Le gouvernement éthiopien a décrété trois jours de deuil national à la suite de violents glissements de terrain et d’inondations qui ont frappé l’État régional du Sud de l’Éthiopie, provoquant de lourdes pertes humaines et d’importants dégâts matériels.
Selon les autorités, la catastrophe s’est produite dans la nuit du 10 au 11 mars, lorsque des pluies torrentielles inhabituelles ont déclenché des mouvements de terrain massifs dans la zone de Gamo. Plusieurs districts, dont Gacho Baba, Bonke, Kamba Zuria et West Abaya, ont été touchés, avec des destructions particulièrement graves dans le kebele de Laka, où des habitations ont été ensevelies sous la boue alors que les habitants dormaient.
La Commission éthiopienne des droits de l’homme a confirmé la mort d’au moins 65 personnes, mais le bilan pourrait dépasser 125 victimes, une soixantaine de personnes étant toujours portées disparues. La catastrophe a également entraîné le déplacement de près de 3 500 personnes, laissant de nombreuses familles sans abri et aggravant la situation humanitaire dans la région.
Les opérations de recherche se poursuivent, malgré des routes coupées et des difficultés d’accès, et les autorités ont affirmé qu’elles continueront jusqu’à ce que toutes les personnes disparues soient retrouvées.
Face à l’ampleur du drame, le président de la Chambre des représentants du peuple, Tagesse Chafo, a annoncé que le drapeau national sera mis en berne pendant trois jours, y compris dans les représentations diplomatiques à l’étranger, afin de rendre hommage aux victimes.
Les autorités ont appelé à une réponse urgente et coordonnée, fondée sur les principes humanitaires, pour fournir nourriture, eau potable et soins médicaux aux sinistrés. Les enfants, les personnes âgées et les personnes handicapées sont considérés comme les plus vulnérables dans le contexte actuel.
La zone de Gamo est connue pour sa vulnérabilité aux catastrophes naturelles en raison de son relief montagneux et de la dégradation des sols. Cette tragédie rappelle le glissement de terrain survenu en juillet 2024 dans la zone de Gofa, l’un des plus meurtriers de l’histoire récente du pays, qui avait fait plus de 250 morts.
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a exprimé ses condoléances et indiqué que l’OMS se tient prête à soutenir les autorités éthiopiennes, notamment en fournissant des kits médicaux d’urgence, du matériel contre le choléra, des aides nutritionnelles pour les enfants et des produits de purification de l’eau.
« National Mourning Declared as Landslide Death Toll Rises in South Ethiopia », The Reporter Ethiopia, 14 mars 2026.