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La Banque mondiale conseille d’investir à Djibouti

septembre 2026 (Human Village 58).
 

D’après un communiqué de la Banque mondiale [1]

La Banque mondiale a publié un « Diagnostic du secteur privé du pays » (CPSD) pour Djibouti, identifiant des secteurs (énergie solaire hors réseau, centres de données et tourisme) susceptibles de recevoir au moins 600 millions de dollars américains d’investissements privés et de créer environ 12 000 emplois sur cinq ans. Le rapport expose des mesures de politique publique qui permettraient de rendre possibles ces investissements.
Situé au croisement de voies maritimes très fréquentées et principale porte d’entrée du commerce éthiopien, Djibouti a connu une croissance moyenne annuelle de son PIB de 5,3 % entre 2016 et 2024 et a attiré d’importants investissements directs étrangers dans les infrastructures portuaires. Toutefois, le tarif élevé de l’électricité, l’accès limité à du financement, les déficits de compétences et les restrictions à la concurrence dans des secteurs clés ont freiné l’expansion du secteur privé. Alors que le chômage reste élevé, le CPSD identifie des possibilités de création d’emplois dans des secteurs stratégiques.

Énergie solaire : jusqu’à 390 millions de dollars et plus de 8 500 emplois
Des investisseurs privés ont déployé environ 10 mégawatts de capacité solaire hors réseau à Djibouti depuis 2022, et d’autres projets sont en préparation. Le coût de l’électricité (0,25$US le kilowattheure, pour 0,14 en moyenne en Afrique) constituent la principale charge des entreprises du pays.
Le CPSD suggère de relever les plafonds d’autoproduction, de clarifier des modalités d’achat de l’électricité, de renforcer régulation du secteur et les compétences. Ces mesures pourraient permettre de mobiliser jusqu’à 390 millions de dollars d’investissements et créer plus de 8 500 emplois sur cinq ans.

Centres de données : jusqu’à 240 millions de dollars et 1 300 emplois
Huit câbles sous-marins passent par Djibouti, reliant l’Asie, l’Europe et l’Afrique. La capacité actuelle des centres de données est proche de leur pleine utilisation.
Des réformes du cadre réglementaire, de l’approvisionnement énergétique et de l’accès au marché permettraient de débloquer entre 160 millions et 240 millions de dollars d’investissements, permettant le création de 700 à 1300 emplois.

Tourisme : jusqu’à 180 millions de dollars et 2 600 emplois
Les atouts touristiques de Djibouti comprennent le lac Assal (point terrestre le plus bas d’Afrique), les cheminées calcaires du lac Abbé, l’écotourisme marin, notamment l’observation des requins-baleines, ainsi qu’un patrimoine culturel reconnu lorsque la ville de Djibouti est devenue la première métropole africaine désignée Capitale mondiale de la culture et du tourisme par le Conseil européen du tourisme et du commerce en 2018.
Le CPSD suggère des réformes concernant les licences, les données et les compétences qui ouvriraient un potentiel compris entre 66 millions et 180 millions de dollars d’investissements et 2 600 emplois.

Selon Ilyas Moussa Dawaleh, ministre de l’Économie, « Djibouti doit passer d’un modèle économique qui monétise sa position stratégique à un modèle qui transforme cet avantage géographique en capacité productive. En combinant les infrastructures et la connectivité avec une énergie abordable, de l’industrie, des services numériques, une logistique moderne et des exportations, nous pouvons ouvrir un nouveau chapitre du développement. Ce diagnostic identifie les réformes nécessaires pour débloquer l’investissement privé et accélérer la transformation économique structurelle envisagée dans le cadre de la Vision 2035. ».

Pour Ousmane Dione, vice-président de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, l’Afghanistan et le Pakistan, « l’histoire du développement de Djibouti a souvent été racontée à travers sa position stratégique et son rôle de porte d’entrée régionale. Ce diagnostic met en lumière une autre partie de cette histoire : la possibilité de tirer parti du potentiel du pays en matière d’énergies renouvelables, de connectivité numérique et d’atouts touristiques afin de soutenir l’investissement privé et de créer davantage d’emplois pour les Djiboutiens. ».

Enfin, Ethiopis Tafara, vice-président de la SFI pour l’Afrique, a déclaré que « les secteurs identifiés dans ce diagnostic offrent des possibilités commercialement viables qui sont prêtes à accueillir des capitaux privés. Les atouts naturels et les avantages infrastructurels de Djibouti sont réels, et les mesures de politique publique exposées ici constituent le signal dont les investisseurs ont besoin pour passer de l’intérêt à l’engagement. ».

Le groupe de la Banque mondiale est partenaire de Djibouti depuis 1980, avec un portefeuille actuel proche de 500 millions de dollars américains d’engagements pour des projets couvrant l’énergie, les transports, la transformation numérique, l’éducation, la santé, la protection sociale, l’emploi et les compétences, ainsi que la gouvernance.
Le CPSD s’appuie sur ce partenariat et reflète l’approche intégrée du Ggoupe de la Banque mondiale en matière de développement, combinant investissement public et efforts visant à mobiliser des capitaux privés, renforcer le capital humain et créer les conditions d’une création d’emplois à grande échelle, conformément à la Vision 2035 du gouvernement.


[1] Communiqué en ligne sur le site de la Banque mondiale.

 
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