre, la forme m&#234;me du premier v&#233;ritable ordre post-am&#233;ricain du XXI&#7497; si&#232;cle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis le pacte scell&#233; en 1945 sur le croiseur &lt;i&gt;Quincy&lt;/i&gt; entre Roosevelt et Ibn Saoud, l'architecture de s&#233;curit&#233; du Golfe repose sur une &#233;quation : p&#233;trole contre protection. Elle s'est fissur&#233;e bien avant 2026. Les frappes sur Abqaiq en 2019, sans riposte am&#233;ricaine, avaient d&#233;j&#224; enseign&#233; &#224; Riyad que le parapluie fuyait. Le retrait d'Afghanistan avait montr&#233; que l'Am&#233;rique savait partir. La guerre actuelle, o&#249; les capitales du Golfe elles-m&#234;mes ont &#233;t&#233; touch&#233;es par les salves iraniennes parce qu'elles abritent des bases am&#233;ricaines, a transform&#233; le doute en certitude que la protection am&#233;ricaine est inexistante et m&#234;me devenue un facteur de risque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un retrait am&#233;ricain consommerait trois faillites simultan&#233;es&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La faillite du garant. Une garantie de s&#233;curit&#233; ne vaut que par la croyance qu'on lui accorde. Un Iran vainqueur d&#233;truirait cette croyance, dans le Golfe et de Taipei &#224; Varsovie. Les monarchies du Golfe d&#233;couvrent qu'elles ont financ&#233; pendant des d&#233;cennies, &#224; coups de centaines de milliards d'achats d'armements quasiment inutiles, une assurance dont le sinistre r&#233;v&#232;le qu'elle ne couvrait rien.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La faillite du mod&#232;le &#233;conomique r&#233;gional incarn&#233; par la Vision 2030 saoudienne, la diversification &#233;miratie, et le &lt;i&gt;hub&lt;/i&gt; qatari. Tous ces projets pr&#233;supposent ce que nul ne songeait &#224; &#233;crire tant cela allait de soi : la paix. Aujourd'hui apr&#232;s le d&#233;faut de la protection am&#233;ricaine, on sait que d&#233;sormais rien ne pourra se construire sous la menace des drones. Les fonds souverains peuvent absorber un choc p&#233;trolier, ils ne peuvent pas absorber la fuite durable du capital humain expatri&#233;, qui est la v&#233;ritable mati&#232;re premi&#232;re des &#233;conomies post-p&#233;troli&#232;res du Golfe. Un Iran vainqueur, ma&#238;tre du tempo sur Ormuz, d&#233;tiendrait un droit de veto permanent sur le d&#233;veloppement de ses voisins.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La faillite d&#233;mographique et confessionnelle, avec un Bahre&#239;n &#224; majorit&#233; chiite, la province orientale saoudienne o&#249; g&#238;t le p&#233;trole et vit la communaut&#233; chiite, la communaut&#233; chiite du Kowe&#239;t. La victoire de T&#233;h&#233;ran r&#233;activerait des lignes de faille internes que des d&#233;cennies de prudence avaient assoupies. La subversion redeviendrait moins co&#251;teuse que la guerre, et infiniment plus difficile &#224; dissuader.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dilemme du survivant : trois strat&#233;gies pour un monde sans garant&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les monarchies du Golfe ne peuvent envisager une autonomie strat&#233;gique. En effet cette derni&#232;re repose partout et toujours sur trois socles (la science, le nombre, l'usine) et les monarchies n'en poss&#232;dent aucun.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le socle scientifique d'abord, une dissuasion se con&#231;oit avant de se fabriquer. Elle suppose des g&#233;n&#233;rations de physiciens, de chimistes, de m&#233;tallurgistes, un tissu de recherche fondamentale patiemment s&#233;diment&#233;. La bombe pakistanaise elle-m&#234;me, si pauvre que f&#251;t le pays, sortit de d&#233;cennies de formation d'ing&#233;nieurs. Les monarchies, elles, ach&#232;tent la technologie, elles ne la produisent pas, avec des universit&#233;s r&#233;centes, des brevets rares, des laboratoires peupl&#233;s de chercheurs sous contrat qui repartiront comme ils sont venus. Un &#201;tat qui importe ses savants importe aussi leur loyaut&#233;, et nul ne b&#226;tit un secret d'&#201;tat sur des visas de travail.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le socle d&#233;mographique ensuite. L'Arabie saoudite aligne une vingtaine de millions de citoyens, les &#201;mirats un million &#224; peine sur dix millions d'habitants, le Qatar moins encore. Ces soci&#233;t&#233;s sous-peupl&#233;es, o&#249; le national est parfois minoritaire sur son propre sol, ne peuvent ni lever des arm&#233;es de masse, ni encaisser des pertes, ni militariser leur &#233;conomie sans la confier &#224; d'autres. Leurs forces reposent d&#233;j&#224; sur des techniciens &#233;trangers jusque dans les cockpits et les salles de maintenance. On ne fait pas la guerre en profondeur avec une d&#233;mographie de comptoir.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le socle industriel enfin, une industrie d'armement est le sommet d'une pyramide &#8212; machine-outil, m&#233;tallurgie fine, chimie, &#233;lectronique, r&#233;seaux de sous-traitants. Les &#233;conomies renti&#232;res du Golfe n'ont pas construit la base et pr&#233;tendent &#233;riger le sommet. M&#234;me la bombe achet&#233;e n'y changerait rien. Une dissuasion lou&#233;e ob&#233;it &#224; son bailleur &#8212; la d&#233;pendance migrerait de Washington vers Islamabad sans s'abolir. Et la g&#233;ographie ach&#232;ve l'argument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce paysage, les monarchies disposeraient de trois strat&#233;gies qui ne s'excluent pas et qui peuvent se combiner. Mais chacune a son prix.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La premi&#232;re est la finlandisation n&#233;goci&#233;e. La Finlande de la guerre froide avait compris qu'on ne d&#233;m&#233;nage pas sa g&#233;ographie, elle acheta sa libert&#233; int&#233;rieure au prix d'une d&#233;f&#233;rence ext&#233;rieure envers Moscou. La version des monarchies existe d&#233;j&#224;, c'est la politique d'Oman depuis un demi-si&#232;cle, c'est la reprise du dialogue saoudo-iranien parrain&#233;e par P&#233;kin en 2023. Pouss&#233;e &#224; son terme, elle signifierait un d&#233;mant&#232;lement des bases am&#233;ricaines, une exigence que T&#233;h&#233;ran a d&#233;j&#224; formul&#233;e, une neutralit&#233; proclam&#233;e dans les conflits impliquant l'Iran, une coop&#233;ration &#233;conomique en gage de bonne volont&#233;. En contrepartie, la fin des actes de guerre iraniens contre les monarchies du Golfe. C'est la strat&#233;gie du roseau. Son prix est la souverainet&#233; diplomatique ; son gain, la survie du mod&#232;le &#233;conomique. Pour des r&#233;gimes dont la l&#233;gitimit&#233; repose sur la prosp&#233;rit&#233; plus que sur la puissance, le calcul n'est pas absurde.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La deuxi&#232;me consiste &#224; remplacer un garant d&#233;faillant par un portefeuille de garants. C'est la voie d&#233;j&#224; engag&#233;e, et la plus conforme au g&#233;nie marchand du Golfe, ne plus d&#233;pendre d'un protecteur unique, mais diversifier la s&#233;curit&#233; comme on diversifie un portefeuille de fournisseurs. La Chine, premier client du p&#233;trole du Golfe et de l'Iran, a un int&#233;r&#234;t existentiel &#224; la libre circulation dans Ormuz. Elle est le seul acteur que T&#233;h&#233;ran ne peut se permettre d'&#233;trangler. Le pacte de d&#233;fense saoudo-pakistanais a d&#233;j&#224; esquiss&#233; l'adossement &#224; une puissance nucl&#233;aire musulmane, mais la dissuasion &#233;largie ne vaut que ce que vaut son garant. Islamabad, qui calibre son arsenal contre l'Inde et survit sous perfusion financi&#232;re, ne sacrifiera jamais Karachi pour sauver Riyad, et une garantie &#224; laquelle l'adversaire ne croit pas ne prot&#232;ge personne. La Turquie vend ses drones et son savoir-faire, l'Inde sa marine et son march&#233;, la France et la Cor&#233;e leurs armements sans conditionnalit&#233; politique. Isra&#235;l, enfin, garant paradoxal, le seul qu'on n'ait pas &#224; payer car contenir l'Iran rel&#232;ve pour lui de la survie et non du service rendu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aucun de ces acteurs ne remplacera la Ve flotte am&#233;ricaine. Ensemble, ils tissent un filet de dissuasion diffuse : pas la certitude d'une riposte &#224; une &#233;ventuelle agression, mais la certitude, pour l'agresseur, de se f&#226;cher avec tout le monde &#224; la fois. Le prix de cette strat&#233;gie est sa lenteur et son ambigu&#239;t&#233; ; son gain, l'irr&#233;versibilit&#233;, un portefeuille ne se retire pas d'un coup, contrairement &#224; un protecteur.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La troisi&#232;me est l'interd&#233;pendance avec l'arme du capital. Quatre mille milliards de dollars de fonds souverains ne dissuadent pas un missile, mais ils ach&#232;tent des int&#233;r&#234;ts. Investir massivement en Iran m&#234;me, dans son &#233;conomie exsangue, ses infrastructures d&#233;truites, sa reconstruction in&#233;vitable, serait le judo strat&#233;gique ultime en transformant le vainqueur en d&#233;biteur, faire de la prosp&#233;rit&#233; iranienne un otage de la paix r&#233;gionale. Une communaut&#233; de l'&#233;nergie, de l'eau et des infrastructures incluant l'Iran est l'id&#233;e la plus contre-intuitive et peut-&#234;tre la plus f&#233;conde. Son prix est un courage politique dont l'histoire offre peu d'exemples. Son gain est la seule paix qui dure, c'est-&#224;-dire celle qui rapporte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La variable isra&#233;lienne&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le paradoxe d'une victoire iranienne est qu'elle ferait d'Isra&#235;l un vaincu strat&#233;gique, sup&#233;rieur sur le champ de bataille, orphelin sur le seul th&#233;&#226;tre qui compte, celui de la garantie am&#233;ricaine. Toute la doctrine isra&#233;lienne depuis Ben Gourion repose sur deux piliers, la sup&#233;riorit&#233; militaire qualitative et l'adossement &#224; une grande puissance. Un retrait am&#233;ricain sur fond d'&#233;chec briserait le second et, &#224; terme, &#233;roderait le premier, car la sup&#233;riorit&#233; qualitative est elle-m&#234;me fille du r&#233;approvisionnement, du renseignement et du veto am&#233;ricains.&lt;br class='autobr' /&gt;
Isra&#235;l se retrouverait dans la situation qu'il redoute depuis 1948 : seul face &#224; son environnement. Sa r&#233;ponse la plus probable, &#224; moins d'un accord de paix sur les territoires occup&#233;s, serait la fuite en avant. Frappes pr&#233;ventives unilat&#233;rales et r&#233;currentes contre tout programme iranien, sortie assum&#233;e de l'ambigu&#239;t&#233; nucl&#233;aire pour restaurer par la terreur ce que l'alliance ne garantit plus, r&#233;activation de la vieille &#171; doctrine de la p&#233;riph&#233;rie &#187; : Azerba&#239;djan, Kurdes, Inde, et les fonds marins du renseignement. Un Isra&#235;l sans garant serait plus dangereux qu'un Isra&#235;l prot&#233;g&#233;, c'est le pays dont la vuln&#233;rabilit&#233; maximise l'agressivit&#233;. Il deviendrait l'acteur dont l'int&#233;r&#234;t objectif est qu'aucun ordre post-am&#233;ricain ne se stabilise, car tout ordre stabilis&#233; consacrerait la centralit&#233; iranienne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les accords d'Abraham parrain&#233;s par les &#201;tats-Unis reposaient sur un syllogisme d&#233;sormais caduc, m&#234;me protecteur, m&#234;me ennemi, donc m&#234;me camp. Si le protecteur se retire et que l'ennemi triomphe, le syllogisme s'inverse, l'association ouverte avec Isra&#235;l, hier police d'assurance compl&#233;mentaire, deviendrait une provocation gratuite envers le nouveau fort iranien. Les monarchies ne rompraient pas car Isra&#235;l demeure irrempla&#231;able en trois domaines : le renseignement sur l'Iran, la cyberd&#233;fense, et la technologie. Mais elles feraient ce que les cit&#233;s marchandes ont toujours fait de leurs liaisons compromettantes, elles les rendraient clandestines. Retour &#224; la situation d'avant 2020 (coop&#233;ration s&#233;curitaire profonde et d&#233;ni public) avec cette diff&#233;rence que le mouvement se ferait cette fois &#224; front renvers&#233;, hier on cachait Isra&#235;l pour m&#233;nager la rue arabe, demain on le cacherait pour m&#233;nager T&#233;h&#233;ran. La normalisation ne mourrait pas ; elle retournerait dans la p&#233;nombre d'o&#249; elle &#233;tait sortie. Seule exception envisageable, si les monarchies choisissaient la strat&#233;gie de l'interd&#233;pendance (notre troisi&#232;me strat&#233;gie), elles auraient int&#233;r&#234;t &#224; y inclure Isra&#235;l &#224; terme, non par affection mais parce qu'un ordre r&#233;gional dont Isra&#235;l est exclu est un ordre qu'Isra&#235;l fera tout pour le d&#233;faire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un Iran &#171; vainqueur &#187; des &#201;tats-Unis n'aurait ni les moyens ni, en r&#233;alit&#233;, int&#233;r&#234;t &#224; faire la guerre &#224; Isra&#235;l. La victoire par &#233;puisement laisse le vainqueur exsangue, son axe r&#233;gional d&#233;cim&#233;, sa reconstruction prioritaire. Certes, depuis 1979, l'ennemi isra&#233;lien est la pi&#232;ce ma&#238;tresse de la l&#233;gitimit&#233; r&#233;volutionnaire en Iran ; un r&#233;gime recompos&#233;, fragilis&#233; de l'int&#233;rieur par les protestations et la succession, aurait plus que jamais besoin de l'ennemi comme ciment. L'Iran choisirait donc la posture qui a fait ses preuves et qui est ni paix, ni guerre totale : l'attrition calibr&#233;e, le seuil nucl&#233;aire entretenu comme &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s permanente, la reconstitution patiente de l'axe. Il s'installerait ainsi entre Isra&#235;l et lui un &#233;quilibre de la terreur : deux puissances du seuil ou de la bombe, sans lignes rouges n&#233;goci&#233;es, sans t&#233;l&#233;phone rouge, sans le demi-si&#232;cle d'apprentissage qui rendit supportable la dissuasion sovi&#233;to-am&#233;ricaine. La guerre froide du Golfe serait plus froide que l'originale et plus inflammable.&lt;br class='autobr' /&gt;
De ce triangle d&#233;coule, pour les monarchies du Golfe, une quatri&#232;me strat&#233;gie en devenant les courtiers de cette dissuasion sans r&#232;gles. Qatar et Oman parlent d&#233;j&#224; aux deux camps ; les fonds du Golfe seront indispensables &#224; la reconstruction iranienne comme &#224; l'&#233;conomie isra&#233;lienne coup&#233;e de ses march&#233;s. Celui qui tient les canaux et les capitaux tient la m&#233;diation. Le r&#244;le historique des monarchies dans l'apr&#232;s-guerre ne serait ni de choisir Isra&#235;l ni de choisir l'Iran, mais d'&#233;crire entre eux les r&#232;gles que Washington et Moscou mirent des d&#233;cennies &#224; inventer : lignes directes, codes de conduite, seuils notifi&#233;s. La &lt;i&gt;pax americana&lt;/i&gt; morte, il n'y aurait pas de &lt;i&gt;pax iranica&lt;/i&gt; ni de &lt;i&gt;pax israeliana&lt;/i&gt;, il pourrait y avoir une &#171; pax pecuniaria &#187;, garantie par ceux qui financent les deux camps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que le Golfe d&#233;ciderait, le monde le subirait&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
On aurait tort de lire ce qui pr&#233;c&#232;de comme une affaire r&#233;gionale. Le choix que feraient les monarchies dessinerait l'ordre mondial de la seconde moiti&#233; du si&#232;cle, par trois canaux au moins.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le canal mon&#233;taire. Le recyclage des p&#233;trodollars est l'un des piliers discrets de l'h&#233;g&#233;monie du billet vert. Des monarchies qui ne croient plus &#224; la protection am&#233;ricaine finiront par se demander pourquoi elles continuent de facturer, d'&#233;pargner et de pr&#234;ter dans la monnaie d'un protecteur d&#233;faillant. La facturation partielle en yuan, d&#233;j&#224; test&#233;e, passerait du symbole &#224; la structure. La fin du pacte du &lt;i&gt;Quincy&lt;/i&gt; serait, &#224; terme, un &#233;v&#233;nement mon&#233;taire mondial.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le canal &#233;nerg&#233;tique. Un Ormuz sous condominium irano-golfien, avec la Chine en garant tacite, signifierait que 20 % du p&#233;trole mondial circule d&#233;sormais sous un r&#233;gime de s&#233;curit&#233; dont l'Occident est absent. L'Europe, qui n'a pas de politique pour ce th&#233;&#226;tre, en serait r&#233;duite au statut de spectatrice de son propre approvisionnement.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le canal de l'exemple. Enfin et surtout, un Golfe qui r&#233;ussirait sa transition d'un ordre de protection vers un ordre de transaction offrirait au monde le premier prototype fonctionnel du syst&#232;me post-am&#233;ricain, pas un nouvel &lt;i&gt;h&#233;g&#233;mon&lt;/i&gt; rempla&#231;ant l'ancien, mais un concert d'assurances crois&#233;es, de d&#233;pendances mutuelles et de garanties multiples. Le XIXe si&#232;cle avait invent&#233; l'&#233;quilibre des puissances ; le Proche-Orient pourrait inventer l'&#233;quilibre des interd&#233;pendances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'Iran, sans le conqu&#233;rir, aurait contraint le Golfe &#224; changer de monde. Les monarchies, longtemps prot&#233;g&#233;es par la puissance am&#233;ricaine et enrichies par l'ordre qu'elle garantissait, devraient apprendre &#224; survivre au milieu d'un r&#233;seau de d&#233;pendances crois&#233;es : m&#233;nager T&#233;h&#233;ran sans s'y soumettre, conserver Isra&#235;l sans l'exhiber, attirer P&#233;kin sans remplacer une tutelle par une autre, mobiliser Islamabad, Ankara, Delhi ou Paris sans croire qu'aucun d'eux deviendra le nouveau Washington, et surtout transformer leur puissance financi&#232;re en instrument de paix. Si elles y parvenaient, la disparition de la &lt;i&gt;pax americana&lt;/i&gt; d&#233;boucherait sur quelque chose d'in&#233;dit, un ordre fond&#233; sur la transaction, moins sur l'h&#233;g&#233;monie que sur l'interd&#233;pendance, une v&#233;ritable &lt;i&gt;pax pecuniaria&lt;/i&gt;. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment pourquoi l'issue de cette crise d&#233;passerait de loin Ormuz, ce que les monarchies du Golfe inventeraient pour survivre &#224; l'Am&#233;rique pourrait bien devenir, demain, la mani&#232;re dont le monde apprendrait &#224; vivre apr&#232;s elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Ould Amar Yahya,&lt;/strong&gt; &#233;conomiste, banquier, financier, ancien administrateur et directeur g&#233;n&#233;ral de la BCIMR/BRED, Djibouti&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Article publi&#233; dans &lt;a href=&#034;https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/19/les-monarchies-du-golfe-face-a-un-iran-vainqueur/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Kapitalis&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; le 19 ao&#251;t 2026.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
