À Djibouti, certains hommes finissent par incarner une partie de la mémoire économique et humaine du pays.
André Massida est de ceux-là.
Installé à Djibouti depuis plusieurs décennies à travers le Groupe Massida, il aura accompagné l’évolution du pays dans les secteurs du transport, de la logistique, du commerce et des services, avec une constance et une fidélité rares.
Mais au-delà du chef d’entreprise respecté, beaucoup retiendront surtout un homme profondément attaché à Djibouti et aux Djiboutiens. À une époque où nombre d’opérateurs privilégiaient les expatriés, André Massida a toujours fait le choix de l’emploi local, de la promotion des compétences djiboutiennes et de la confiance accordée aux cadres et travailleurs nationaux. Des générations de Djiboutiens ont grandi professionnellement au sein du Groupe Massida.
Homme disponible, accessible et profondément humain, il aura également marqué la communauté franco-djiboutienne par son écoute, sa présence et son engagement constant. Beaucoup de familles françaises installées à Djibouti savent combien il a souvent joué ce rôle discret mais essentiel d’interface, de facilitateur et de trait d’union entre les communautés, les institutions et les réalités du terrain.
Au sein de la Chambre de Commerce de Djibouti, où il occupait une place importante et respectée, André Massida aura aussi été l’un des défenseurs constants du développement du secteur privé, du dialogue économique et du renforcement des liens entre Djibouti et ses partenaires. Responsables politiques français, diplomates, élus, entrepreneurs ou investisseurs de passage à #Djibouti ont souvent trouvé auprès de lui une lecture fine du pays, de son histoire, de ses équilibres et de ses réalités humaines.
En déplacement en France pour raisons médicales, nous lui adressons nos pensées les plus sincères ainsi que nos vœux les plus chaleureux de prompt et complet rétablissement. Beaucoup à Djibouti espèrent le revoir très bientôt retrouver sa place parmi les siens, dans ce pays qu’il a choisi depuis longtemps comme sa terre d’adoption et auquel il a tant apporté humainement, économiquement et socialement.
Dans un monde où les hommes de fidélité et de constance deviennent rares, certains noms continuent d’inspirer naturellement le respect. André Massida est de ceux-là. Respect à un homme de valeur.
Abdoul-Fatah Moussa Arre
André Massida avait accordé un entretien à Human Village en 2011 [1]
« La société Massida a été fondée en 1964 par mon père. Pour ma part, je l’ai intégrée en 1967 avant d’en prendre la direction en 1969. Autant dire que j’ai suivi de très près l’évolution du secteur portuaire à Djibouti et que je peux en parler en parfaite connaissance de cause. À ce titre, je peux affirmer qu’il y a eu des améliorations considérables avec la création du Doraleh Container Terminal (DCT). À l’époque du PAID, il n’était pas toujours évident de localiser son conteneur ; il fallait parfois le rechercher soi-même. Le port, dans son ancienne configuration, n’était plus adapté au volume actuel du trafic. Je dois reconnaître qu’il s’agit d’une réalisation remarquable et d’une véritable opportunité pour Djibouti. C’est un outil performant, particulièrement pertinent pour le développement des activités de transbordement. Notre entreprise n’opère pas dans le transbordement, mais il s’agit selon moi d’une activité complémentaire et stratégique, indispensable au développement du port. Djibouti a là une réelle carte à jouer et a raison de se positionner sur ce secteur où elle dispose d’importants avantages compétitifs.
Cela étant dit, si vous me permettez de formuler quelques remarques constructives, je souhaiterais attirer votre attention sur un ou deux points qui pénalisent, à mon sens, l’ensemble des entreprises du secteur. Le premier concerne la gestion du temps. Les camions perdent énormément de temps à l’entrée du terminal en raison de procédures administratives excessivement longues. À cela s’ajoute une autre source importante de perte de temps : les trajets entre le DCT, PK12 et les sièges des entreprises. Il faut comprendre qu’une rotation plus rapide des camions permettrait non seulement de réduire les pertes de temps, mais également d’améliorer significativement la satisfaction de nos clients. Aujourd’hui, les allers-retours sont nombreux pour déposer les différents documents, effectuer des photocopies, préparer les paiements, etc. Je suis convaincu que tout le monde y gagnerait si l’ensemble des démarches pouvait être centralisé en un seul lieu, idéalement en ville ou à proximité immédiate du port.
Enfin, dans le même esprit de simplification, pourquoi ne pas envisager de prolonger légèrement la durée de validité du gate-pass et de supprimer la procédure des A-check pour le retour des conteneurs vides ? »
[1] « DCT/PAID : Ils ont dit », Human Village n° 18, septembre 2011.